‹ Les revolutions du temps synthese prophetique du 19. siecleChapitre 89 sur 132 · LA PROPHÉTIE PARTANT DE L'INSTINCT S'ÉLÈVE JUSQU’A LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LA PROPHÉTIE PARTANT DE L'INSTINCT S'ÉLÈVE JUSQU’A LA SCIENCE

La Prophétie est une faculté naturelle commune % tous les êtres. — De la Prophétie chez les animaux; de la Prophétie chez l'homme. — L’Homme doit la prééminence à la conscience morale. — Que peut faire le monde d’un Prophète T Transition de l’Idée au Fait.— De la Mort et de la Prophétie. —On les craint et on les cherche. —L’a, b, c de la science prophétique.

Quoiqu’il soit peut-être donné à ma vue prophétique de s’élancer en avant, je n’ai voulu, jusqu’à présent, que certifier la faculté de vision des Poètes et des Prophètes antiques, de donner quelque créance à la mienne.

Ainsi, j’ai procédé selon la pure méthode rationnelle, n’avançant rien qui ne soit soutenu par l’exemple et étayé par la comparaison. Car, avant tout, ce qu’il fallait prouver, c’était :

S2t(i XV. — LA PROPHÉTIE PARTANT I)K LINST1NCT

— Que les idées ayant de tout temps dévaneé, préparé et enfin produit les faits, la Prophétie est une faculté naturelle de l’idée qui conçoit ce quelle fait.

A présent, comment allons-nous nommer cette faculté?

— Tout simplement Y Instinct (in stat, qui se tient dedans).

— Les animaux, qui ont plus d’instinct que nous, sont-ils donc Prophètes?

— Oui.

Dans la mesure de leurs besoins, ils le sont même avec plus de certitude que nous.

Ainsi :

Les fourmis, les abeilles et mille autres animaux prévoient les saisons, puisqu’ils font des provisions. Ils prévoient même les degrés du froid, comme les mulots, par exemple* qui enterrent toujours leurs provisions audessous de la couche de terre qui sera gelée par l’hiver futur;

Les pères et les mères des oiseaux prévoient qu’ils auront des petits, car ils font des

- . * Digilized by (j(

SÉLÈVB JUSyUA LA SCIENCE. 217

nids; et en cela aucun professeur du jardin des plantes, fût-il Cuvier, n’a jamais été et ne sera jamais leur maître.

L’Homme, appelé à d autres besoins que ceux des animaux, doit avoir une faculté de prévision correspondante à ces besoins. Si donc le besoin moral pousse l’Homme jusqu’à l’Infini, sa faculté prophétique doit s’étendre jusque-là.

Telle est la loi d’équilibre et de justice que Dieu n’a pu manquer d’avoir établie pour la satisfaction des besoins qu’il a imposés à toutes les créatures.

Nier que l’Homme puisse prévoir ce qui lui est nécessaire , ce serait le rendre inférieur à la bête, qui prévoit, elle, ce qui lui faut.

— Pourquoi l’Homme est-il donc si déchu aujourd’hui de cet instinct naturel?

— C’est qu’au lieu de le suivre purement et simplement comme l’animal, il raisonne sur lui.

— L’Homme a donc tort de raisonner?

— (lui, sur ce qui ne se raisonne pas.

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