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LES ESPÉRANCES DE L’ITALIE

j’accepte comme un châtiment la responsabilité qui pèse sur nous tous dans les actes consommés an nom de la France. C’est justice qu’une génération entière porte à son front l'empreinte de ce qu’elle a laissé s’accomplir à la clarté du soleil, depuis qu’elle est en possession de la vie. Et comme nous enveloppons indistinctement nos pères dans la même renommée de gloire et de grandeur, il est équitable, il est bon, il est nécessaire que leurs fils soient enveloppés dans la même renommée de décadence et d’infamie. Telle est la justice distributive de Thistoire.

Que lès peuples qui nous entourent nous haïssent pour tant de promesses faussées, d’apostasies et de fraudes, il serait puéril de les en accuser. Mais qu’en nous haïssant, ils n’aillent pas jusqu’à repousser le drapeau de salut que d’autres mains ont planté avant nous. Au contraire, ils peuvent tirer de notre chute volontaire un nouveau principe de vie. Tant que la France a soutenu ou personnifié l’avenir et les idées de régénération politique et sociale, l’Italie a pu repousser ces espérances comme le don empoisonné de l’étranger. Puisqu’il arrive que par la perfidie et l’avarice d’un si grand nombre d’entre nous, ces projets, ces germes de vie sont repoussés par la France légale, l’occasion est unique pour l’Ilalie de faire siennes les idées (|ue nous désertons et de relever le drapeau qui, abandonné sur la roule, ne peut plus être aujourd’hui considéré comme la propriété de personne. Qu’elle .s’attache à la bannière livrée, trahie, vendue par nous; et que, ramassant le flambeau de vie que nous laissons mourir, elle le porte où nos mains défaillantes n’ont pu atteindre. Voilà l’espérance qui lui reste; voilà sa vie, son avenir.

L’occasion est unique; la servitude volontaire de la France donne un moment à l’Italie pour ramasser avec audace la couronne de la civilisation. Mais si ce moment

RÉSURRECTION SOCIALE. ?)I0

n’est pas mis à profil avec hardiesse, il court risque de ne se représenter jamais; car celte génération à laquelle j’appartiens approche elle-même de sa fin. Bientôt elle sera dans son sépulcre de houe; et il est difficile de penser que celle qui suivra ne fera aucun effort pour rentrer dans l’héritage social que nous avons frauduleusement rejeté, craignant d’être obligés d’acquitter la dette que nous ont laissée nos pères * .

CIIAPIÏRE IV.

RÉSÜIUIECTIOIS SOCIALE.

Ui Itûpubliquc romaine. De lu lyrannie de lu conscience. Dans une épo<|ue corrompue, peul-on ne tenir aucun compte des vices? Conlirnialion de tout ce qui précède. Conclusion.

Depuis que les dernières lignes de cet ouvrage ont été écrites, il m’a été donné d’en voir les principes confirmés avec une Force souveraine, par une suite d’événements auxquels j’ai moi-même été mêlé; et de quelque façon que j’aie pu payer cette dernière évidence, je ne songerais pas à m’en plaindre, si je ne considérais ce qu’elle coûte à d’autres qui ne l’ont pas désirée. Spectateur de la courte tragédie où tant de peuples sont restés blessés sinon morts et ensevelis, j’éloignerai la plainte, le deuil, le regret même de tant de puissantes vies, pour ne rcgaj’der que les choses et l’enseignement qu’elles portent avec elles.

Dans ce que j’avais appelé piécédemmenl les espérances de l’Italie, j’avais annoncé que tout appui cherché dans le catholicisme croulerait aussitôt, entraînant après soi la

* Ceci a élu écrit près de deux ans avant l'expédition de Rome.

nÉSUKttECTlON SOClALi;.

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