ETIOLOGIE ET PHYSIO-PATHOLOGIE
Nous allons maintenant envisager successivement les différentes théories étiologiques et physio-pathologiques, telles qu’on les concevait dans cette période pour chacune des différentes formes de rhinites.
Coryza chronique simple
Selon LERMOYEZ : « La fréquence du coryza chronique dérive de la multiplicité de ses causes, et c’est de leur étude que doit dériver une thérapeutique rationnelle ». |
Ce sera tout d’abord la répétition des coryzas aigus, chacun laissant un reliquat, et de la sommation de ces reliquats dérive le coryza chronique. Souvent, cependant, la chronicité se présente d’emblée, et résulte alors des causes locales auxquelles viennent s’adjoindre une prédisposition d'ordre général. Et
là, un fait remarquable, c’est le rôle très effacé des
microbes qu'aucune recherche n’a encore permis de trouver dans l’épaisseur de la muqueuse ; leur présence semblant uniquement saprophyte. Mais, en réalité, c’est l’exagération des réactions physiologiques de la pituitaire qui, poussée au-delà de ses forces, provoque le coryza.
« Chauffer, hydrater, purifier l’air inspiré, est le
Se à: JB cu
rôle du nez ! A le remplir d’une façon trop intense il se surmène et tombe malade. »
Ainsi le rôle du refroidissement chronique est devenu banal ; un exemple en est fourni par les blanchisseuses, les mariniers et tous les gens dont le métier prête au refroidissement. Le vent salé de la mer, les variations hygrométriques de même jouent leur rôle, et à New-York où l’hygrométrie atmosphérique est susceptible de variations étendues, le mal est endémique. Les poussières atmosphériques ont aussi leur importance, le coryza règne sur toutes les: villes enfumées et les régions industrielles.
Les rhinites professionnelles sont d’une même étiologie, ainsi pour les ouvriers : décapeurs, chaufourniers, cimentiers, soudeurs, doreurs, typographes, menuisiers, pour les employés de certaines industries chimiques, etc...
En dehors de ces, causes premières, il existe. un certain nombre de conditions prédisposantes ne jouant plus qu’un rôle secondaire. Ainsi l’âge et le sexe, l’homme étant plus souvent atteint que la femme, l'enfant et le vieillard que l’adulte, l'hygiène dont la part est très importante, les intoxications telles que : l’alcoolisme, le tabagisme, le saturnisme, l’hydrargisme, favorisent l'apparition de ces coryzas.
De même : l’habitude des boissons exagérément
chaudes, l’abus du sel dans les aliments -— comme le signale JACQUET (1) — qui veut même faire de (1) JAGQUET. — Traitement du coryza chronique par l’hypo-
chloruration, Paris, Annales O. R. L., mars 1904.
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lhypochloruration un traitement du coryza chronique ; la constriction de l’abdomen par des ceintures ou des corsets selon SCHMIDT ; la mauvaise aération des locaux et les atmosphères renfermées.
Les lésions nasales préexistantes peuvent soit favoriser localement, soit même provoquer l'affection. En effet, une déviation de cloison provoque une sténose des fosses nasales qui gêne l’expulsion des mucosités, amène la stagnation et entretient ainsi un cercle vicieux. D’autre part, l’aspiration thoracique se heurtant à ce rétrécissement crée un vide dans la partie postérieure du couloir nasal, ce vide ne peut être comblé par l'apport de l’air inspiré, il fait alors ventouse sur toute l'arrière fosse et particulièrement sur les queues de cornet qui se tuméfient. L’étroitesse congénitale des fosses nasales, disposition souvent héréditaire, produit le même effet.
Chez l'enfant, si un coryza unilatéral doit faire penser à la présence d’un corps étranger intra-nasal, les formes bilatérales permettent de suspecter la présence de végétations adénoïdes. Chez l’adulte, bien souvent, les insuccès du traitement s'expliquent par le seul fait que l'infection est entretenue par quelque suppuration sinusale méconnue, dont fréquemment l’origine est ethmoïdale. Il-est évident que dans tous les cas la thérapeutique doit en premier lieu traiter la cause sous peine d'échec complet.
Les lésions d’ordre général sont encore à rechercher et à étudier avec le plus grand soin. La stase sanguine à la hauteur de la muqueuse nasale cause
bin. 1 fs