IV. Restriotions jlu libre choix des professions
17. "La politique du tsarisme est dç fermer aux Juifs, entassés dans Le plus petit espace possible — le plus de professions po?sible. Il faut, suivant le mot d'un écrivain russe, M. Boborykine, « que le Juif cuise dans son jus >.
18. J'expliquerai tout à l'heure comment on interdit aux Juifs l'agriculture. Un Juif ne peut se faire avocat ou avoué sans payer au ministre de la Justice-un pot-de-vin énorme. Ils ne peuvent pas travailler comme employés de l'Etat, ce qui les exclut de tous les chemins de fer, des fabriques de tabac, du commerce des boissons, de la banque rurale, de l'exploitation des forêts, des postes et télégraphes, de l'administration des finances, de la justice, de l'instruction publique, du notariat, de la médecine militaire. Ils peuvent exercer la médecine et la pharmacie, mais à titre personnel, et non comme fonctionnaires de l'Etat ou des villes. Comme d'autre part une grande partie des usines russes se trouvent à la campagne, on voit que les Juifs doivent se rejeter forcément sur un petit nombre de commerces et d'industries des villes.
19. La population masculine juive au-^dessus de quatorze ans se répartit ainsi :
Manœuvres 85 .ooo
Ouvriers de la grande industrie 25 :oeo
Agriculteurs «i .000
Artisans. , 4a6.oeo
Industriels, financiers , 3 .ooo
Professions libérales (diplômés de rUnivçr^tê, instituteurs religieux juitç. 35.000
Marchands, intermédiaires, gens de professions indéterminées 530.000
Tot^l .».. î iivoQo
EO. Les artisans juifs travaillent surtout dans la confection, la eordon^ nerie, la menuiserie, la tannerie, la reliure. Des statistiques très soignées,
publiées par la Société de colanisation juive, montrent que strr trois Juifs russes, il y a au moins un otïvrier.
21. Très peu de Juifs, 60.000 au plus, travaillent dans la grande industrie, parce que d'abord la plupart des établissements industriels se trouvent hors du territoire juif, ou du moins hors de ses villes; — et aussi parce que presque tous les Juifs russes pratiquent scrupulettsement leur religion, et par suite chôment le samedi, et mangent autre dhose que ce qu'on donne aux ouvriers dans les usines au repas de midi.