ROYAUME
Le nombre Le minéral L’énergie
Le végétal
L’astre
L’animal
Le génie
Les lois
Les corps spirituels Les puissances
Les esprits
Les anges
Le chérubin L’archange
Citoyens
Familles
Sociétés
Symboles divins Choeurs divins Serviteurs de Dieu Êtres libres
(i) Cf. Jacob : Tout Universel, Paris, 1902, 2® éd.
Il y a des affinités parfaites entre chacun des termes de ces trois listes. Les groupements de matière appellent les lois ; l’effort des minéraux appelle la spiritualisation des corps ; 1 energie fait venir la puissance ; la vie vegetale est analogue à la vie spirituelle ; les anges dépendent librement les uns des autres, comme les astres sont liés les uns aux autres ; les formes animales expriment matériellement les relations de la créature au Créateur que les chérubins expriment spirituellement ; enfin l’être matériel devenu libre, le génie ou le dieu est 1 image de l’archange, être un, vivant en Dieu et de Dieu.
Ce qui apparaît comme nombre dans la conscience ordinaire peut s’exprimer par une vie, et exprime une abstraction.
Le minerai vient de la substance et produit de la chair.
L énergie vient du fluide et produit les
corps.
Le végétal provient d’un esprit et produit les esprits.
L astre provient d une essence et produit les anges.
L animal provient d organes et produit des facultés morales.
Le génie provient du sensoriel et produit des facultés intellectuelles.
Semblablement :
Les lois s’expriment en fonctions et en
êtres.
Les corps spirituels, en organismes et
en vies.
Les puissances, en propriétés et en mouvements.
Les esprits, en fonctions mentales et en fonctions végétantes.
Les anges, en états moraux et en états biologiques.
Les chérubins, en états et facultés psychiques.
Les archanges, en sagesses et en
sciences.
Les nombres peuvent indiquer toute
créature.
Quant au minéral, en outre des formes que notre science lui connaît, il peut être moral : telles sont nos vertus ; il peut être social : tels sont les corps des entités collectives.
L énergie est 1 action de deux forces équilibrées ; les sciences physico-chimiques 1 étudient ; elle est la transition invisible du minéral au végétal.
Ce dernier est un être collectif obéissant à un esprit diffusé dans toutes ses parties. En dehors des plantes connues de la botanique, une religion, une société secrète véritable, une lignée, la force par laquelle croît le corps de l’animal, ce sont des végétaux. (1).
Le règne des astres a pour caractère un lien de réciprocité entre toutes les parties constituantes d’un être. Un œuf, nos viscères, une assemblée d’hommes fanatisés par leur chef, la femme de l’Apocalypse, un orateur sont des systèmes sidéraux.
Un animal est un être collectif lié dans sa forme et libre dans ses mouvements. Un peuple, la beauté, l’intelligence, le talent, le corps spirituel, le genre humain sont des animaux.
Le génie est un être collectif, dont les composants sont indépendants l’un de l’autre, mais soumis à une volonté directrice. Les dieux mythologiques, Adam, Manou, le Gèn chinois, un théâtre, une société de bienfaisance, une famille sont des génies. (2).
(1) Cf. les paraboles de l’Evangile.
(2) Cf. Jacob : Loc. cit, et les Mille et une Nuits.
Les individus de chacun de ces six derniers règnes sont produits par la combinaison des règnes précédents.
Les lois sont les êtres par qui l’existence d’autres créatures subordonnées persiste un certain temps ; elles sont :
Mathématiques, physiques, organiques, intellectuelles, morales, religieuses et sociales.
Elles régissent la sagesse, la foi, le sentiment, la pensée, l’acte, la forme, l’ipséité.
11 y en a une pour chaque sorte de créatures simple ou collective.
Les lois, se combinant entre elles, forment des corps. Exemples : les associations, les armées angéliques, les opérations de bourse, un commerce, un ordre monastique, une révolution, une mode.
Une puissance domine le corps et la loi ; elle est toujours bonne, c’est-à-dire conforme à la volonté divine. La pesanteur, la courbe de civilisation, Jésus, l’homme de bien anonyme sont des puissances.
Un esprit est essentiellement un collectif dont toutes les cellules se sont volontairement
associées ; c est un parasite qui se nourrit de 1 etre qu il hante ; il va donc là où le milieu lui est analogue ; c est pour cela que le vice ou la vertu croissent d’une façon automatique. Le cristal, le feu, la végétation, la génération, la perfectibilité, l’analyse, la synthèse, la méthode sont des phénomènes spirituels.
Les anges sont des êtres immatériels, individuels, soumis a plusieurs de leurs semblables au moyen d une volonté unique. Ils provoquent, ils évertuent nos actes, nos sentiments et nos pensées, temporels ou éternels. Leurs corps sont les familles, les métiers, les associations, les especes. Ce sont des astres immateriels. Il y a des hommes qui sont des anges et aussi des anges qui ne seront jamais des hommes.
Les chérubins sont des créatures de foi, d idée. L Ecriture les représente sous une forme animale. Ils sont les âmes de toutes les associations dont les membres sont liés par une croyance ou un serment ; ils se nourrissent de foi, de savoir, de pouvoir, d imagination, d’intuition, d inspiration et d extase. Ils rayonnent de 1 etre, des facultés de sensation, de perception, de mémoire, d instinct, de discernement intellectuel et spirituel.
