‹ Les révolutions d'ItalieChapitre 40 sur 97 · LE PRINCIPE · texte numérisé non relu

LE PRINCIPE

et par l’expropriation. Nul ne dormait tranquille que si les vestiges même des habitations de la faction renvers(*e avaient disparu dans l'incendie. Point de milieu, point de concessions réciproques, point de capitulations. L’ennemi vaincu, exilé en masse, ses maisons étaient rasées; premier gage de tout changement politique.

Et ce n’étaient pas seulement les hommes considérables qui étaient ainsi expulséSj anéantis, corps et biens. Pour être plus sûrs ‘ d’extirper l’avenir, les Guelfes d’Arezzo expatrient toute la population gibeline , de treize à soixante ans; les vieillards infirmes demeuraient seuls. A Lucques, l’exil, institution permanente, était décrété deux fois par an, contre un nombre déterminé de citoyens, quelles que fussent les circonstances. Cela ne suffisant pas encore à rimpuissance où étaient les partis de vivre ensemble, ils imaginèrent de donner à toutes les lois de proscription une rétroactivité illimitée. Touthomme, toute famille qui avait dans scs ancêtres un parent attaché cà la faction vaincue, était voué .à la proscription; car il ne servait de rien d’avoirchangé de bannière. L’opinion du père, de l’aïeul poursuivait le fils, le petit-fils; il ne pouvait par aucun changement de convictions, se dérober à cette responsabilité des générations qu’il n’avait pas connues.

Pendant des siècles, cette vindicte d’un crime originel fut acceptée sans nulle contestation par les plus honnêtes gens du monde. L’idée ne vint à personne qu’il pût en être autrement. Chaque gouvernement s’inaugure par l’exil et par la mort; le terrorisme de l’Église passe tout entier dans la politique.

La proscription était si bien la condition fondamentale

* Quoi! omnes Giiibellini a XIII annis lisqiie ail LX dirent de civitalc. [Annales Airelini, 1340.)

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