‹ Les Ribaud [microforme]Chapitre 30 sur 43 · une traînée de tendresses et de charmes autour de moi · texte numérisé non relu

une traînée de tendresses et de charmes autour de moi

ie Jusqu'à mon pauvre vieux François qui invente des folies, des naïvetés d'enfant es, à pour me faire rire. Oh! je ne demande | a pas mieux. Rire, c'est si bon. | | nous | | a àla Et puis, papa m’a parlé de tant de cho- L léger ses aujourd’hui : de sa course pitoyable à | | Pere Boucherville, de l'abbé Michaudin, d’une | Laitôt. n promenade à Québec au’il projette en ma noire compagnie ; il a même parlé des soldats yeux * anglais, pour lesquels il à eu un mo£ de du sincère louange :

—1] y a sans doute parmi eux de tristes leurs soldats, m'a-t-il dit, mais, en somme, ce C'est sont des braves urant Ce témoignage m'a fortement surprise, | aivent moins par la louang” ritigée qu’il ren- |

ferme qu’à cause de l'heure où mon père m'a fait cette étonnante déclaration,

Lui a-t-on parlé de la rencontre d'hier entre les patriotes et les soldats ? A-t-il su qui avait gagné la victoire ? Ktait-ce réellement pour reconnaître la bravoure des Anglais ?... Voilà autant de choses qui m'intriguent et dont j'ai vainement £ cherché à trouver la solution dans son regard placide et tendre,

Mais chacune de ses paroles, chacun de ses sourires, dont je conserve l'empreinte dans mon esprit, se traduisent immédiatement en autant de rayons d'espoir qui viennent réconforter mon cœur.

Espérer ?.… Vraiment, est-ce que je suis sincère en écrivant ce mot, ou ne me fais-je pas illusion tout simplement ?

J’en ai tant subi, depuis quelque temps,

de ces renversements brusques qui m'ont

ballottée de la plus heureuse griserie à la

déception la plus amère, que je n’ose plus

ni croire ni espérer,

À quoi bon, d’ailleurs ? Y a-t-il un len-

demain arrangeabie à mon existence ?.…

Qu'importe, tant que mon amour me

restera, Je combattrai, je m’y crampon-

nerai, et ce sera encore ma consolation,

la seule que je puisse désirer peut-être,

que de pouvoir aimer mon amour.

27 novembre, 37.

En effet, quatre heures, c'est le temps

que mon vieil ami, l’abbé Michaudin, con-

sacre au souvenir de ses ouailles défuntes ;

autrement, je l’aurais bien retenu plus

longtemps avec moi, mon brave curé.

JL est le seul avec qui je ne me gêne pas pour parler franchement de mon amour.

Il m’écoute d’une manière si sympathique.

Je le laisse lire jusqu’au plus profond de ma pensée, sans rien Cacher, sans rien voiler ; je lui raconte tout... tout.

N'est-il pas le seul aussi qui m’ait dit:

‘ Aiïme-le, Madeleine, aime-le”” Et son timbre de voix pour me le dire, et son regard, et son geste, tout renaît vivant et réel, à chaque instant, dans mon esprit.

Aujourd’hui, il y avait la même exquise bonté dans ses conseils, dans ses recommandations paternelles : Sois forte, sois courageuse, Madeleine, plus il y a loin de la coupe aux lèvres, plus la liqueur en est douce.

Alors, je lui ai raconté mon entrevue avec Percival, l'engagement qu'il avait

pris envers moi.

de

jen

dit :

son son nt et prit.

uise om- SOIS n de

r en

evue

vait

—Abh ! oui, Madeleine, c’est trop beau, trop généreux, ce dévouement mutuel, Dieu le bénira... m’a-t-il répondu.

Moi, je lui aurais sauté au cou, tant ces paroles m’enivraient de joie

— Espère, a-t-il repris, sois confiante, le temps triomphe de tout, applanit tout ; aucun baume ne lui est égal pour panser les blessures. Rien ne lui résiste. Et qui

sait,.… mon rôle aussi, à moi, n’est peutêtre pas terminé...

—Non, men bon curé, il n’est pas terminé, lui ai-je répondu... Vous voulez que j'espère, j'espère ; vous m'avez tracé un chemin que vous voulez me voir suivre.

je le suis; vous m'avez tendu la main, alors, soutenez-moi, je vous prie.

—Je te soutiendrai, Madeleine.

C'est alors que la petite cloche de l'é-

glise est venue, à mon regret, inte.rompre

en nd ten,

art es te

ff

pa rhin ns = rs ms ae ons

les sympathiques encouragements de mon curé.

A l'entendre me parler ainsi, je me sentais, petit à petit, revenir à la vie. Je le jugeais mon complice et il me semblait qu'il roulait de ses mains des pans de rocher, des blocs de terre énormes qui comblaïent peu à peu le gouffre que je vois toujours béant entre Percival et moi.

Que ça m'a donc fait du bien, après les tristes journées que je viens de passer.

Je n’entrevoyais point d'espoir possible et voilà que tout à coup mon amour me ressaisit plus violemment que jamais et me met sous les yeux une route toute

nouvelle parée de fleurs et de verdure.

Oh! bon abbé Michaudin, c’est vous qui les répandez et les arrosez, ces fleurs !

Jamais M oi 0...

— Qu'est-ce ?..….. qu'entends-je ?....….

des roulements de tambour... Mon Dieu ! oui... c’est le retour des &ol-

dats..….. Percival....., Oh ! je cours...

| fi FE ni

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