‹ Les Ribaud [microforme]Chapitre 32 sur 43 · FETE · texte numérisé non relu

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Charles, par les soldats anglais. On en parle avec des jurons dans la voix, en attendant que le ran... ran... ran... se rapproche, qu’on les voit enfin, ces fiers soldats couverts de poudre... et de gloire aussi.

—Tls se sont battus bravement, paraîtil, dit quelqu'un auprès d'elle.

— Bravement,.. ça n'est pas difficile quand on a des bons fusils, répondit une autre voix... Les vrais braves, ce sont les patriotes. Ils n'avaient pas d’autres armes que leur courage, eux, et cependant.

— Ah ! si les soldats ne les avaient pas ménagés, vous auriez vu...

Madeleine, maintenant immobile sous le mêmé grand orme qui lui rappelle si bien sa première rencontre avec Percival, écoute.

Elle saisit cette bribe de conversation :

« Si les soldats ne les avaient pas ménagés.” Elle s’imagine reconnaître là-dedans la générosité de Percival et il lui vient un soupir de reconnaissance. Ah ! oui, c’est qu'il lui a obéi, qu’il a voulu diminuer la distance qui les sépare. Comme ça la tente de leur apprendre, à tous ces ingrats qui piétinent nerveusement autour d'elle, de leur crier, dans un sentiment de bonheur et d'orgueil : ‘ C’est le capitaine Smith, mon Percival, mon fiancé, qui les a protégés, nos patriotes … c'est parce qu'il m'aime, c’est parce que je l’aime, Vous allez le voir bientôt passer à cheval...

vous allez voir comme il est beau, comme il est fier, et vous l’admirerez et vous l’aimerez autant que moi ”…

Ran... ran... ran... rataplan.…

Tout à coup il se fit une bousculade, une ondulation de dos, et tous les regards se

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perdirent dans la même direction. Dans une échappée de lumière entre les maisons, On distinguait les habits rouges, les baïonnettes luisantes des soldats qui s’avançaient en défilant lentement.

Bien des fois, les habitants de Chambly les avaient vus faire leurs marches et contre-marches dans les rues du village, sans en ressentir le moindre sentiment de curiosité. Les enfants seuls, éblouis par le scintillement des armes, s'arrêtaient pour les regarder passer.

Mais aujourd’hui, à ce lendemain de victoire, de victoire sur les siens, c’est par pelotons nombreux et émus que la population se masse à l’angle des chemins, le long des trot'oirs, sur les balcons, aux portes, partout...

Ran.….. ran... ran... rataplan.. Ce sont

eux... les voilà...

ps Madeleine se tient parmi la foule. Elle ai- ne sent pas qu’elle grelotte de froid autant les que d'émotion. Son regard ne cherche Ye qu'un visage, son esprit ne s'attache qu’à un nom.

bly Ils défilent deux par deux, les soldats, et lentement, silencieusement.

age, Madeleine ne les voit nas. Sen yeux se t de portent au-dessus d'eux. Elle cherche par \. quelqu’ur à cheval, quelqu'un de grand, ient quelqu'un de beau, avec des épaulettes dorées, un costume soutaché, des éperons, h de une belle épée au côté... quelqu'un qui par s'appelle Percival et qu’elle nomme Percy, Dpu- en elle-même.

8, le —Mais où est-il donc ?...…. C’est vrai, aux les capitaines... ils viennent après leurs soldats, pense-t-elle.… sont Et Madeleine se giisse, nerveuse, indif-

férente à tout ce qui l'entoure, ne se sou-

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