‹ Les révolutionnaires de la musiqueChapitre 17 sur 42 · Berlioz, Mémoires · texte numérisé non relu

Berlioz, Mémoires

Les rapports du maître et de l'élève durèrent ainsi, fréquents et affectueux, pendant quelques années. Mais un jourHabeneck fit exécuter dans un des concerts du Conservatoire la symphonie en ut mineur de Beethoven, alors inconnue en France. L'enthousiasme du jeune Berlioz se devine. Lesueur, après avoir été très frappé, sur le moment, de la sublime grandeur de cette œuvre, voulut le lendemain faire ses réserves. Sans doute il n'était plus à l'âge où l'on peut concevoir des admirations nouvelles, et le géant Beethoven dérangeait peut-être un peu ses plans et ses théories. 11 s'ensuivit entre le maître et l'élève une discussion qui refroidit beaucoup Berlioz. C'est alors, nous dit-il, qu'il quitta brusquement la grande route pour prendre sa course par monts et par vaux à travers les bois et les champs. « Je dissimulai pourtant de mon mieux; et Lesueur ne s'aperçut de mon infidélité que beaucoup plus tard, en entendant mes nouvelles compositions, que je m'étais gardé de lui montrer * . »

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