‹ Les révolutions russesChapitre 28 sur 79 · IX. — Le gouvernement de la Russie au XVIIIe siècle · texte numérisé non relu

IX. — Le gouvernement de la Russie au XVIIIe siècle

35. Pierre le Grand avait imposé au peu£le l'.H.sse la civiHsatioiX-fitJjes y institutions deTKûropè. tn^mëmé~temps il ayaitfait.de la Russ.ie une

grande puissance milîtaTre et maritime. H avait détruit l'armée du roi de Suède et conquis toutes les provinces de la Baltique ; il avait commencé la guerre contre le Sultan pour conquérir les provinces de la mer Noire. 11 avait profité de l'invasion des Suédois pour envahir la Pologne et, sous prétexte de la défendre, il avait fait imposer au roi (17 17) par les nobles Polonais une loi qui lui interdisait d'avoir une armée de plus de 18.000 hommes. ,

; 36. 11 laissait à sa jnnort.( 17.05) le peupl£ russe mécontent, ruiné par les impôts nouveaux, décimé par les guerres et les corvées. Mais il avait réussi à transformer l'ancienne Moscovie barbare et demi-asiatique en un grand empire européen. Cette métamorphose qui semblait devoir exiger un siècle, Pierre l'avait opérée en une génération .

37. Cette œuvre hâtive était incomplète et peu solide ; les sentiments

des Russes n'étaient pas changés, et il aurait suffit de la volonté d'un tsar pour détruire ce que la volonté de Pierre avait créé. On put croire un moment que ce tsar était venu. Le petit-fils de Pierre le Grand, Pierre II, revint à Moscou, où il se mit, comme les anciens tsars, à chasser et à boire; les conseils cessèrent de fonctionner, on faillit même abandonner les provinces baltiques. Mais après sa mort, le pouvoir passa successivement à trois femmes, qui vinrent s'établira Pétersbourg et qui laissèrent gouverner leurs favoris. L'œuvre de Pierre le Grand fut sauvée par la cour de Pétersbourg et les fonctionnaires étrangers, Munich, Biron, Ostermann, Lestocq. Elle fut définitivement consolidée par une Allemande, Catherine, venue en Russie comme femme du tsar Pierre III, qui se débarrassa de son mari et se fit couronner tsarine.

38. Les Russes travaillent encore aujourd'hui à fondre en une seule ces deux nations superposées.

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