‹ Les révolutionnaires de la musiqueChapitre 19 sur 42 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

seul aspect des œuvres, que si le génie de Gluck tient tout entier dans ces mots : recherche passionnée de l'expression, la caractéristique de celui de Berlioz est bien plutôt la recherche passionnée du nouveau. Et ce nouveau, l'auteur de la Symphonie fantastique cherchera à le produire en dépit de toutes les règles, de toutes les lois et conventions en vigueur auparavant, se souvenant de ces paroles de son maître :

« C'est souvent en franchissant les bornes prescrites, c'est en substituant des règles qui pourraient être celles des règles admises que l'homme de génie sait s'élever au-dessus du vulgaire *. »

Enfin, il est un point sur lequel le professeur et l'élève se rencontrent, c'est l'emploi, voulu de la part de Lesueur, et qui paraît inconscient chez Berlioz, mais qui est fréquent chez tous deux, des modes antiques et des tonalités du plain-chant. Nous avons vu que Lesueur était possédé de la manie de la musique antique; souvent il use des tons et des rythmes — ou de ce qu'il croyait les rythmes — de cette musique, avertissant toujours son lecteur de l'intention qui lui a dicté ces retours au passé.

Berlioz, moins explicatif dans ces cas-là, et plus

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