partie des bords du Richelieu. Là, qu’une
trompette ou qu’une voix fasse entendre
un appel à la liberté, le pouls bat plus vite
)ns
des
ais
ait les ent
ent
ore 1ne dre
ite
Les Ribaud 243 chez les habitants de la région, leurs prunelles lancent des éclairs, une impulsion irrésistible les entraîne, les uns saisissent leurs fusils, les autres leurs fourches, et vous entendez aussitôt une réponse formidable : Nous voilà.
C'est ainsi qu'ils se ruèrent, avec tout leur instinct de patriotes, vers un idéal alors insaisissable : l'indépendance. Ils échouèrent.
Mais quand la semence jetée aura atteint la maturité, quand il y aura deux vallées de Richelieu dans la province, quand il aura poussé ailleurs une population comme celle qui se trouve là, cette fois, les paysans ne prendront point des fourches ; ils n’'échoueront point,
Le docteur Ribaud, emporté dans l’espace, discute ainsi certaines pages de
l'histoire, et en même temps, sa pensée,
Me emma Danone nine 2 1 ess PRE er mme
te D dat core
Lens ms té FTESR
ga me aire ÈS reve DRE GS rene pa
Rega ENT ie hp
il] ji
envolée au-dessus de la terre, parcourt les siècles passés et se plonge dans les profondeurs infinies de l'avenir.
Tout à coup, un retour rapide de son esprit le fit frissonner, Ah! soupira-til en revenant à la réalité. Puis, un moment après :
—Tu te placeras là, François, et moi, ici. Entre-nous, à terre, les munitions.
François épaula son arme, pour se faire l'œil un peu et juger sil pouvait viser commodément. [l poussa un cri:
— Les voilà !... les voilà !.…
En effet, à travers les arbres, on distinguait une longue file d’habits rouges qui s’avançait lentement à une distance assez rapprochée. Véritable chapelet de coquelicots qui ondulait sans bruit le long de la rivière, selon les courbes du
chemin,
Le père François fit jouer la gâchette de son fusil à plusieurs reprises. Elle fonctionnait bien.
— Nous allons les laisser avancer aussi près que possible et dès que nous aurons reconnu le capitaine : pan ! pan ! dit-il.
Le docteur ne répondit point,
Il regardait attentivement le mouvement des soldats, son arme déjà sous la main.
—Attendons jusqu'à ce qu’ils soient rendus au pied de la côte, reprit François.
Il est impossible qu'ils nous voient et nous...
Une détonation retentit à côté de lui qui le fit sursauter. Le docteur, sans l'écouter, venait de tirer son fusil en l’air.
—Que faites-vous ?.… continua:t-il.
Ils ont entendu et vont se tenir sur leurs
gardes maintenant.
| nl
— C'est ce que je veux, répondit simplement le docteur Ribaud... Nous sommes des patriotes, non des assassins, Maintenant qu'ils sont avertis, plus de grâce ; qu'ils se défendent ou qu'ils attaquent,
—Ce que j'avais projeté était plus sûr, ce que vous venez de faire est plus beau, répliqua François ; c'est vous qui avez raison.
—Ne forlignons, jamais, François.
Ce coup de feu inattendu avait arrêté la marche des soldats. On les vit un instant piétiner sur place avec un cliquetis et des scintillements d'armes dont ne furent aucunement effrayés nos patriotes maintenant à plat ventre derrière les troncs d'arbres qu’ils avaient choisis, le canon de leurs fusils passé à travers les racines.
Bientôt ils entendirent un commande-
ment militaire qui devait être l’ordre d’a-
7eZ
6 la ant des AU pte-
ncs
vancer, car toute la colonne se mit lentement en marche, En même temps, un homme, son épée à la main, parti de l'arrière, était venu bravement se mettre à la tête du détachement au galop & . son cheval.
Cet homme, c'était le capitaine, Inconsciemment, le docteur Ribaud sentit a main se crisper sur la crosse de son mousquet, et François mâchonna quelque chose entre ses dents.
La colonüe continua d'avancer.
Le capitaine, sans arrêter, se retourna sur son cheval et commença à donner un nouveau commandement à ses soldats.
— Feu, dit le docteur, et deux détonations retentirent.
Quand le bruit eut cessé, nos deux patriotes entendirent la fin du commande-
ment. Leur double coup de feu n'avait
ne rm RL
ation AT LEE TSI re =:
RE Ds ML re RS = ES = | res = PC nm ere gen éentene se . S
pas dérangé le capitaine qui, sans sourciller, continuait à donner ses ordres.
— C'est un brave, fit le docteur, et ils rechargèrent à la hâte leurs fusils,
Si leur double détonation n'avait eu aucun résultat, elle avait indiqué aux soldats leur position exacte et ceux-ci répondirent par une décharge générale qui vint crépiter tout autour d'eux, dans les feuilles sèches, sur les branches et l'écorce des arbres,
Mais, protégés comme ils étaient, ils ne pouvaient être atteints que par miracle.
Aussi, se mirent-ils à leur tour à tirer hardiment, visant tout le détachement quand la fumée devenait trop épaisse, le commandant seul, quand ils pouvaient l’apercevoir.
Les soldats étaient maintenant immobiles. Deux des leurs étaient déjà tombés
eu
UX ré-
qui
y les
orce
s ne ncle.
har-
and
mortellement blessés, deux autres légèrement atteints et cependant les balles continuaient à siffler à leurs oreilles.
