DES RÉPUBLIQUES ITALIENNES
sent la liberté, ils reviennent à/l’absolutisme comme à leur base naturelle. Comparez les républiques catholiques de l’Amérique du Sud et celles de l’Amérique du Jiord; à celles-ci Washington, aux autres Rosas et le docteur Francia.
Il n’y a pas un pays dans le monde qui, par son tempérament, ait été plus opposé à l’institution d’une monarchie tempérée; seul gouvernement dont les Italiens n’aient jamais pu avoir l’idée. Filangieri répète en ceci Machiavel; du premier coup d’œil ils ont discerné tout ce qu’il y a de chimérique dans la prétendue pondération des pouvoirs.
La liberté de discussion ne pouvait s’établir entre des systèmes absolument contradictoires qui n’avaient rien de commun entre eux que la haine. Quand les choses en sont là, pour que la parole soit intelligible, il faut qu’elle se change en glaive.
Comme- chaque parti vainqueur commençait par ruiner le vaincu, celui-ci ne pouvait attendre de la marche du temps le triomphe de sa cause; il y avait toujours une Italie désespérée qui n’avait d’autres- ressources qu’un heureux coup de main.
Les factions Iriomplianles rendaient la vie si diflicilc à leurs adversaires, que cen.\-ci n’aventuraient presque rien en la jouant dans une émeute. Perdre le pouvoir, c’était perdre tout à la fois le droit politique et le droit privé. Voilà pourquoi la patience des plébéiens dans Rome, des minorités en Angleterre ou aux Klals-lmis, n’enlra jamais dans la tête d’un républicain de Florence ou de Gènes; la détre.sse d’hommes perdus, à qui la victoire doit tout rendre, éternisait les révolutions.
Recommander la longanimité à de telles gens, leur conseiller de reconquérir Fautorité par l’influence des IV. 12
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idées, par la force de la discussion, par les sages enseignements de l’expérience, eût semblé une ironie, 11 n’y avait pas ce que l’on appelle aujourd’hui une opinion publique formée des concessions mutuelles de toutes les opinions particulières; c’étaient des factions aux prises qui, n’ayant rien de commun, ne pouvaient ni se convertir, ni transiger, ni se rien emprunter; elles ne pouvaient que se détruire l’une l’autre.
En résumé, voici, à de rares exceptions, la loi générale de formation des Etats d’Italie; toutes ces républiques catholiques se changent en républiques princières; de républiques princicres elles deviennent des principautés absolues. Sitôt que la crainte disparaît, la servitude commence.
Nous avons vu de nos jours une république débonnaire s’établir sur l’idée qu’elle pourrait en un jour changer en partisans ses ennemis invétérés. Sans faire à ceu.\-ci aucune condition, elle a cru les dompter en s’agenouillant devant eux. Ses adversaires ne lui ont su aucun gré d’une mansuétude qui leur a paru cacher quelque faiblesse. Nlayant pas su être juste, ni bonne pour ses amis, ni sévère pour ses ennemis, nous la voyons à demi ruinée par l’indifférence des premiers, qu’elle n’a pu récompenser, par l’audace des seconds, qu’elle n’a pas osé châtier.
Une telle expérience, ajoutée à toutes celles de l’Italie, m’autorise à tirer de ce chapitre la conclusion suivante : que dans une époque corrompue, toute démocratie qui surgira après une longue habitude de servilité, et qui se contentera du plaisir de naître, sans prendre aucune garantie contre la malice de ses ennemis, deviendra nécessairement leur proie et leur risée.
UNE HÉVOLIITION SOCIALE.