‹ Les Rhinites ChroniquesChapitre 10 sur 51 · SES · texte numérisé non relu

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et UE ETS

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et entretient un grand nombre de ces formes chroniques. La cause première doit en être recherchée :

1° Dans le tube digestif avec l’atonie gastro-intestinale, la constipation habituelle ;

2° Dans l’appareil génital avec les vaginites, métrites et prostatites chroniques ; .,

3° Dans une déficience cardiaque, lésion mitrale, sclérose du myocarde ;

4° Dans l'insuffisance rénale, albuminurie, oligurie, brightisme (1).

Indépendamment de ces causes, certains individus sont indéniablement prédisposés au coryza chronique — prédisposition le plus souvent sous la dépendance de l’état général. On devra considérer ainsi la scrofule dans la seconde enfance, l’arthritisme, et la goutte chez l’adulte, l’anémie chez les femmes, prepant le plus souvent son origine dans une lésion génitale ignorée ou dissimulée, le diabète et le brightisme qui provoque un catarrhe AYREÉQUAUE à type spécial (GAREL).

RHINITE HYPERTROPHIQUE.

Bien que nettement séparée des rhinites chroniques, la rhinite hypertrophique est plus ou moins implicitement reconnue comme d’une étiologie commune avec le coryza chronique ; certains voient même là la cause la plus fréquente de l'affection.

Deux phases y sont alors distinguées. Tout d’abord

() Voir l’observation de JacquET précédemment citée et P. Cor- NET, Coryzas brightiques, Paris, Annales O. R. L., 1909.

ne

une hyperémie caractérisée, par une ectasie vasculaire très marquée, surtout à la hauteur du cornet inférieur. Ce n’est d’ailleurs qu’une période formant prélude aux lésions définitives qui sont trouvées plus tardivement dans la seconde phase. Dans celle-ci la pituitaire est le siège de lésions manifestes, telles qu'hyperplasie de l'élément conjonctivo-vasculaire sous-muqueux avec hypertrophie glandulaire et dégénérescence myxomateuse de la muqueuse. En réalité, il s’agit d’un adéno-myxome angiomateux. Cette hkypertrophie peut être diffuse ou circonscrite, atteignant alors la tête et la queue du cornet inférieur et se rapprochant beaucoup du tissu myxomateux. Ces derniers cas marquent une transition entre la rhinite hypertrophique vraie et les polypes muqueux des fosses nasales.

RHINITES VASO-MOTRICES

Dans les rhinites vaso-motrices, deux catégories de causes doivent être envisagées :

— Les causes prédisposantes,

— Les causes déterminantes.

Pour les premières, le neuro-arthritisme semble jouer un rôle prépondérant comme diathèse des fluxions organiques et des poussées congestives auxquelles la structure de la pituitaire l’expose particulièrement. De même les névropathies et les lésions vasculaires, telles que l’artério-sclérose, favorisent la stase sanguine. D’autre part, certaines affections nasales : coryzas* chroniques, rhinites hypertro-

: eg.

phiques, dégénérescence myxomateuse, épaississement du septum sont particulièrement prédisposantes. Dans les causes occasionnelles, on trouve en première ligne l’action du froid sur la muqueuse nasale où sur un point quelconque du corps, les variations brusques de température, le séjour dans une atmosphère surchauffée. Le contact avec ‘la muqueuse de particules irritantes, vapeurs ou poussières, l’action brutale de; la lumière vive sur le nerf optique sont encore à signaler. Enfin, les sujets atteints de gastropathie ou d’affection gastro-intestinale, les femmes en période cataméniale ou présentant des troubles utéro-ovariens, les hystérectomisées, les malades en traitement ioduré ou bromuré sont particulièrement sensibles. |

Coryza spasmodique

Pour le coryza spasmodique, il semble que ce soit

une maladie de l’adulte et de l’âge mûr, on le cons-

tate rarement chez le vieillard. Le; sexe : les statistiques donnent trois hommes atteints pour une femme ; la race : les Anglo-Saxons y sont particulièrement sensibles, paraissent jouer un rôle. Là encore, les diathèses créent une susceptibilité toute spéciale :

« Une sorte d’état idio-syncrasique favorisant le développement de la rhino-bronchite, annuelle (1) ».

