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thèses et de l’arthritisme », nous disons actuellement le rôle du système nerveux végétatif, des endocrines, de l'équilibre ionique, mais la terminologie seule à changé, le fond est le même, qui nous semble surtout exister dans les rhinites allergiques. Mais l’allergie, quelle en est donc la part ? Il nous semble bien actuellement que son rôle est beaucoup'‘plüs étendu que ne le croyait nos prédécesseurs. Ce n’est, en effet, pas une raison parce que l’allergène sensibilisant n’est pas découvert qu’il faille repousser l’idée de son existence, et il paraît probable qu’à l’origine du plus grand nombre de coryzas trainants, rebelles à tout traitement pendant des années et des années, il soit nécessaire de donner une part à l’allergie. Ces coryzas sont purulents, nous dira-t-on, cela est vrai et rien n'empêche une infection secondaire de s'établir sur un terrain allergique, même de développer et d’exacerber cette allergie. :
Un autre point de vue est encore à considérer, c’est que rien ne s'oppose à ce que le microbe soit luimême l’allergène, ce qui permet d’expliquer la remarque faite par LERMOYEZ : 6
— Que l’on ne trouve jamais de corps microbien dans l’épaisseur de la muqueuse. Cette remarque ne doit d’ailleurs pas être aussi absolue, car des microbes ont été retrouvés dans la pituitaire, mais siégeant le plus souvent dans la membrane basale.
Pour nous, il est fort probable que ces formes de coryzas chroniques muco-purulentes ne sont que des fornres mixtes, l'allergie étant primitive et une infection secondaire s’étant développée sur un terrain
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favorable en tout point. Car si le rôle des malfor- Fr mations locales se conçoit aisément dans le cas des infections aiguës et chroniques, il se conçoit tout aussi bien pour l’allergie. En effet, ces malformations, causes de rétrécissement, sont aussi le siège de zones ;
hyperesthésiques, comme on l'avait déjà remarqué PAU Le l’époque précédente ; elles apportent donc un point ñ: de départ et une aide à l’allergie, tout en en étant 3 partie intégrante. L’allergie étant ün phénomène | essentiellement général, ce sont ces zones d’hypersensibilité qui créent et qui forment ce que l’on a réellement le droit d'appeler « allergie nasale ». Ce EE sont ces zones, véritables plaques réceptrices de l’ex- Lu citation allergique, qui provoquent l’excitation des centres,-de même que ce sont très certainement ces malformations qui créent et forment la prédisposition locale amenant la réaction à se faire dans la fosse nasale. Il est logique d’admettre que l’excitation 7 partant de la muqueuse nasale, la réponse des centres à y aboutisse, parce que là les lésions sont prédomi-
-nantes, là est le point de moindre résistance. Quelle
que soit d’ailleurs la porte d’entrée de l’allergène, son
effet se fera sentir là où est la brèche dans la défense. HA En cas d’allergie nasale, la brèche ce sera la mu- >
queuse nasale dont les malformations locales auront formé et entretenu la moindre résistance et formeront | ainsi le point faible.
Plusieurs arguments appuient cette thèse. Nous ‘Ja trouvons ie premier dans l’histoire de la maladie, | 3 qui presque toujours montre une évolution par crises | 52 successives où l’on retrouve comme point de départ,
toujours un même fait exprimant une sensibilisation
à un allergène quelconque. Ces sensibilisants peuvent .
être de: toute sorte, de toute catégorie. En dehors des pollens des graminées ou autres plantes, ces allergènes, peuvent être végétaux avec les farines, les légumes sous leurs diverses formes alimentaires, les poussières, les bactéries. Ils peuvent être animaux, avec les poils des fourrures, les poussières animales, les odeurs, les albumines alimentaires ; minéraux sous forme de poussières ou de fumée intéressant alors surtout les employés des différentes industries chimiques, métallurgiques ou autres. Le froid, le climat, l’air avec les différentes particules qu’il contient :
eau, iode, sel marin, etc. sont aussi fréquemment en,
cause. En réalité, tout peut être sensibilisant et aucune règle ni aucune explication ne peut en être donnée actuellement. Un autre argument se trouve dans la fréquence des éternuements au cours de ces crises, dans l’examen, qui presque toujours dans les cas anciens montre une muqueuse rose pâle, atone, flasque et reposant sur des tissus sclérosés, avec bien souvent un début de dégénérescence myxomateuse ou d’œdème interstitiel à forme polypoïde, deux aspects qui sont en faveur d’une allergie latente, selon les Américains.
Dès les premières études sur l’état allergique, l’éosinophilie a été trouvée constamment chez les sujets qui en sont atteints. Dans leurs nombreux travaux, les Américains ont prouvé la présence de ces éosinophiles dans le sang, dans l’épaisseur des tissus du nez, et jusque dans les sécrétions nasales des porteurs
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de coryza suspects. Pour eux, même, on peut suivre la marche de l’allergie en suivant la proportion des éosinophiles et des neutrophiles dans les sécrétions, ces derniers augmentant proportionnellement en nombre en cas d’infection surajoutée. D’après Linp- SAY et WaLsH de Chicago, 14,9 % des cas ne peuvent faire autrement leur preuve d'allergie (1). Et dans les cas non allergiques, jamais on ne trouve plus de 1 % d’éosinophiles.
