XII. — RÉPÉTITION
tour plus vrais que les Historiens, en effaçant les hommes, pour ne laisser que l’éternelle comédie ?
Je n’ai eu besoin, comme je l’avais annoncé, que de remonter soixante-dix ans environ dans notre ère, pour y voir se réaliser en fait toute la Théogonie païenne ; le germe en est donc resté enfoui quatre mille ans avant de renaître, mais il renaît évidemment, et comme la fleur suit la feuille, les événements de notre Époque vont se poursuivre avec une implacable uniformité sur les mythes de l’Antiquité païenne, comme je le démontrerai bientôt, je l’espère, en passant d’Orphée à Homère.
Aujourd’hui la Théogonie est accomplie tout entière, car :
Napoléon I er , vainqueur de tant de Peuples, restaurateur des autels, créateur de nos lois, ainsi qu’il a été confondu par le Passé, sera confondu dans l’Avenir avec un Dieu de la Fable.
On en a tant dit sur le soleil d’Austerlitz,
d’une scène antique.
que la bataille passera pour cet astre, et les trois empereurs quiy assistaient, pour les trois couleurs primitives de la lumière.
Les douze maréchaux de l’Empire seront expliqués par les douze mois de l’année.
L’exil et la mort de l’Empereur à Sainte- Hélène, enfin, seront regardés comme une simple descente aux Enfers.
La Fable se fera avec l’Histoire, comme l’Histoire s’est faite avec la Fable, et il y aura des gens qui discuteront la réalité de nos temps, comme nous discutons celle des autres.
11 n’y a donc qu’une chose bien réelle et qui ne peut se discuter.
— C’est la réalité de la Fable.
Curieux contraste, qui prouve au moins qu’il vaut toujours mieux croire que de nier 1 puisque plus une chose est fabuleuse, moins on trouve de raisons pour la révoquer en doute.
Après la Théogonie, viennent les Temps héroïques de la Civilisation grecque ; — nous ne