Indignés, sans doute, de se voir ainsi tenus en échec, ils se remirent à cribler de projectiles le point de la côte d’où les deux patriotes ripostaient si courageusement.
Puis, tout à coup, sous le commandement du capitaine, toujours à cheval en avant d'eux, ils reprirent leurs marche.
La position devenait sérieuse, car la Gisproportion exagérée des combattants était presque compensée par l'avantage exceptionnel qu’avaient le docteur Ribaud et François de commander toute la montée, tout en se tenant absolument à l'abri.
—Ailons, François, visons bien, dit le docteur Ribaud. Ensemble,
Tout s'était abattu cette fois, cheval et
capitaine.et nos deux patriot:.; poussèrent
ne at nes
dpt pr érnmarmt— en PP en pu aq coma ogg
NEA 1 pese ra
RE RE one
pee ps en de Rues
nr een iron porn ina minor ce Si
un soupir de soulagement en les voyant écrasés au milieu du chemin. Mais leur joie ne dura qu’une seconde, car, à la seconde suivante, le capitaine était déjà relevé, tout droit, brandissant encore son épée à la tête de ses soldats, Son cheval seul avait été atteint et en tombant l'avait entraîné dans sa chute. Maintenant à pied, il n'en était pas moins reconnaissable à ses galons dorés, son plumet blanc, son épée luisante.… Et d’ailleurs, comme un homme qui se moque des balles, il se tenait toujours crânement en avant de sa compagnie, bien en évidence.
—Décidément, c'est un brave, répéta le docteur Ribaud.
— Trop brave, ajouta François. Il nous nargue. Ce n’est pas de la bravoure, c’est
de l’insolence,
nt
ins
son
aes
ent
en
a le
ous
est
De voir le cheval de leur capitaine tué sous lui, à, devant eux, les soldats, un instant stupéfiés, se sentirent pris de colère, Il était impossible que deux hommes pussent leur tenir tête plus longtemps... et, dans un branle-bas général, sous les commandements rauques des officiers, tirant tout en marchant, ils entreprirent d’escalader au pas de charge la montée qui conduisait au sommet de ia côte, et d'en déloger leurs adversaires coûte que coûte.
—Ne tire plus, cria le docteur Ribaud à François. attends... Ne gaspillons pas nos balles,
François, qui, ne risquant toujours qu'une prunelle à travers les racines énormes qui le protégeuient, tirait comme un enragé, cessa immédiatement son feu.
—C'est vrai, dit-il, il faut en garder au
mi + amas
| moins une pour le capitaine.
| | | Et tous deux, haletants, sans s'occuper fl | des projectiles qui pleuvaient autour | | | d'eux, guettaient à travers la fumée une | | | éclaircie qui mit le commandant en fl lumière. Ah! ils pouvaient tirer à leur | aise, encore et encore, les habits rouges,
| Hi | | | que leur importait.
| | A il À mi-chemin, la montée offre un rai- | | | | | | dillon très accusé. A cet endroit, soit | | | | a pour respirer, soit pour mieux voir, la 3 | | | | compagnie toute entière fit comme une | | |: | halte d’une seconde, pas plus. Ce fut en- Fi | | | | core trop long. À un flamboiement d'épée E Pol |: qui brilla rapide comme l'éclair, deux dé- { ll | tonations avaient instantanément répondu | dl | et un grand corps, son épée encore au | LE Le poing, tout luisant de ses épaulettes dofl rées, de ses éperons, était tombé foudroyé.
D me mm - Rs Se eteeemene pe pe
Cette fois le capitaine était bien mort,
Tous les soldats effarés se groupèrent autour de lui en poussant des vociférations affreuses, Ce fut un tumuite épou-
rantable.
Le docteur et François, tous deux debout maintenant, considéraient froidement le spectacle ; ïls voulaient être absolument convaincus que le capitaine ne se relèverait pas Il ne se releva pas.
Le docteur prit son fusil et dit :
— L'honneur est vengé. Nous n'avons plus rien à faire ici, François.
Et en même temps, son regard, chargé de défis menagçants, fixé sur les trois cents habits rouges immobiles, massés en paquets au milieu du chemin, ajoutait : si seulement nous le voulions, vous coucheriez là, vous savez.
Puis lentement, fièrement, en pleine
D Ve De (pi nid de 2
ARMES de are nain é ac èn car n CA by 2 min
hr omt-eke
lumière, il ramassa sa poire à poudre, les balles qui lui restaient, et, sans se sâter, sans même regarder en arrière, il se mit à descendre en silence le petit sentier qui allait à la rivière.
Sans dire un mot, il s'embarqua dans le canot, François se remit à avironner avec la crosse de son fusil et quand ils débarquèrent tous deux, la rivière traversée, ils purent distinguer parfaitement à leurs pas rythmés quatre soldats qui portaient un brancard. Dessus, il y avait quelque chose de rouge.
Et le docteur Ribaud passa la main sur son front comme pour en chasser une
pensée affreuse.
ils zerat à
qui vait
sur
une
JOURNAL DE MADELEINE
25 novembre, 37.
Il me semble que, depuis deux jours, je | n'ai pas vécu, je n'ai pas respiré ; tous [ mes pas et démarches, quand je les énumère, me paraissent faits sans que j'en | aie conscience. J’obéis sans cesse à un | I] mobile qui me mène, me ramène, me con- |
duit ici et là, machinalement.
DE