‹ Les révolutions russesChapitre 23 sur 79 · IV. — L'Église russe · texte numérisé non relu

IV. — L'Église russe

10. Le peuple russe, converti par des missionnaires de Constantinople, avait adopté ta leligion et les usages de l'Église grecque; il était et est resté orthodoxe. Le clergé se divise en deux espèces : les moines, qu'on appelle le clergé noir, vivent dans les couvents et n'ont pas le droit de se marier; les prêtres (popes), célèbrent le culte et forment le cierge blanc, ils sont mariés; en pratique le mariage est presque obligatoire.

11. C'est leçlergé noir qui gouverne l'Eglise; c^ les évêques, devant, être célibataires, ne peuvent être choisis que parmi les moines. Les popes sont à peine au-dessus des paysans parmi lesquels ils vivent. Ils se sont préparés à être popes par un apprentissage, comme pour un métier manuel; ils n'ont appris qu'à chanter et à faire les cérémonies, à pein» savent-ils lire. Pendant longtemps il leur était même interdît de faire des sermons.

12. L'Église russe était indépendante de Constantinople,. elle^^vaitsa lillirgie à part, écrite en vieille langue slavohne: au xvie siècle, le tsar établit un patriarche chef de toute l'Église russe. Comme les livres liturgiques, fréquemment recopiés, s'étaient altérés pendant le moyen âge, le patriarche Nicon voulut en 1654 corriger les erreurs et les fautes des copistes et rétablir les textes et les cérémonies dans leur pureté. Bien

•qu'il fût soutenu par un concile de tous lés évêques, cette réforme ûi scandale. Les Russes étaient très attachés aux pratiquas extérieures; ils 4e sont encore, ils observent k carême très rigoureux de TÉglise grecque, cie mangeant ni viande ni œufs pendant quarante jours ; dans ciiaque maison il y a une image (ikône), devant laquelle on vient faire des prières et brûler des cierges.

13. Beaucoup de Russes s'obstinèrent dans leurs anciennes pratiques, refusèrent d'accepter les corrections du patriarche et cessèrent de fré- -qiienter les églises où Ton suivait le rite réformé. On les appelle les •dissidents {raskolniks); eux-mêmes se nomment les vieux-croyants. La différence entre eux et les orthodoxes ne porte que sur des usages extérieurs; les vieux croyants ne veulent faire le signe de la croix qa'ave^^^ •deux doigts au lieu de trois; ils prononcent Isous (Jésus), au lieu de ^ Iissou3, et pensent que c'est un péché mortel dé se raser la barbe ou de/ ;^ J fumer. Mais pour ces questions de formes, les raskolniks se laissaient persécuter, emprisonner et mettre à mort. Ils ont traversé deux siècles

de persécutions et sont très nombreux aujourd'hui, surtout parnrîi les pa3rsans libres du Nord et les marchands des villes.

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