‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 89 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

organes intérieurs, le foie, l'estomac, le système génital, elle produira les songes affectifs, le cauchemar; dans les extrémités cérébrales des sens internes, oplique, acoustique, les visiotis; dans les profondeurs du cerveau, les songes intellectuels, aussi rares que précieux ; enfin , concentrée dans une division du cerveau ou dans l'organe interne qui lui correspond, elle produit tous les prétendus miracles du somnambulisme. Voilà qui est assurément fort ingénieux, mais de preuves à l'appui pas la moindre.

Moins systématique, M. Lemoine écrit cependant « qu*un grand nombre de nos songes, dont nous ne pouvons expliquer le sujet ni la suite, deviendraient clairs à nos yeux si nous savions quels bruits, quels phénomènes extérieurs ont pu exciter faiblement nos organes endormis; que tous deviendraient sûrement plus intelligibles que bien des pensées de la veille, si nous pouvions savoir la suite des mouvements infiniment petits qui se sont accomplis dans les profondeurs de l'encéphale. » Il cite alors les exemples si connus de la boule d'eau chaude placée aux pieds d'un dormeur, lui faisant croire qu'il se promène sur le Vésuve; du bonnet de nuit trop serré qui fait rêver à un autre qu'il est scalpé par des sauvages, etc., etc. Enfin, ce désir de tout expliquer par des causes physiques conduit un écrivain or-

dinairement si prudent à émettre hardiment l'opinion que voici, sans l'appuyer non plus, bien entendu, sur aucune preuve : « C'est par l'action des organes de la pensée qu'il faut expliquer les bizarreries et l'incohérence des rêves. Lorsque dans un songe suivi apparaît tout à coup une idée, une sensation, une image qui jure avec le reste du tableau, ce ri est pas V esprit qui ï évoque spontanément; reconnaissez à cette contradiction même une nouvelle intervention du cerveau qui ne se soucie ni de la beauté des images qu'il suscite, ni de la vérité des jugements qu'il occasionne, ni de l'accord du tout. L'esprit n'agit pas si déraisonnablement même pendant le sommeil et la folie; les idées, les images qu'il appelle, ou peint de lui-même, ont toujours quelques rapports directs ou indirects avec les précédents. Or, dans nos rêves, ces éléments hétérogènes, qui paraissent n'avoir aucune raison d'être, qui rien ont aucune en effet, si on la cherche dans le travail propre de l'esprit, dans les associations de nos idées, dont les spontanéités de la mémoire, ni les extravagances de la fantaisie, ne peuvent rendre un compte suffisant, ces idées, ces images, sont éveillées, sans que l'esprit puisse les repousser, par quelque ébranlement des organes. »

Pour moi, qui crois avoir puisé dans une longue observation des données plus exactes et surtout

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