POURQUOI L’ITALIE
(Hait énorme sur leurs deux rivaux, habitués à manier les factions italiennes. Jamais les Français ne surent ratta- ’cher leurs expéditions à aucune des idées, des passions, (jui avaient delà puissance sur l’esprit des masses; ils comptèrent toujours pour rien les sentiments des autres. Sans droit devant les peuples envahis dont ils n’épousaient pas les traditions; sans droit devant l’empereur qui les accablait de sa légilimilé antique; sans droit devant le pape qui les tenait par la bride de la superstition, ils ne surent s’appuyer que sur la force physique. Dès qu’elle leur manquait un jour, leurs entreprises étaient ruinées; leurs plus beaux succès aboutissent à quitter précipitamment la partie.
François T' perd Gènes, Henri II, Sienne, par la même manie de violenter ce qu’ils assurent vouloir protéger. Montluc personnifie ce système : dureté, proconsulat, main de fer. Dès ITmS, il ne restait pas à la France un seul allié. Tous s’étaient aperçus qu’elle songeait simplement à les opprimer, sans avoir rien compris meme à leurs vœux.
Ainsi, dans un monde qui ne respirait que par l’antiquité, les Français ne fondent leurs entreprises sur aucune tradition essentielle ; et s’ils ne surent se rattacher en rien au passé sur la terre du passé, ils surent encore moins innover dans un temps d’innovation. Comment auraient-ils pu s’enraciner dans une terre qu’ils s’obstinaient à ne pas- comprendre? Elle les rejetait, -elle les dévorait sans combat. Et il en sera de meme aussi longtemps qu’il leur plaira de ne s’armer d’aucun droit pour combattre des pouvoirs investis du droit historique le plus ancien de la terre.
Un Français est presque toujours humilié en lisant le récit de ces guerres. Tant d’efforts, tant de sang répandu,