Elle apparaît, en effet, comme une manifestation du neuro-arthritisme à l'instar de la goutte et des

(CORV MENIER. — Traitement des maladies du nez, Paris, Maloine, 1906.

affections lithiasiques. Ces diverses maladies s’associent d’ailleurs de mille façons, se succédant, s’alternant, et constituant de véritables équivalents pathologiques. L’asthme des foins est donc maladie autonome en même temps que signe très net d’un certain type morbide de la nutrition. C’est pourquoi ce mal est particulièrement observé dans les classes aisées, à vie sédentaire et à nutrition ralentie, et c’est encore ce qui peut en expliquer le caractère héréditaire. Cependant, l’action sur la muqueuse des particules solides ou des vapeurs irritantes apparaît encore ici. Tout spécialement, l’influence du pollen de certaines plantes a été incontestablement déterminé, et la théorie pollinique de BLACKELEY est celle qui a réuni le plus de suffrages. De nombreuses observations et expériences faites avec le pollen de différentes familles de plantes par BLACKELEY, MORELL, MACKEN- ZI et de nombreux autres auteurs permettent d'expliquer ainsi l’apparition régulière des crises à certaines époques fixes de l’année. Malgré ces expériences, un fait est cependant indiscutable, c’est la susceptibilité toute spéciale de certaines muqueuses nasales vis-à-vis d’un certain nombre d’agents extérieurs, créant une hyperesthésie individuelle, souvent provoquée et exaltée par une lésion endo-nasale, telle que hypertrophie des cornets, dégénérescence myxomateuse de la muqueuse, épaississement du septum, etc. De là, vient la théorie de HACK, l’origine endogène de la rhino-bronchite annuelle n'étant qu'un syndrome réflexe à point de départ résidant entièrement dans une lésion de la pituitaire. On ne

constate pas de démarcation nette entre « Hay

fever» et « Coryza spasmodique », la seule diffé-

rence étant l’apparition à époque fixe de la première forme.

La sensibilité de ces malades est extrême et la moindre variation suffit à déclancher l'accès. Ainsi, le passage du soleil à l’ombre, le vent du midi qui augmente la violence de la crise tandis que la pluie l’arrête, l’influence néfaste de la campagne pour certains, tandis que l'altitude provoque une action salutaire, le bord de la mer qui est bienfaisant chez les uns provoque une crise chez d’autres. Le nombre des exemples en est infini. Enfin, selon TissiEr et GAREL, l’atteinte de la pituitaire doit être considérée comme première et l'atteinte des muqueuses conjonctivales et bronchiques comme secondaire.

RHINO-HYDRORRHÉE.

Dans cette forme, la pathogénie semble des plus

obscure et les théories sont nombreuses.

Pour LERMOYEZ. là encore le rôle des diathèses est prédominant ; il en donne pour exemple la classe aisée, dans laquelle presque: tous les individus sont ou ont des antécédents arthritiques et qui presqué seule est atteinte. Une autre preuve en est l’existence des métastases, - alternance d'hydrorrhée, de migraine, d’asthme, de diarrhée, de toux nerveuse à des époques plus ou moins rapprochées. Il ne minimise pas le rôle des lésions nasales, mais elles ne sont qu’inconstantes et secondaires. Elles sont d’abord

reg

inconstantes, ainsi la dégénérescence polypoide de la muqueuse, ordinairement limitée au méat moyen ; la macération de la muqueuse par imbibition, qui prend un aspect plissé et blanchâtre ; les déviations crêtes et éperons de cloison qui représentent des zones particulières d’hypersensibilité. Et l’auteur fait remarquer que bien des nez présentent ces lésions sans pour cela être hydrorrhéiques ; les statistiques de MoLiNiE et de JoaL sont très démonstraïtives à ce sujet (1). Les lésions nasales sont d’autre part secondaires et l’on est bien obligé d’en convenir quand elles disparaissent avec la cessation de l’hydrorrhée, la muqueuse reprend son aspect normal, les zones hyperesthésiques disparaissent et quelquefois même la dégénérescence polypoïde. ;

Quant à l’explication de ces phénomènes, il rejette les théories de CHATELLIER pour lequel il s’agit d’une extravasation lymphatique par les canalicules perforants de la membrane basale ; de BoswortTx et MAc- KENZIE qui invoquent une paralysie de la cinquième paire ou du sympathique cervical dont l’action est modératrice sur la sécrétion nasale ; de MOLINIE qui admet l’hypothèse d’une exosmose séreuse liée à une hypertension vasculaire provoquée elle-même par une paralysie des vaso-constricteurs dépendante d’une lésion du ganglion de Meckel ôu des nerfs qui en émanent. Il admet, au contraire, comme vraisem-

(1) MoziniEe. — 42 cas de R. spasmodiques : 15 fosses nasales normales ; JOAL. — 127 cas de R. spasmodiques : 65 fois seulement des cornets hypertrophiques.

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