‹ Les révolutions russesChapitre 26 sur 79 · VII. — Transformation de la noblesse russe · texte numérisé non relu

VII. — Transformation de la noblesse russe

30. Pierre n'a pas diminué le pouvoir .dimsarjil Ta fortifié en lui / donnant les instruments de gouvernement inconnus à la vieille Russie, r iTne année et une admiuliifration réguTières. Sans tenir aucun compte des habitudes du peuple russe, il a transporté dans son empire les institutions des peuples occidentaux, dont il ne s'est même pas donné la peine de changer les noms. — Il a organisé son armée sur le modèle allemand avec des feld-maréchaux et des généraux. Les soldats étaient Tevêtus d'un uniforme à l'européenne, armés comme les troupes d'Europe et divisés en fantassins et en dragons (les Cosaques* seuls ont ^ardé leur costume national et la vieille façon de combattre). — Il a créé une flotte sur le modèle hollandais, en forçant au service de matelots les Russes qui avaient horreur de la mer. — Il a créé une administration •copiée sur les administrations suédoises, un Sénat de neuf membres et des collèges pour le gouvernement ; des juges, des gouverneurs pour l'administratiori et pour la police, une chancellerie secrète. Dans, ces <:ollèges le président était un Russe, les vice-présidents des étrangers.

31. Pour organiser cette administration, Pierre a bouleversé la noblesse russ e : il a aboli le titre de boïar efcréé le tableau des rangs. Toutes les fonctions ciViles ont été assimilées à un grade de l'armée. (Il y a quelques années, un professeur d'Université qui faisait un voyage •en Sibérie, passant par des postes militaires commandés par des officiers subalternes, voyait souvent le chef du poste venir lui remettre le commandement comme à un supérieur; son titre de professeur faisait de lui un commandant.) Il y a ainsi quatorze degrés, chacun correspond à un grade ; le chancelier dans le service civil est au premier degré, au niveau du feld-maréchal dans l'armée ; le registrateur de collège est au •dernier degré, au niveau de l'enseigne. On avance d'un degré à l'autre, dans le service civil comme dans l'armée. La société russe est un régiment où chacun est rangé suivant son grade. L'élève qui sort du collège et qui entre à l'Université est déjà enrégimenté, il est au quatorzième

^ degré.

32. L'ensemble des hommes pourvus d'un g^ade s'appelle tchine. Il ' n'y a plus en Russie d'autre nobie'ssé. Tout fonctionnaire est noble, .parce qu'il est au service du tsar, et tout noble doit entrer dans les fonctions ; Pierre a même établi que toute tamille qui n'aurait pas pris de service pendant deux générations cesserait d'être noble. Quand on 'veut honorer un marchand enrichi, un savant, un écrivain, un médecin,

on lui donne un titre de fonction (candidat, conseiller de commerce), qui lui assure un rang da^s le tçhine et le met au rang d*un major ou d'un colonel.

33. La noblesse russe es t devenue en tièrem ent une noblesse dejo nctions . Elle se transmettait autrefois aux enfants à tous les degrés du tchine ; aujourd'hui les grades inférieurs ne donnent plus qu'une noblesse personnelle.

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