EST LE TOMBEAU DES FRANÇAIS
rance ùlonnait, leur servage indignait. Au lieu d’un esprit nouveau, ce n’était qu'aviditéde meurtres, insolences de serfs déchaînés'. Notre bigoterie même, sans âme, sans poésie, sans naïveté, nous rendait méprisables auprès d’un peuple artiste, sans nous servir de rien auprès de la cour romaine. Commines est le seul Français qui voie clair dans l’expédition de Charles VIII ; il est aussi le seul qui ne soit pas écouté. Trois siècles étaient encore nécessaires pour mûrir et assagir cette nation. Attendue comme la justice, elle trouve moyen de se faire exécrer en peu de mois ; et le sentiment de mécompte fut si profond, si amer, que trois siècles ne suffirent pas à l’apaiser. Quand en 1796, la nation française entreprit une expédition de délivrance, telle que l’avait conçue Savonarole, elle rencontra toutes vivantes les haines qu’avaient semées en Italie les jeunes fous, compagnons de Ch.arles VIII.
La scène avait alors change. Au seizième siècle, l’Italie avait attendu des libérateurs, elle avait trouvé des insulteurs et des bourreaux. Au dix-huitième siècle, la France viendra réellement délivrer l’Italie; celle-ci ne reconnaîtra pas ses sauveurs , elle déchirera la main qui viendra la racheter.
Les guerres du seizième siècle se divisent en trois époques. Dans la première, les Français conquièrent Naples, sans système, sans esprit de conduite. A peine arrivés, ils se retirent. Dans la seconde, toutes les puissances étrangères, pape, empire, France, Espagne, se liguent contre ce qu’ils appellent l’insolence de Venise, qui n’est rien autre chose que sa nationalité. Dans la troisième, le pape et l’empereur détruisent la nationalité de Florence,
* Los Franç;iis d'aloi's nicUaiciil en (UaVi c, parluut où ils (.lumiitaiunl, l'arl tic SC faire haïr, dit le bon Murulori. [Aitnali.)