‹ Les révolutions d'ItalieChapitre 65 sur 97 · LA HKFORMR EN ITALIE · texte numérisé non relu

LA HKFORMR EN ITALIE

11 a manqué en général aux peuples do la famille latine une certaine fierté native de Tâme pour échapper au servage de Rome. Dans leurs plus grandes témérités, on reconnaît d’anciens captifs. Si leurs bras ne sont plus liés, leurs esprits le sont encore. Rome antique a marqué au front ses nations esclaves; elle les a léguées avec leurs stigmates à Rome moderne, et aucune d’elles n’a songé sérieusement à contester l’héritage du maître. Les peuples latins sont encore poursuivis par le grand prêtre antique de la Peur et de la Pâleur. Le génie de la terreur païenne survit chez eux au paganisme.

La Réforme en Italie n’a pu se rattacher à aucun débris des factions nationales; elle contrariait autant les Guelfes que les Gibelins et devait mourir étouffée entre César et le pape. L’autorité de l’individu mise à la place de l’autorité de la ville éternelle, c’était le renversement de tout ce qui s’était vu jusque-là de l’autre côté des Alpes.

Pour tout ôter au prêtre, le protestantisme du îiord ôte tout à l’homme; il nie à celui-ci la liberté pour nier à celui-là son autorité. H brise le despotisme de l’Église en faisant par la prédestination un Dieu despote qui sauve ou condamne à son bon plaisir indépendamment de toute intervention humaine. Les hommes du Midi n’ont jamais pu comprendre cette marche de la Réforme dans ce qu’ils appellent la tragédie du libre arbitre L A des peuples nourris dans une activité fiévreuse, il a été impossible de faire concevoir comment c’est en niant son libre arbitre que l’homme s’affranchit de l’homme pour ne dépendre que de Dieu.

Aussi la première chose qui frappe chez les réformateurs italiens, c’est leur isolement au milieu du peuple.

* Tiagedia di libero urbitrio.

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