XIII. — Le gouvernement d'Alexandre I^r
65. Alexandre 1er, élevé par un Vaudois, Laharpe, imbu de doctrines libérales et humanitaires, avait essayé de mettre de l'ordre dans le gouvernement central, en réglant le travail des ministres (i) ; ils devaient se réunir en Comité pour décider ensemble les affaires courantes, mais il ne se forma pas de ministère, et la direction générale de la politique continua à dépendre des influences personnelles qui s'exerçaient sur le tsar. L'ancien Sénat de Pierre le Grand fut réduit aux fonctions de cour de justice. Le Conseil d'État créé en i8io ne fut qu'une assemblée consultative, chargée de donner son avis sur les projets de
lois.
66. Alexandre 1er, suivant les conseils de Speranski, fils de pope,
(i) En i8o2 on en avait créé 8 : guerre, marine, affaires étrangères, finances, commerce, justice, instruction, intérieur. On ajouta en i8ii: police, chemins et canaux, cultes étrangers, contrôle. Après divers remaniements, il y avait, en 1896, 12 ministres, en comptant le Procureur du Saint-Synode.
fonctionnaire de carrière, partisan de réformes à l'européenne, avait essayé d'émanciper les serfs, d'organiser renseignement, de codifier les lois, de réorganiser les finances; ces réformes n'aboutirent qu'en partie. Après sa rupture avec la France (1811), il tomba sous l'influence du parti patriote anti-français, orthodoxe et absolutiste, et de son aide de camp AraAchéieff. Après i8i5, circonvenu par Metternich qui lui repréi,entait les dangers de la Révolution, il renonça à toute réforme et laissa le personnel du gouvernement reprendre les allures du xviii© siècle* La vie politique russe se retira dans les sociétés secrètes et les loges de francs-maçons, qui se recrutaient surtout parrtii les hauts fonctionnaires et les officiers.
67. Alexandre resta tsar autocrate dans son. empire de Russie, mais \ il voulut être souverain libéral dans ses nouveaux États européens.