Malheureusement, en France, ces examens ne sont jamais pratiqués, et l’on peut le regretter. Enfin. comme dernier argument, nous citerons les résultats surprenants obtenus dans des cas jugés jusqu'ici : incurables, par des traitements de désensibilisation générale, par le jaborandi, par l’Antergan, la dernière spécialité en date, ou plus simplement par l’anesthésie du ganglion sphéno-palatin avec le liquide de Bonain.
Il n’en est pas moins vrai, cependant, que les rhinites chroniques infectieuses pures existent. Mais on en trouve pratiquement presque toujours la cause dans une affection latente d’origine sinusale chez l'adulte, dans une adénoïdite négligée ou la présence d’un corps étranger intra-nasal chez l'enfant, ou encore quelquefois dans une étroitesse particulièrement marquée des fosses nasales,.
D’autres causes existent encore, mais ne sont plus que secondaires. Ainsi que LERMOYEZ le fait si bien
(1) Linpsay et WaLsn. — Nasal secretions. Archives of otolaryngology, Chicago, juin 1933.
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remarquer, le rôle des coryzas aigus répétés n’est pas négligeable et « de la sommation des reliquats dérive le coryza chronique », mais là encore les malformations locales interviennent, et même peut-être l’allergie.
Les remarques sur l’âge et le sexe, que nous avons déjà vues précédemment, sont toujours exactes. Quant à l'hygiène, si nous admettons le rôle des intoxications et peut-être, quoique rarement, le rôle du chlorure de sodium alimentaire, il nous est beaucoup plus difficile de suivre LERMOYEZ quand il nous parle de la striction abdominale par une ceinture ou un corset ou de la striction du cou, ces conceptions nous
. paraissent quelque peu simplistes.
Comme nous l’avons déjà vu, par contre, au sujet des coryzas allergiques, nous le suivons quand il nous parle du rôle du froid, de la chaleur, des courants d'air, des particules irritants au contact de la muqueuse. Encore maintenant la théorie pollinique est d'actualité, quoique n’ayant plus, proportionnellement tout au moins, la même importance. De méme encore pour l'influence de l’état général, du genre de vie (vie sédentaire de,la bourgeoisie aisée), du climat et de l’altitude.
La théorie de LERMOYEZ tendant à expliquer le phénomène de la rhinorrhée vraie par une.suractivité des
fonctions glandulaires de la muqueuse reste encore la
plus probable, On explique actuellement ce dysfonctionnement par un déséquilibre physiologique du système vago-sympathique. Mais quoique cette explication soit sans doute assez vraisemblable, elle ne
en définitive, 1e problème reste le même et est
SYMPTOMATOLOGIE
La symptomatologie générale de ces différentes rhinites peut se résumer en trois mots : enchifrenement avec écoulement et obstruction nasale.
L’écoulement sera variable suivant les cas. Dans les rhinites purulentes, nous trouvons un pus jaune verdâtre bien lié, souvent épais, formant des croûtes qui resteront particulièrement dans le vestibule et par lirritation locale qu’elles provoqueront amèneront des lésions de grattage à la partie toute antérieure du septum et des narines. Déplorable manie qui souvent deviendra une véritable psychose et pourra provoquer une perforation du cartilage de ja cloison. Quand cet écoulement purulent sera abondant, un impétigo narinaire accompagné de sycosis pourra prendre naissance. Cependant, dans les écoulements franchement purulents, le cas sera relativement rare et devra faire penser à une sinusite latente, particulièrement s’il y a unilatéralité. Le catarrhe pharyngo-laryngé est par contre la règle avec quelquefois même, chez la femme et l’enfant surtout, qui ne savent pas cracher et sont pyophages, une
laryngo-trachéite secondaire et des troubles gastriques.
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Dans les formes hydrorrhéiques l’écoulement sera beaucoup plus abondant, et suivant les cas, mucopurulent avec un liquide, jaunâtre, visqueux et gluant, ou aqueux, provoquant trop souvent un impétigo et un sycosis de la lèvre supérieure avec catarrhe pharyngo-laryngé et toutes ses conséquences, mouchage répété, reniflement, raclage, toux d’irritation, aphonie et augmentation de l’obstruction nasale par la difficulté du drainage. è
L’obstruction sera beaucoup plus marquée dans ces dernières formes, du fait de la tuméfaction allergique
des tissus. La plupart du temps une véritable rhinite
hypertrophique se forme, qui, dans les cas anciens sera faite de sclérose des tissus et sera devenue irrétractile. On trouvera alors en plus de l’obstruction du couloir nasal, une obstruction des choanes, provoquée par l’œdème des queues du cornet. Le sujet n’aura plus ainsi qu’une respiration buccale qui amènera particulièrement au réveil une sècheresse de la bouche très pénible avec pharyngite due au contact de.
l’air froid, en même temps que des sécrétions tombant du cavum sur la muqueuse. Le malade ronfle, dort mal et son état général s’en ressentira. Si l’obstruction gagne l’étage moyen, une anosmie respiratoire peut en résulter, partielle ou totale ; anosmie qui deviendra définitive si un traitement énergique n’est pas immédiatement institué. Le méat moyen bloqué, la circulation de l’air sinusal se fera mal amenant une céphalée frontale, l’œdème se propageant, les canaux lacrymaux pourront participer au processus entraînant ainsi des complications oculaires.