Mémoires d'Hector Berlioz, p
le-Roi, près Paris. La partition fut publiée par la maison Schlesinger, avec la mention que nous avons signalée plus haut, témoignage brûlant d'un vif enthousiasme.
Ce n'est pas que l'auteur de la Damnation de Faust nourrît des sentiments républicains ou révolutionnaires ; loin de là . Il avait été frappé — frappé à en être renversé, comme on vient de le voir — par le côté sublime de ce chant magnifique. Mais son libéralisme n'allait pas plus loin. Il suffit de parcourir ses Mémoires pour s'en convaincre :
« La République, écrit-il en 1848, passe en ce moment son rouleau de bronze sur l'Europe ; l'art musical, qui depuis longtemps partout se traînait mourant, est bien mort à cette heure ; on va l'ensevelir, ou plutôt le jeter à la voirie... Jam proximus ardet Ucalegon /...* »
Dans cette horreur du gouvernement populaire, il entrait beaucoup du dédain de l'artiste pour la foule, sentiment que Berlioz poussait à l'excès. Nul ne fut moins démocrate. Pour lui, le peuple est grossier et brutal, indigne et incapable de gouverner, comme il est indigne et incapable de comprendre et d'approcher les chefsd'œuvre de l'art. Bien différent en cela de son maître, car Lesueur a souvent répété à ses élè-