‹ Les révolutions d'ItalieChapitre 67 sur 97 · LA RÉFOUME HN ITALIE · texte numérisé non relu

LA RÉFOUME HN ITALIE

Le fait qui me semble dominer toute l’histoire de la Réforme eu Italie est celui-ci : Dès que l’esprit italien sort du catholicisme, il lui est impossible de rester dans l’enceinte des cieux chrétiens. 11 s’élance hors de toutes les routes connues. Voilà pourquoi la plupart des protestants italiens * deviennent si vite suspects au protestantisme. Les réformateurs allemands et suisses ne craignent rien tant que leur exaltation et leur audace, dès qu’ils ont goûté de la liberté de conscience.

Il y avait, au seizième siècle, un ouvrage très-répandu sous ce titre : Dernière profession de foi de Simon Simoni de Lucques, d’abord catholique romain, puis calviniste, puis luthérien , de nouveau catholique , mais toujours athée. Ce litre injurieux marque bien, au reste, l’inquiétude effrénée des Italiens dès qu’ils échappent aux mains de la papauté. Ils parcourent, ils traversent toutes les sectes sans pouvoir se fixer dans une seule. Le caractère d’universalité qu’ils portent eu toutes choses les pousse à réconcilier Luther et Calvin. Ils sont rejetés par l’un et l’autre. Du fond de l’Italie, ils croient à l’unité de l’Église réformée*; lorsqu’on approchant, ils en voient les divisions, ils s’efforcent de les détruire; et toujours poursuivant la chimère d’un protestantisme universel, ils se brouillent avec chaque secte pour vouloir les concilier toutes.

De là ces vies errantes, ces missionnaires qui cherchent eux-mêmes leurs doctrines en Suisse, en Allemagne, en Angleterre. Les plus hardis vont en Pologne demander

' Ob paradoxas qiiasdani imü cl hetcrodoxas senlentias, quod pcrmultorum Ilaloi-uni vitium crat. (SyUabus Italorum Beformatorum . D. Gcrdcs, P-2t7.)

* Ulapud fratrcs iiostros Halos ferè credilur, iiiler Ecclesias quas reformatas juré iiicritô tmiiciqiaiiius, iiidissulubilcin esse doclriiiæ consensum.

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