LES
INTRODUCTION
DE L’IMPORTANCE DE LA PAROLE
Qu’est-ce que la parole? D’où vient-elle? Où va-t-elle? Quelles ont été ses transformations essentielles? Quel doit être son rôle parmi les hommes ? C’est ce que j«i me propose d’examiner.
S’il faut en croire la tradition mystique du genre humain, le monde aurait été créé, ordonné, éclairé par le Verbe.
INTRODUCTION
« Qu’existait-il au commencement? » demande le prophète, dans le Zend-Avesta. « U y avait, » répond la voix d’en haut, « la lumière et la parole incrées. » — Parole et lumière sont deux mots identiques dans la langue de Zoroastre.
La sainte légende chinoise dit : € Le Verbe fut le grand € ancêtre des éléments subtils et primordiaux, l’organisa- « teur do la terre et du ciel. »
« Dieu dit : que la lumière soit ! et la lumière fut , » écrit Moïse, engendrant ainsi la clarté sidérale des profondeurs de la parole de l’Être.
Platon, dans l’Epinomis : « Le Verbe très-divin a arrangé « et rendu visible cet univers. »
€ Au commencement était le Verbe ; » dit Jean de Path- € mos, « et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. « Il était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont « été faites par lui ; et rien de ce qui a été fait, n’a été fait « sans lui. En lui était la vio ; et la vie était la lumière des « hommes. »
Indra, Zous, Jéhovah et Jésus affirment l’éternité du Verbe et sa fécondité. Les religions ne sont autre choses que ses évolutions dans le temps et l’espace.
La lumière elle-même est un langage où vibrent tour à tour les couleurs et les ombres.
Le matin, quand la Nature s’éveille, tout parle ; un immense dialogue s’engage entre les arbres, les oiseaux, les insectes, les fleurs et l’herbe des champs. Le soir, quand elle s’endort, des murmures indistincts se prolongent. On entend, la nuit, la voix de la mer et des fleuves mêlée aux bruit vagues des bois, et au chœur lointain des étoiles.
Cette parole des choses sort de l’Infini. L’Infini ne se tait jamais.
DE L’IMPORTANCE DE LA PAROLE
« Quand, aux jours où la tcrro entr'ouvroit sa corolle, Le premier homme dit la première parole,
Le mol, né do sa lèvre el que tout entendit,
Rencontra, dans les cieux, la lumière, et lui dit :
« Ma sœur, envole-toi! plane! sois cternello !
Allume l’astre! emplis à jamais la prunelle!
Echauffe éthers, azurs, sphères, globes ardents ; Eclaire le dehors; j’éclaire le dedans.
Tu vas être une vie el je vais être l’autre ;
Sois la langue do feu, ma sœur, je suis l’upôtrc. Surgis, effares l’ombre, éblouis l’horizon.
Sois l’aube ; je te vaux, car je suis la raison !
J’existais avant l’àme. Adam n’est pas mon père. J’étais, môme avant toi. Tu n’aurais pu, lumière. Sortir, sans moi du gouffre où tout rampe enchaîné. Mon nom est : fiat luxl et je suis ton atné ! »