‹ Les révolutions d'ItalieChapitre 16 sur 97 · RENAISSANCE SOCIALE PAR L’AMOUR · texte numérisé non relu

RENAISSANCE SOCIALE PAR L’AMOUR

des siècles avait tenues divisées, est vraiment renfermée la naissance civile du monde moderne. Emancipation réelle de l’esclave par l’amour de celle à laquelle il appartient, instinct avoué de fraternité sociale, égalité des âmes, tout est contenu dans ces épousailles invisibles de la noble dame et de l’bumble serf. C’est un rêve, une vision sans corps; ils s'embrassent sur la nue. Mais la vi-* sion contient le lointain avenir.

Que signifie ce moment célébré par tant de voix? pourquoi cet accent unanime d’enthousiasme et d’allégresse dans les donjons et dans les cabanes? Ce n’est pas seulement ici l’épithalame de deux amants vulgaires ; c’est le moment où le cœur des anciens patriciats et le cœur des peuples de la glèbe se rencontrent, se touchent, se fondent en un seul. La femme moderne est sortie de l’inerlie païenne ; elle a la première plongé ses regards sur l’abîme des classes déchues. A ce regard enivrant, sont tombées, comme par miracle, les barrières, les inégalités, les anti- , pathies de race que le passé avait élevées ; de son côté, le serf étonné de sa propre félicité, s’est élancé en idée vers sa souveraine qui est devenue la fiancée de son génie. La nouvelle alliance idéale vers laquelle ne cessera de graviter le monde civil est scellée au fond du cœur. Que les troubadours chantent donc sans repos elJassenl taire les rossignols dans le verger féodal I que chaque manoir, chaque chaumière lésonne du meme écho pendant deux siècles! C’est ici l’épithalame chrétien delà noblesse et du peuple.

De meme que dans l’antiquité, Lucrèce voit naître de la Vénus physique les royaumes du paganisme, de même je vois en ce moment les langues, les sociétés, les institutions modernes naître de ce premier sourire de la Vénus féodale et chrétienne.

La différence essentielle du latin et des langues i*c- IV. I.

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