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XV. — Le soulèvement de décembre

77. Alexandre, devenu à la fin de sa vie un tsar absolutiste, mourut sans laisser de fils. Son héritier le plus proche, son frère Constantin, avait d'avance renoncé à la couronne, préférant rester vice-roi de Pologne (il avait épousé une Polonaise). Le frère cadet, Nicolas, resté en Russie, était désigné comme successeur; mais, à la mort d'Alexandre, il commença par reconnaître Constantin et faire prêter serment à son nom, et il attendit une renonciation nouvelle avant de se faire proclamer tsar.

78. Les mécontents^^^US§ie^essayèrent de profiter de cet interrègne pour faire uneVé^oI ution Jibérale. 11 y'avaîï aîomroîr^dciëtés secrètes russes, imitées des sociétés d'Europe, surtout des carbonari; elles se recrutaient, comme en Espagne et en Italie, dans la partie la plus active alors de la population, parmi les officiers. Leurs idées politiques étaient confuses : elles désiraient introduire en Russie les institution"5 de l'Occident civilisé, mais il semble qu'elles différaient sur le modèle à suivre; la Société du Nord, établie à Pétersbourg, désirait une monarchie constitutionnelle ; la Société du Midif recrutée dans les garnisons de la Petite-Russie, préférait la République; les Slaves unis inclinaient pour la fédération. Les chefs avaient concerté un soulèvement militaire pour le ler janvier 1826. La mort d'Alexandre les décida à l'avancer de quelques jours ; les officiers conjurés en profitèrent pour entraîner les soldats en leur faisant croire que le vrai tsar était Constantin. Deux régiments, \ à Pétersbourg, se soulevèrent au cri de « Vive Constantin et la Consti- 1 tution l » (Pour les soldats cette Constitution était la femme de!i Constantin.) Après un moment de surprise, le soulèvement fut réprimé,

les soldats révoltés se dénoncèrent eux-mêmes. — Dans le Midi Icç conjurés furent arrêtés avant d'avoir agi (décembre i825).

79. Le soulèvement des décabrisîes (décembre) se termina par un énorme procès: il y eut 32 1 accusés, presque tous nobles, 5 condamnés à mort. L'exécution dramatique de Pestel et de Riléief fut un événement célèbre dans toute TEurope. Cette révolte fil une impression profonde sur le nouveau tsar Nicolas, et le confirma dans son aversion pour le libéralisme européen. Pour surveiller les suspects, on créa sous le nom de troisième section de la chancellerie un ministère de la police politique (1826).

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