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l'instrument le plus près possible de la pituitaire. Il ne faudra pas craindre de s’adresser au plafond, c’està-dire à la zone d’émergence du nerf olfactif.
Cautérisations. S
Les cautérisations sont encore et malheureusement aussi employées qu’au temps de LERMOYEZ, et l’on en fait un déplorable abus. Cela ne veut pas dire qu’elles sont totalement à rejeter, mais elles ont des indicalions bien déterminées. On emploiera les cautérisations uniquement dans les formes hypertrophiques non purulentes et dans les formes hypertrophiques où l’épreuve de la cocaïne-adrénaline aura démontré la présence de sclérose. On l’emploiera après anesthésie, à la cocaïne, sous forme de cautérisation chimique à la hauteur du cornet moyen dans les cas d’hypertrophie de la tête, sans que le syndrome d’obstruction du sinus frontal soit très marqué. Dans le cas contraire, c’est l’ablation qui est de règle, ainsi que dans les cas où Fon remarque un début de dégénérescence de la tête de ce même cornet. On fera alors deux ou trois légers attouchements avec de l'acide chromique: au 1/3. De même, quelques cas légers de rhinite spasmodique hypertrophique pourront bénéficier de un ou deux traits d’acide chromique au 1/3 faits au porte-coton sur toute la longueur du cornet inférieur. Cependant, le cornet inférieur la plupart du temps devra être galvanocautérisé. Après une bonne anesthésie à la cocaïneadrénaline et au liquide de Bonain, on tracera deux
ou trois traits de feu sur toute la longueur du cornet; le cautère allant presque jusqu’au contact osseux. Le couteau sera maintenu au rouge sombre, de façon à éviter l’hémorragie secondaire et l’on prendra bien soin de ne pas blesser la cloison, ce qui pourrait occasionner la formation d’une synéchie qu’il faudrait rompre secondairement,
Tubage nasal.
Dans les cas des rhinites hypertrophiques, le tubage nasal ou diastolisation est complètement abandonné sauf dans quelques cas d’hypertrophie congestive particulière à l’enfant et où l’on utilise une sonde caoutchoutée rigide. Mais l’anse froide, l’anse galvanique et la pince: de Luc conservent leur rôle dans les formes lobulées, dans les polyposes anciennes et surtout dans les queues de cornet.
Turbinotomie et décortication.
Si les turbinotomies et décortications sont disparues du traitement des rhinites chroniques, quelques coryzas allergiques pourront cependant subir une turbinotomie partielle. Il s’agit des cas où l'allergie est indéniable et où le bord libre du cornet inférieur marque un début de dégénérescence. On pratiquera l’ablation de ce bord libre sur une hauteur de quelques millimètres, à la pince de Struycken. L’obstruction est diminuée en même temps qu’une amélioration de l’état nasal apparaîtra. Il y a certainement ici un phénomène de choc opératoire qui entre en jeu.
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Mais toutes ces thérapeutiques que nous venons d'étudier sont déjà employées depuis une longue période. Nous allons voir maintenant quelles sont les pratiques nouvelles qui toutes ne s’adressent qu’aux formes allergiques ou avec participation allergique.
En 1926, le Dr DANDIN-CLAVAUD (1) décrit une nouvelle méthode de galvanocautérisation des coryzas spasmodiques qui agit à la fois sur les trois éléments : éternuements, hydrorrhée et obstruction nasale. En voici la technique
— Après anesthésie, il pratique une cautérisation linéaire profonde partant le plus haut possible dans le tiers antérieur du méat moyen au contact du cornet moyen descendant obliquement en bas et en avant sur la face interne du cornet inférieur pour aboutir à la partie moyenne de l'insertion antérieure de cette face; le trait a ainsi 2 ou 3 cms de longueur. Le mieux se fait sentir au bout de huit jours, mais on ne peut juger du résultat qu’au bout de trois semaines. En cas d’insuccès, on fait quelques pointes de cautérisation sur la tête du cornet moyen. D’après l’auteur cette méthode obtient de bons résultats dans les formes où le point de départ est une sensibilisation locale, et non dans les coryzas spasmodiques représentant lextériorisation d’une sensibilisation générale dépendant surtout d’un traitement général,
En 1923, à la Société Viennoise de Laryngologie,
(1) Docteur H. Daunin-CLavaup. — Le traitement du coryza spasmodique par la cautérisation galvanique du méat moyen. Société Française d’O. R. L., Congrès de 1926, Compte-rendu des séances. 5
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dans les coryzas vaso-moteurs, MENZEL déclare employer le mélange suivant appelé Afenil en spécialité :
— urée.pure, 0,5 gr. ;
— chlorure de calcium cristallisé, 0,5 gr. ;
— eau distillée, 10 gr.
qu'après filtration et stérilisation il applique par le moyen d’un tampon de coton imbibé, sur la muqueuse nasale pendant 20 minutes. La réaction locale est toujours importante, mais le résultat est excellent.
