LES TRAVAUX DE WIDAL ET DE SON ÉCOLE
Avant de passer à l'étude de l’époque actuelle, il nous faut dire un mot des travaux de Wipaz et de, son école et particulièrement de la thèse de son élève Jacques LERMOYEZ.
En étudiant l’anaphylaxie, WipaL s’intéressa à sa conception physique si bien qu’en 1913, avec ABRAMI et BRISSAUD, il met en évidence dans l’hémoglobinurie paroxystique a frigore en premier lieu, puis dans l’urticaire avec JoLrRaIN et dans l'asthme avec M. Ler- MOYEZ et JOLTRAIN, des modifications sanguines profondes et transitoires ; c’est la découverte de la crise hémoclasique initiale. Cette crise précède les accidents cliniques et est même terminée quand ces detniers apparaissent. Les éléments en sont une leucopénie brusque, une chute de la pression artérielle, une hypercoagulabilité sanguine, une raréfaction des hématoblastes avec irrétractilité et redissolution du caillot, une baisse de l’indice réfractométrique du sérum et enfin la rutilance du sang. Mais tous ces éléments ne sont pas indispensables et dans la pratique courante il suffit de la’ tension artérielle, de la for-
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mule leucocytaire et surtout de la leucopénie pour suivre l’évolution de la maladie. $
Cette découverte permit de reconnaître l’équivalence clinique de ces différentes affections auxquelles s’ajouta bientôt la rhinite vaso-motrice.
Cependant, jusqu’en 1922 l'identité de nature entre les coryzas vasomoteurs périodiques et apériodiques était loin d’être admise et si quelques-uns, tels que GAREL et MOLINIE, l’affirmaient, le plus grand nombre était d’un avis contraire. C’est ce qui fait l’importance de la thèse de Jacques LERMOYEZ où il prouva cette identité en démontrant l’existence du choc hémoclasique dans les coryzas apériodiques. Il prouva ainsi que ces deux formes de coryza sont des phéncmènes de choc, au même titre que l’anaphylaxie, s'apparentant étroitement à l’asthme: et à ses équivalents dans lesquels on devait même les faire entrer.
Après une très belle étude de la symptomatologie de ces coryzas auxquels il refuse l’appellation de rhinite, l’élément infectieux n’y existant sous aucune forme, Jacques LERMOYEZ traite de la cuti-réaction qui, découverte par hasard bien avant cette époque, n'était encore qu’une curiosité à laquelle on n’attachait pas une grande importance. Ce phénomène lui semble au contraire d’un intérêt primordial et il en fait l’élément principal de la recherche des ailergènes en cause, sans la connaissance desquels la thérapeutique anticlasique, qu’il préconise comme la seule réellement judicieuse, est impossible. Après une
brève étude du coryza périodique où le seul allergèhe
en cause est le pollen des graminées, il se sert d’obser-