‹ Les révolutions d'ItalieChapitre 45 sur 97 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

CIIAPITRK PREMIKH.

LE COSMOI'OLITISME.

Itcvolutlon duns le tempérament du génie italien. I.a patrie ou le inotidc. Comment le chemin est frayé à l'invasion. L’Italie désarme; elle compte sur la souveraineté de l’esprit. Contraste entre la chute politique de la nation et le progrès des arts. Un concile d’artistes.

Au milieu du quiuzième siècle, mon sujet m’abandonne, ou plutôt il change de nalttre; car c’est encore tin grand spectacle de voir un peuple tpii commence à se dissoudre sans blessure appareille. J’entre dans une épotpic qu’aucun grand nom ne remplit. Je cherche des écrivains nationaux, je ne trouve que des imitateurs des Latins. Les espérances des Guelfes comme des Gibelins sont tombées; rien n’y a été substitué. Dès ce moment, tout est sur une pente qui doit tiéccssairement conduire à la mort sociale.

Jusque-là il était visible que l’Italie ne suivait pas la loi régulière de formation des antres parties de rEnrope; que lu nationalité y était plus lente à se produire (jincliei d’autres; mais à partir du (juiiuiènie siècle, se ré-

LE COSMOPOLITISME

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vêle à toute la terre l’impossibilité de .s’organiser, de former un de ces êtres vivants que l’on appelle peuple. La plaie encore cachée se découvre, et l’on s’y accoutume; c’est ce que l’on appelle aujourd’hui un fait accompli. Bien plus, cette impossibilité est acceptée par les meilleurs esprits comme une marque de grandeur; toute une race d’hommes prend glorieusement son parti de renoncer à être; au moment où en Europe les nationalités se constituent et prennent une tête, l’absence de la nationalité italienne devient surtout flagrante.

Le principe entrevu au commencement de cette histoire s’est développé; les yeux les plus aveugles ne peuvent s’empêcher de le voir. Rome, en devenant la tête de la chrétienté, a dû renoncer à être la tête de l’Italie. D’une part, cette puissance s’est opposée à l’établissement d’une monarchie unique; de l’autre, comme un corps étranger garde une plaie ouverte, elle a empêché les petits Elats de se. réunir dans un même système; c’est-à-dire qu’elle a rendu également impossible la royauté et la fédération.

Le moment est venu où le fait d’abord latent dans les origines de la race italienne en devient la règle et la fatalité.

L’esprit des Etats politiques, c’était la nationalité; l’esprit de la papauté, le cosmopolitisme. Comment accorder l’une et l’autre?

Dans ranti(iuité, chaque État se faisant le centre unique de toute vie sociale, celte question n’existait pas. De nos jours, elle existe théoriquement; mais la grandeur ( omme la ruine de l’Italie est d’avoir vécu sur ce problème, laissant en présence deux souverainetés, la. cité et l’Église, qui représentent officiellement la patrie et le monde.

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