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VII. — Vie publique : les personnages du village

26. Le mir a des employés rétribués, qui jouissent en outre du privilège de ne pas être fouettés comme les autres paysans. Presque toute commune entretient un gardien des bois ou des prairijs, un be:ger, un

surveillant des magasins publics. Ceux-là n'ont pas d'autorité, ils obéissent aux autres.

27. Les autres ont de l'autorité, mais des responsabilités, à cause des exigences croissantes du gouvernement. Aussi arrive-t-il souvent que dans le mir, on se dispute à qui n'exercera pas certaines fonctions, par exemple les fonctions de collecteur d'impôt, ou de garde-champêtre (centenser, sotskié), parce qu'on ne veut pas se fâcher avec tout le monde.

28. On recherche même de moins en moins les fonctions de maire. Le maire du village s'appelle en réalité l'ancien, ou le vieux (starosta). Le mir le nomme pour trois ans. Il a pour insignes une chaîne de cou et une médaille de bronze. Il veille aux chemins, aux écoles, aux malades ; il est l'homme d'affaires et souvent le chef de culture du village. Il commande au garde-champétre et peut infliger des amendes, un ou deux jours d'arrêts ou de corvée. Il ne doit rien faire d'important sans consulter les chefs de famille et leur rendre compte.

29. Aucun personnage n'a plus d'influence réelle que l'écrivain public ou greffier (pisar). Il rédige les documents judiciaires en jargon juridique. Il connaît donc les affaires des paysans beaucoup 'mieux qu'eux, car les paysans ne comprennent pas ce qu'il écrit pour eux. Il exerce de la sorte le pouvoir occulte d'un homme qui sait le secret des autres. Les maires ont peur de lui. Il se considère comme plus civilisé que les paysans, et s'habille à l'allemande au lieu de porter Varmiak ou chemise rouge des simples moujiks.

30. Le tenancier du kabak (cabaret) partage de plus en plus l'influence du greffier. Il connaît les histoires du village par les gens qui viennent boire, surtout quand ils ont bu, et il les a dans la main parce qu'ils lui doivent de l'argent. Il est le plus dangereux des koulaky ou mangeurs du mir {miroiédy), gens qui endettent les paysans et en profitent pour les ruiner et les gouverner.

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