Mémoires, p
tention est la même chez les deux maîtres ; seulement là où Berlioz s'applaudit d'avoir réussi, Lesueur ne fut jamais satisfait ; il sentait qu'il lui manquait toujours quelque chose. C'est que, trop adonné à l'érudition, il cherchait en arrière; Berlioz, plus véritablement novateur, chercha en avant et trouva.
Pourtant les travaux de Lesueur sur le rythme ne furent pas infructueux. Il fut un des premiers qui réclamèrent de la poésie lyrique une cadence plus parfaite et qui lui permît de mieux s'adapter au chant. Il ne cessait de citer comme modèles les poètes italiens, dont les vers s'encadrent si franchement dans la mélodie. Nous avons fait de grands progrès sous ce rapport : le vers rythmique, tant réclamé par Castil- Blaze. commence à entrer dans les habitudes, et nos librettistes d'aujourd'hui le manient avec élégance. Il en était tout autrement au xvme siècle, et les défauts de la poésie, qui entravait la musique bien plus qu'elle ne l'aidait, avaient vivement frappé Lesueur.
« Pourquoi, disait-il1, notre langue, déjà si riche de tant de chefs-d'œuvre littéraires, n'aurait-elle pas aussi son rythme poétique particulier au chant, préparé pour la mélodie vocale