L’archange est un être collectif formé de cellules identiques, réunies sous une volonté dont la sagesse constitue la nourriture et le milieu. L’archange est sapient ; il s’alimente d’amour ; il est indéfiniment perfectible. Napoléon et sa Garde étaient une image d’archange guerrier.
Le Royaume de Dieu a aussi ses habitants qui n’apparaissent dans la création qu’ exceptionnellement. Les méchants et les fanatiques les empêchent d’y vivre. Ils sont tels par leur travail ; ils correspondent aux nombres et aux lois.
Ils se réunissent par familles, qui s’assemblent comme des cristaux vivants ; on y pratique le communisme ; il y en eut à Jérusalem, aussitôt après le départ de Notre Seigneur Jésus- Christ. Ce sont les prototypes des corps spirituels.
Ces familles se groupent par corporations qui se nourrissent de justice et réalisent la charité. Les religions, à leur début, sont des sociétés célestes ; elles se reflètent dans la Nature comme énergies matérielles et comme puissances immatérielles.
La combinaison de ces trois ordres produit des images, des symboles parfaits et vivants d’une ou de plusieurs pensées du Père. I II les laisse apercevoir à certains hommes qui
les décrivent de leur mieux. Tels sont le divin ternaire, la Jérusalem céleste, la montagne
sainte, le trône de Dieu ; ces signes sont formés par la miséricorde divine et ils rayonnent la
j prière. Ils deviennent, dans la création, des
esprits et des plantes.
: L’astre matériel et l’ange immatériel
sont les figures des choeurs divins. Les vingt- I quatre vieillards apocalyptiques sont le vrai
j zodiaque ; les cent quarante-quatre mille régé¬
nérés sont aussi un choeur. Ils louent Dieu et, par là, excitent l’amour vrai chez ceux qui les
■ entendent ; car leurs actes sont des harmonies,
j Pythagore pressentait cela en discourant sur
l’harmonie des sphères. Ces choeurs se nourrissent de charité ; c’est pour cela que sur cette terre un musicien de génie ne peut pas ne pas être bon.
■ Les serviteurs de Dieu sont ces âmes où la foi vit d’une splendeur toute-puissante ; ils sont à cause de cela les intermédiaires entre l’homme et Dieu, comme les animaux sont serviteurs de l’homme, et intermédiaires entre
lui et les chérubins. Ils possèdent le vrai ; c’est eux qui peuvent pratiquer l’adoration en esprit et en vérité.
Les hommes parvenus à l’apogée de leur perfection constituent le septième règne divin, les Bienheureux. De leur liberté, de leur ubiquité les génies nous sont une image ; les archanges nous montrent comment ils sont puissants et purs. C’est à eux seulement qu’appartiennent les titres de Régénérés, d’ Hommes libres, d’Enfants du Ciel ; où qu’ils aillent, pour accomplir la volonté du Père, ils sont maîtres absolus.
La description qu’on vient de lire est la plus conforme à la réalité actuelle du monde. On peut sans doute choisir une autre classification : s’en tenir aux quatorze lokas brahmaniques, ou aux vingt-cinq hiérarchies des sankhyas, ou aux neufs chœurs des kabbalistes, ou aux multiples pneumatologies gnostiques, scolastiques ou hermétiques.
Mais si on a pu comprendre quelquesunes des lumières sans fin qu’apporte l'Evangile, on aura senti du même coup, avec une certitude
et une profondeur irréfutables, que tout est vivant, puisque « rien de ce qui existe n’a été fait sans le Verbe » ; que toute l’immensité des hiérarchies créaturelles peut entrer en relations avec nous ; qu’il n’y a en somme que trois grandes classes d’êtres : les serviteurs de Dieu, les ennemis de Dieu et l’homme ; et qu’enfin tout ce que nous percevons, tout ce que nous subissons, tout ce que nous agissons se range dans la Lumière ou dans les Ténèbres, selon 1 attitude actuelle de notre cœur.
Si quelqu’un sait réaliser dans son intellect, dans ses sentiments, dans ses forces fluidiques, dans ses travaux physiques cette unité que le Christ a fait descendre avec Lui sur cette terre, il n’a plus besoin, pour se reconnaître dans le labyrinthe des mondes, ni d analyse, ni de science, ni de méthode ; le Maître le guide à chaque seconde et lui donne en tous cas la vérité et la puissance dès qu'il est nécessaire.
Parmi tous les visiteurs que le gouvernement de la Providence envoie vers nous sans cesse, il en est qui sont perceptibles à notre conscience ordinaire, parce qu’ils appartiennent essentiellement au même monde que nous.
Nous ne nous apercevons de la présence des
autres visiteurs que d’une façon fortuite, lorsque quelqu’une de nos circonvolutions cérébrales est assez purifiée pour pouvoir avec son esprit entrer quelques minutes dans les appartements qui nous sont d’ordinaire interdits. C’est là le domaine de l’intuition et du songe. Mais si l’homme ne se contente pas de ces miettes, il cherche des moyens de forcer ces portes ; cela s’appelle les arts divinatoires, les entraînements magiques. Mais cette méthode est toujours illicite et finit par devenir néfaste. C’est ce que nous étudierons au chapitre suivant.