Certains auteurs américains préconisaient en 1933 un badigeonnage de; la muqueuse, sauf la zone olfactive, avec l’acide phénique concentré du Codex. Une production de tissu conjonctif avec diminution de l’æœdème et de la vascularisation se produit, et selon l’auteur, 80 % de résultats définitifs ont été obtenus. LECOY, encore en Amérique, utilise dans le même ordre d'idée une; pâte à base de résorcinol qu'il applique sur la muqueuse. L'amélioration serait de quel- . ques mois et parfois de quelques années.
Une méthode qui a fait beaucoup de bruit en son temps, c’est celle des injections sclérosantes. On pratique une injection dans la tête du cornet inférieur, une deuxième dans la partie moyenne, une troisième dans la queue et enfin, pour quelques auteurs — notamment DUTHEILLET DE LAMOTHE — une quatrième sous le cornet. Ces injections sont faites au contact du périoste après anesthésie locale. Le résultat en est une sclérose qui ficelle littéralement le cornet et amène une rétraction beaucoup plus durable que tout autre procédé : BENSAUDE, RICHIER et DUTHEILLET DE
LAMOTHE utilisent la solution de quinine uréthane à 5% ; BRUCkE, une solution aqueuse de glycérine neutre; à 80 , qui semble mieux tolérée à BONTINCK de Gand. Ce dernier fait une deuxième séance d’injections du troisième au cinquième jour après la première et ne signale que 10 à 15 A d’insuccès.
VaiL de CINGINNATI injecte un mélange d'alcool à 49 ou 60 ,, et d’hydrochlorure de Procaïne, en faisant quelquefois une injection dans le cornet moyen. L’injection, douloureuse pendant 24 heures, lui a amené un gros pourcentage de bons résultats. FISHOF de New-York propose le morrhuate de sodium en solution à 5 % ; on injecte 0,25 à 0,5 centicubes en plusieurs points. IWASZKIEWICZ propose une solution de glucose à 66 %, à raison de 5 cc. par cornet. Enfin, le salicylate de sodium, le lactate de sodium-calciumi en solution à 5 , ont encore été utilisés.
Se basant sur l’expérience de; SLUDER en 1908 guérissant certains rhumes des foins par l’application de cocaïne sur la muqueuse à la hauteur du ganglion sphéno-palatin, WaLsx de Chicago propose l’infiltration du ganglion sphéno-palatin par de, l'alcool. Il reconnait cependant quelques inconvénients à sa méthode : l'injection est douloureuse ; elle provoque des maux de tête, si elle est trop rapide, on peut voir apparaître une paralysie de la 6° paire. La gêne provoquée dure de deux à trois semaines ; il se produit un œdème de la face disparaissant lentement pendant lequel tous les symptômes disparaissent. La méthode ne nous paraît donc pas dénuée d’inconvénients, et tout au moins en France nous croyons qu’elle a peu de chances de succès.
La simple pratique qui consiste à anesthésier LD ganglion sphéno-palatin au moyen du liquide de Bonain nous semble par contre excellente, et si elle ne donne pas toujours un résultat tangible, souvent elle opère des guérisons miraculeuses et en tous cas.
n'offre aucun inconvénient, Un moyen très simple
pour obtenir cette anesthésie est de recourber un porte-coton sur les trois derniers centimètres de l’extrémité portant le coton, suivant un angle d’environ 120°. On le glisse alors le long du bord libre äu cornet inférieur, jusqu’à 1 cm. environ du fond de la cavité ; le Bonain se trouve alors de lui-même au contact de la muqueuse qui recouvre le ganglion. Relativement récente, l’ionisation a surtout été étudiée à l’étranger et particulièrement aux Etats- Unis où les articles à ce sujet abondent. Voici la méthode, telle que l’a décrite HOzLENDER de Chicago : L’électrode négative appliquée sur l’avant-bras est constituée par une plaque métallique feutrée, imbibée d’eau froide et d’une surface de 15 cm? environ. L’électrode positive, intra-nasale, est une pièce de zinc flexible que l’on introduit dans la fosse nasale, préalablement tapissée de coton imbibé de
l’électrolyte, de façon à éviter tout contact avec la
muqueuse. Cet électrolyte consiste en une solution de sulfate de zinc à 1 % qui a donné satisfaction en tous points. Le milliampérage sera de 5 ma. pour les enfants et de 10 ma. pour les adultes, la durée, de
passage du courant sera de quinze minutes. Dans la
plupart des cas, une séance par fosse nasale suffit. En cas d'échec une nouvelle séance ne peut avoir lieu
avant quinze jours, et si quatre séances ne donnent
rien, il est inutile de persévérer. À part un goût métalique et une salivation abondante, on ne signale aucune gêne. La coloration grisâtre de la muqueuse disparaît en peu de jours, de même qu’un syndrome de coryza aigu. Sur 1.000 cas, HOLLENDER n’a jamais eu de complications, tout en ayant un gros pourcen- {age d'améliorations et de guérisons.
