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que génération, et cette marche précipitée, fantastique, augmentait encore la fascination qu’il exerçait.
Les Allemands qui lui servaient d’escorte étaient d’abord, comme lui, un objet d’admiration. Les châtelains, souvent même des populations entières se pressaient audevant d’eux; on voulait toucher leurs habits, baiser leurs qrmes *, comme s’ils avaient le secret de guérir les plaies mortelles de l’Italie. Vous eussiez dit du retour de légions égarées depuis mille ans et qui rentrent dans la patrie. Les aigles romaines, en reparaissant sur le chemin, faisaient tressaillir; les yeux se remplissaient de larmes. Enlin ils arrivaient, les compagnons de César libérateur; on les touchait; l’enthousiasme tombait. Les alliés, les frères attendus chassaient l’Italien de sa maison; ils prenaient l’argent, le blé, le vin, le foin; ils changeaient le 7niW en poison. La réalité se montrait alors toute nue. l u incroyable malentendu éclatait entre l’Empereur et Tltalie, sans que celle-ci pût jamais entièrement se réveiller. Que pouvait comprendre à la civilisation d’au delà des Alpes l’Allemand du moyen âge? sa jalousie naturelle était irritée par l’éclat même des espérances que l’on mettait en lui. La liberté des classes inférieures*, l’indépendance des ouvriers bouleversaient toutes ses idées; l’assujettissement de la noblesse à la bourgeoisie révoltait davantage encore son instinct féodal. Quant à l’empereur lui-même, pour peu qu’il se sentît fort, il refoulait avec dureté l’enthousiasme des républicains italiens. S’ils lui parlaient de la A'olonté du peuple romain, du consentement de la foule, d«i don que l’Italie lui faisait librement d'elle-même, ce
* Stolidi populares... ignorantes quid agercnt eisdcni, Tlicotoniciso'bviani acccsserunt, nedum ipsos, sed eoriini arma et veslem osculanles. [Mutiiietmis historia.)
* nitonis Frisingcnsis, lilt. de Frederico I, p 70S, 71.", 7.'>8,