‹ Les révolutions d'ItalieChapitre 35 sur 97 · KT LE PEUPLE · texte numérisé non relu

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sions (le l’ilalie dès qu’elle commence à renaître; car la hiérarchie qui s’établit entre les professions se fonde en partie sur le plus ou moins d’intelligence qu’elles supposent. Les grandes professions sont partout celles des notaires, des juges, des médecins, des docteurs, des banquiers; plus elles sont matérielles, plus elles sont tenues éloignées de cette nouvelle aristocratie.

Chaque métier est, au reste, en quelque sorte un Etat dans l’Etat, puisqu’il a son tribun, son juge, sa bannière, sa voix dans le gouvernement et dans l’élection des magistrats de la république. A la moindre émotion, tes ouvriers de la même profession descendent sur la j)lace publique et se rangent sous leurs drapeaux au bruit de la cloche, au cri de vive le peuple et les métiers! Tous ensemble forment un grand conseil qui en choisit un petit, sorte de comité exécutif, où les affaires sont traitées en secret, et qui de ce mystère même tire son nom de Cre- (lentia. Les grands métiers combattent les armes à la main pour diminuer la part des petits dans les affaires; ils les relèguent autant qu’ils le peuvent en dehors du droit politique , ou , comme on dit , de notre temps , en dehors du ]imjs légal. Malgré cela, tant qu’une commune subsiste, le principe que le travail est le fondement de la vie sociale domine sans contestations.

J’entre ici dans la partie la plus diflicile et la plus neuve de mon sujet : il s’agit de marquer la part des différentes classes dans la constitution de la société italienne. l..es hommes de nos jours croient volontiers que la guerre de la bourgeoisie et du peuple est une question qui vient seulement de poindre. Je vais montrer que cette question a été posée par les révolutions italiennes, il y a quatre .siècles, avec une précision qu’il est impossible de dépasser.

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La soci(‘l(‘ romaine s’était débaltne entre l’aristocratie et la démocratie, et tout avait été simple dans ce grand conflit. La cité italienne se complique d’une manière imprévue, dans les temps chrétiens, puisque la lutte s’établit entre l’aristocratie, la bourgeoisie et le peuple. Trois personnes vivantes, au lieu de deux, se disputent l’État. De cette trinilé sociale , qui semble être le reflet du dogme religieux, naissent des combinaisons inconnues à l’antiquité; soit que ces conditions diverses agissent chacune isolément, soit qu’elles se liguent entre elles, il arrive qu’elles produisent une variété de factions, de partis, qui déconcertent l’esprit accoutumé à la simplicité de la cité antique. La lyre sociale s’est enrichie d’une corde; il faut une oreille attentive pour saisir l’harmonie de ce monde nouveau.

Que devient la noblesse italienne, quand la féodalité est renversée par les révolutions des communes? Tant que la foi dans leur principe les soutient, c’est-à-dire, aussi longtemps que dure chez eux, dans sa première vigueur, l’espérance de la Restauration impériale, les nobles restent unis entre eux; ils tentent de rentrer violemment en possession de la société. Mais, dans les longs intervalles que les empereurs mettent à reparaître, cette aristocratie isolée, sans tête, sans chef se sent ébranlée et comme abanilonnée. Elle s’aperçoit que son fondement s’écroule avec la foi dans la résurrection chevaleresque du saint-empire. Dans la mêlée des villes, les bourgeois à pied, derrière les barricades et les chaînes dont ils fermaient les rues, avaient un avantage certain sur la cavalerie des comtes. Ceux-ci, vaincus cent fois, exilés, ruinés', obligés de cultiver de

' F.rano si amiullali cli’ennô al |).ari d'allri mcno possenti gentili iioinini... ^G. Villani.)

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