‹ Les Ribaud [microforme]Chapitre 31 sur 43 · RETOUR DES SOLDATS · texte numérisé non relu

RETOUR DES SOLDATS

Ran.…. ran... ran... rataplan.... Ran.….

ran... ran... rataplan.…

C'était sourd, c'était loin, ce bruit de tambour.

Encore à l'extrémité du village, derrière les grands arbres, les hautes clôtures, les

maisons éparses, les hangars le pignon

de

les

sur le chemin, les soldats n'étaient pas

visibles.

Mais on entendait : Ran... ran... ran…

rataplan.…

Madeleine l'avait entendu aussi, Pour

elle, ces roulements n’eurent rien de

guerrier, rien d’effrayant. Ils lui rappe-

laient Percival, son capitaine Percival…

son Percy.

Toutes ses larmes s'étaient séchées subi-

tement ; plus d'idées noires, plus de déses-

pérances navrées, plus de soupirs doulou-

reux, plus rien ; rien dans son esprit, que

son amou’,

Et, sa plume jetée avec une traînée de

gouttelettes d'encre, son cahier, le journal

de son cœur, abandonné large ouvert à

tous les regards, son fauteuil bousculé,

elle s’élance au dehors.

Malgré le temps humide et froid, Ma-

oh

RE, mr

deleine ne s'aperçoit point qu'elle n’a qu’une légère mante aux épaules, que des escarpins aux pieds, qu'elle est presque tête nue ; mais elle va quand même, empressée, malgré le vent qui siffle et le brouillard qui englue le trottoir.

Elle ne voit rien autour d'elle ; rien ne résonne dans son oreille que ce ran.….

ran.. Yan... rataplan, qui lui arrive maintenant plus distinct de là-bas et lui fait oublier tout le reste.

Les maisons blanchies à la chaux, les arbres desséchés secoués en sifflant, les carrés d'ombre allongés sur les madriers par ce couchant hâtif et brumeux d’automne, défilent sans la distraire aucunement de son idée fixe, EÆElle va le revoir, Percival, son fiancé, celui à qui elle s’est si tendrement donnée, l’autre soir. Main-

tenant, surtout depuis que l’abbé Michau-

des que emt le

n ne an ..… rrive

t lui

lriers d’au-

unevoir,

g'est

ain-

“hau-

din l’avait approuvée, encouragée, il lui semble qu’elle l’aime encore davantage et des mots isolés, des bouts de phrases suaves, qu'elle goûte, s'échappent de ses lèvres.

Ran... ran... ran... Elle se hâte, elle veut se choisir un bon endroit, Oui, là, sous l’orme, ça sera comme la première fois. le dix-sept mai.

Cependant, à côté d’elle, en avant, en arrière, c’est le même empressement effaré, des bruits de pas inégaux, des appels d’un côté de rue à l’autre, des voix qui se croisent.

Ah ! ce n’est pas une parade de fantaisie, cette fois, à laquelle va assister tont le peuple de Chambly, c’est à un retour de combat vrai.

Et quel combat. C’est déjà connu que

les patriotes ont été vaincus, à Saint-

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