Plusieurs électrolytes différents ont été employés à base d’un métal quelconque et notamment du cuivre. WARWICK emploie une électrode formée d’un alliage de zinc, de cadmiun et d’étain ; l'électrolyte étant un mélange des sels de ces métaux, et il porte lampérage à 100 m.a. minute. Mais la plupart des auteurs se servent du sulfate de zinc qui semble donner d’aussi bons résultats. Certaines critiques ayant été faites, HOLLENDER et FABRICANT (1) en ont fait justice et ont prouvé qu'aucune détérioration tissulaire n’avait lieu, et qu’il suffisait de se fier uni-
- quement à la clinique.
Enfin, en France et en Amérique, quelques auteurs ont pensé à utiliser les propriètés du radium et de ses dérivés. -
En 1933, CONSTANTIN de Paris décrit l’'émanothérapie artificielle en injection tissulaire, Il injecte 2 à 3 cc. d'air chargé d'environ cent vingt millimicrocuries de Radon, et prétend obtenir une régulation vasomotrice et sécrétoire. CONSTANTIN encore utilise l’éma-
(1) HOLLENDER et FABRICANT, — Nasal ionisation. Archives of otolaryngology, Chicago, avril 1938.
uothérapie avec le masque au Thorium, et ENGEL en cite une observation en mai 1934, à la Société d’Oto- Rhino-Laryngologie de Paris. Enfin, BERNHEIMER et CurLer de Chicago préconisent l’irradiation de la muqueuse nasale allergique. Après cocaïnisation, 50 mg. de radium sont introduits dans chaque fosse nasale et restent en place pendant deux heures. Le radium est contenu dans quatre capsules de laiton, contenant chacune 0,25 de radium élément dans leur tube d’argent ; l'épaisseur de filtration étant 0,5 mm. d'argent et 1 mm. de laiton. Une capsule est placée dans chaque méat moyen et une autre dans chaque méat inférieur, Quarante, personnes ont été traitées ainsi, toutes atteintes manifestement de rhinites hyperesthésiques ; les observations portent sur trois ans, 47 % furent totalement guéris, 22% virent le blocage nasal et la rhinorrhée disparaître, tandis que les éternuements persistaient à un degré moindre, 8 %, constatèrent une amélioraton sensible, 13 % ne furent que faiblement améliorés, tandis que le syndrome persistait chez 10 % d’entre eux, et l’auteur déclare que la méthode n’est aucunement préjudiciable en quelque façon que ce soit. Nous voulons bien l’admettre, sans cependant nous empêcher de penser que le procédé est peut-être un peu disproportionné vis-à-vis de la cause, sans compter le prix de revient du traitement qui correspond ceftainement mieux aux bourses américaines qu'aux bourses françaises. |
Certains praticiens utilisent la haute fréquence dans les rhinorrhées sous forme d’effluvation avec de
bons résultats paraît-il. D’autre part, les formes allergiques dont l’enchifrènement est peu accentué, mais dont la muqueuse blanchâtre complètement atone, débute une dégénérescence, polypoïde, ce que l’on voit surtout à la hauteur du cornet moyen, bénéficient souvent, dans une grande proportion, de quelques séances d’étincelage, de même les formes au début, dont la muqueuse, pratiquement normale dans son ensemble, montre par endroits des points où la pituitaire perd son aspect sain, sa tonicité et sa couleur normale.
Nous citerons aussi pour mémoire l’utilisation d’un produit nouveau, la désoxynoréphédrine, corps chimiquement très voisin de l’éphédrine, mais dont l’énorme avantage est d’être volatil ; ce qui permet une véritable inhalation sèche par le produit qui baigne ainsi toute la muqueuse. Cette désoxynoréphédrine rendra de grands services surtout dans les cas où l’obstruction prédominera. Quant au reste du syndrome, cette thérapeutique est encore trop nouvelle et trop peu utilisée pour que l’on puisse connaître exactement tous ses effets Néanmoins, ce pourra toujours être un excellent adjuvant à la thérapeutique actuelle.