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l8o LES RHAPSODIES PASSIONNÉES

January.

ous irons, si Tu veux, passer Janvier au Caire. Là, dans le désert roux, baigné de rayons d'or, Le long du fleuve jaune où l'on croit voir encor, A travers les roseaux qui garnissent les berges, La fille de Rhamsès guider son chœur de vierges. Au pied du Sphinx pensif et doux, dont l'œil géant Garde à jamais l'horreur d'avoir vu le néant De toutes les grandeurs humaines et divines, A l'ombre des palmiers qui du sein des ruines Portent dans l'azur clair leurs chapiteaux touffus. Sur le sable jonché de stèles et de fûts. Sous les portiques lourds ou dans le granit rose, Les prêtres et les rois sont assis dans la pose

Qu'ils choisirent un soir, voilà quatre mille ans, Nous marcherons à deux, graves, à pas très lents. Nous parlerons tout bas de ces choses éteintes. Et Tes pieds adorés laisseront leurs empreintes Sur ce sable qui fut, — alors moins radieux! — Poussière d'Empereurs et poussière de Dieux!

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