‹ Les revoltees comedie en un acte en versChapitre 10 sur 21 · SCÈNE IV IT · texte numérisé non relu

SCÈNE IV IT

BRION

Neuf ans!

DARG18.

Je l’ai toujours.

Que peuvent vos conseils? que feront vos discours ?

J’ai porté le premier le trouble dans cette âme,

BRION

Enfin, mon cher ami, vous trompez votre femme ?

DARfilS.

Jamaisl.c’est maintenant que je comprends l’amour, L’amôur sans vil partage et sans lâche détour.

Mais je crains un éclat et je vis dans l’angoisse.

Ce billet, que j’ai peur d’ouvrir et que je froisse,

Il vient d’elle. On se plaint dans un style aigre>doux ;

(Arec One colère concentrée.)

On m’attend, car j’y vais, j’y vais !

BRION

Qu’y faites -vous?

DABGIS.

Je cache ma froideur sous un pieux scrupule ;

Je parle du mari...

BRION

Vous ôtes ridicule.

DARGIS.

Des devoirs, de l’honneur, du respect de son nom,

De toutes les vertus.

BRION

Cela réussit ?

DARGIS.

Non.

Sa passion grandiUjusqu’à l’enthousiasme.

Mais au moindre sourire, au plus léger sarcasme,

Je prends l’aspect d’un marbre et reviens au mari.

BRION

Joseph, qui se sauvait, était moins aguerri. \

Oh ! moi, j’aurais Cédé pour perdre mon prestige, il faudra bien conclure.

DARGIS.

Ah 1 j’en ai le vertige I

BRION

N’exagérez donc rien, pauvre cœur au rebour?,

Qui restez si dévot à vos vieilles amours.

DARGIS.

Maisce falal procès est une autre imprudence.

Madame de Brion . médite sa vengeance;

J’ai bien vu son regard railleur, j’en ai frémi.

Je ne lutterai pas contre un tel ennemi.

BRION

Vos hésitations trahiraient un coupable :

Plaidez pour moi, sans peur, en homme irréprochable. Affrontez hardiment les soupçons ébranlés.

Seulement, cher ami, n’oubliez pas vos clés.

DARGIS, allant au secrétaire *.

Mais tout peut me trahir?

BRION

Eh 1 pourquoi ? la comtesse Perdrait autant que vous à quelque maladresse.

Vous avez une femme, elle a bien un mari.

DARGIS.

Heureusement.

BRION

Voilà votre plan tout mûri ;

Vous lui direz, demain, avec un cri de l’âme : t II sait tout, sois prudente, il te tùrait l'infâme 1 »

(Prenant son chapeau.)

(Dargis regarde le billet qu’il tient.)

Et maintenant partons. Lisez, lisez d’abord.

DARGIS, après avoir lu.

Ciel!

BRION

Quoi? que vous écrit la comtesse?

DARGIS.

I Je t’appartiens. »

Il est mort,

BRION

Elle est veuve ! c’est votre faute.

’ DARGIS, s’asseyant.

Il est mort !

Ce mari vous gênait trop, on l’ôte.

DARGIS, avec ironie et désespoir.

C’était sur lui, Brion, que nous devions compter 1

* Briuu, Dargis.

SCÈKE IV

Il ne vous restera plus rien à respecter.

DAUGIS.

Vous ne connaissez point cette passion fauve.

Tout m’accable.

BRION, cbangeanl d'o ton, avec joie.

Mais non. Et cette mort vous sauve.

Au contraire.

DARGIS.

Comment?

BBION.

Vous vous rejellerez

Sur le deuil du défunt; c’est dis mois d'assurés.

DARGIS, avec doute.

Dix mois ?

BRICN.

Mettez huit jours; c’est, du moins, une trêve. Deux heures vont sonner, Dargis, je vous enlève.

DARGIS, se levant.

Je me rends.

BRION

Venez donc.

DARGIS, clicrchant.

Mais je n’ai pas la clé.

BRION

Ah I bon.

DARGIS.

Je plaide mal quand j’ai l’esprit troublé.

BRION

Oui, oui, je vous comprends, cherchons, cherchons ensemble.

DARGIS, montrant nn trouble croissant.

C’est la clef de ce meuble.

(l.o regardant.)

Ah! bien. — Votre main tremble.

Vous aurez à l’exorde une attaque de nerfs.

Laissez-moi seul ici , je mets tout à l’envers,

J’effeuille vos Cujas, je vide vos Bartiiole;

Courez au tribunal et prenez la parole,

Vous aurez votre clef.

DARGIS.

Puis- je y compter?

BRION

Parbleu I

Il y va de ma cause.

DARGIS, prenant aon chapean.

AhI j’ai la tête en feu.

BRION, la eondnisant à la porte de droite.

Vous connaissez l’affaire, au moins? -

DARGIS.

Soyez tranquille.

BRION

Treize, cité d’Antîn, n’est pas mon domicile.

DARGIS, sans l'écooter.

Que dirai-je à présent? il est mortl

BRION, désespéré.

Je perdrai.

(il bonlererse l’appartement, et s’arrête interdit quand Suzanne parait.)

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