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VIII. — Les agents du gouvernement

31. Les paysans ont affaire continuellement, et de plus en plus, avec des autorités qui dépendent de la bureaucratie tsarienne.

32. Les petites communes rurales forment des groupes appelés bailliages ou volosts. Le volost, comme le mir, a une assemblée et un maire. L'assemblée se compose de tous les fonctionnaires élus (maires et autres), plus de délégués choisis par tous les mirs à raison d'un par dix feux (dpor). Cette assemblée choisit les fonctionnaires du bailliage, et fait toutes les opérations ou travaux qui dépassent les forces d'une seule commune. Le chef exécutif du bailliage, le bailli ou starchina, a les mêmes attributions dans la grande circonscription que le starosta dans la petite. Mais il a, pour l'assister et le contrôler, un conseil

nommé administration de volost (uolostnoé oupravlénié) afli comprend le maire et le collecteur d'impôts de chaque village.

33. Le starchine devient de plus en plus un, bureaucrate soumis à la police du tsar, au lieu de rester un homme de ccviihance; des paysans. Les circonscriptions des volosts sont trop granaes, et le starchme n'a pas le temps de tout faire par lui-même, ni de connaître tôjat,le^onr.e Il en résulte que les électeurs ne peuvent pas le surveiher et le noninient sans savoir pourquoi, sous l'influence de la police. En outre, des lois ont donné le droit à Visprapniky chef de la police du district, de commander aux starchines.

34. V ispravnik a remplacé, en 1874, comme contrôleur des villages et bailliages, des personnages nommés médiateurs de la paix (miropie posredniki), et qui avaient' pour mission principale de trancher les difficultés du partage des terres après l'émancipation. Mais un oukase du 12 juillet 1889 a créé un nouveau fonctionnaire chargé de surveiller et tracasser les paysans. L'ispravnik commandé la police d'un district, qui comprend plusieurs cantons. Chaque canton a désormais un chef de canton, natchalnik, choisi par le gouverneur de la province, parmi les nobles et d'accord avec le maréchal de la noblesse. Ils ont le droit de révoquer les maires et les baillis, de les punir, de les mettre aux arrêts pendant une semaine, de s'opposer à rexéculion de toutes les délibérations, de trancher toutes les contestations électorales. Enfin toutes les difficultés administratives regardent un tribunal (sie\d) qui comprend tous les natchalniki du canton, le chef de la police du district, et le président de la commission executive du zemstvo.

35. Le chef de la police a sous ses ordres les gendarmes ruraux, ouriadniki, créés en 1878, qui terrorisent les campagnes et qu'on appelle voleurs de poules. L'un d'eux, en 1904, dans le gouvernement d'Ekaterinoslav, rencontra deux paysans, leur ordonna de parler plus bas, et sous prétexte qu'ils n'obéissaient pas assez vite, donna à l'un d'eux un grand coup de sabre en pleine figure.

36. Pour juger. les petits procès d'après la coutume, les paysans ont dans chaque volost ou bailliage un tribunal de quatre juges, qui peut donner quelques jours de, prison et condamner au fouet. Autrefois ces juges étaient élus par l'assemblée du baiilage. Depuis 1889, le gouvernement le choisit lui-même parmi huit candidats élus.

37. Le pope ne fait pas partie dé l'administration proprement dite; il représente pourtant l'Église officielle qui a le tsar pour chef. Les paysans méprisent leurs prêtres, les accusent d'ivrognerie, de filouterie, d'irréligion, mais ne peuvent pas encore se passer de leurs services pour les cérémonies. Ces prêtres ont des femmes approuvées par leurs évèques, et choisies presque toujours parmi les veuves ou les filles des ecclésiastiques défunts: en sorte qu'ils épousent la place plutôt que la femme. 38. Les paysans participent au fonctionnement des zemstvos, assem-

blées chargées de délibérer sur certaines matières provinciales. Ces zemstvos se composent de délégués de la noblesse, des propriétaires des villes, et enfin des paysans. Chaque conseil de volost ou bailliage noôfvïnle un déLe^iî'çt-tojis les délégués du district nomment un menfibre paysan du*zêmstvo*. C'^utres règles c<jncerncnt la nomination des /•nrt^lrf^r^. iKSur: fes yillfiS,^ Iji noblesse, la propriété individuelle. Et ces * règles' créent une Inégalité au détriment du paysan. Par exemple, dans le district d*Elctz, les paysans ont douze délégués, la noblesse et les marchands en ont vingt-huit ; chaque délégué paysan représente 22.000 hectares, chaque délégué noble en représente 5. 600. Dans le district de Voronèje, les paysans possèdent les deux tiers de la terre arable, mais n'ont pas la moitié du nombre total des délégués.

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