‹ Les révolutions de la paroleChapitre 3 sur 32 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

M. de Serres, revinrent en 1830 pour assister au réveil de la liberté, et mourir. Je vous salue, ombres altières et vénérables !

L’avenir dira ce qu’ont fait les exilés de 1852, et s’il leur fut donné de voir renaître les principes pour lesquels ils avaient combattu.

Jeune encore, j’ai été élevé à cette rude école, et féconde, Elle m’a élargi l’amc. Ne pouvant être pour moi un châtiment, elle a été un agrandissement d’horizon. J’ai suivi de loin la trace de mes aînés, à pas înégaux, comme le petit-fils d’Anchise suivait les pas de son père, au sein des ruines de la patrie; et si mon exil n’avait été l’exil même du droit et de la République, je serais tenté de le bénir.

Le livre que j’achève aujourd’hui, est le résumé de cinq années d’enseignement public à l’université de Bruxelles.

Dans ma pensée, ce livre est une introduction à l’histoire de l’Eloquence pendant la Révolution française. Celle-ci, pareille aux épopées, ferme un monde et en ouvre un autre. Assise sur les débris du passé, elle regarde l’avenir, d’un œil inondé d’espérance. Par elle, a été détruit le règne de la grâce, cl fondée l’èrc de la justice.

La parole de la Révolution, faussée tant de fois, mémo par ses amis, demeure imprescriptible. Je me propose de l’évoquer un jour. Alors, du fond de toutes les provinces, du milieu des assemblées populaires, du cœur des tribuns, des entrailles des choses et de la conscience de rinsloire, nous entendrons sortir le cri de liberté, (^est pour elle que nos pères sont morts, ignorant

vj PRÉFACE.

que leurs fils rétabliraient, sous d’autres noms, la servitude.

Où git, en effet, l’unité morale des hommes de la Révolution, c’est qu’ils ont tous voulu, même par la violence et la Terreur, asseoir la liberté. Je repousse leurs moyens, j’adopte leur principe, et je sens que la patrie est avec moi.

Heureux, si, dans ces pages écrites loin d’elle, mais éclairées par la lueur sacrée du souvenir des anciens jours, la France reconnaît la main d’un fils et la parole d’un ami 1

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