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de provocation voulait dire : mais il reste encore moi à tuer, et il aurait voulu s'élancer sur un ennemi qu'il voyait, qu’il poursuivait.
L'abbé s'interposa une parole de paix sur les lèvres.
— C'est vrai, dit le docteur, pardonnemoi, et il se laissa choir anéanti à côté de son fils.
Ne voyant rien, ne distinguant rien autour de lui, absolument perdu, il se sentit un instant enveloppé dans un nuage de brume. Tout ce drame poignant,
accompli dans un clin-d’œil, se continuait )
dans son cerveau et l’étourdissait.
Bientôt il se fit un réveil.
| Quel tableau lui apparut ! Et dans ce
| tableau, quelle leçon vint le frapper |
D'un côté, son fils, un filet de sang aux
lèvres, étendu, mort; à genoux auprès ce
s CC
aux
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lui, son ami Michaudin ; lui-même, abattu et suffoquant ; de l’autre, les officiers anglais, solennels dans leur uniforme, immobiles, graves, une expression de pitié sur la figure, Ici, lui et les siens, couchés ou écrasés ; là, en face, eux, debouts et vainqueurs.
IT lut toute son histoire dans ce contraste et un sentiment mêlé d’orgueil, de douleur révoltée, l’'envahit et le releva,
Il venait de voir en même temps s'échapper une larme de l'œil d’un des témoins, le capitaine Smith, et cette larme, jaillie sous le coup de cette douce compassion qui sommeille toujours dans un recoin quelconqne du cœur humain, l'avait plutôt offensé :
— Non, pas de pitié, s’il vous plaît … cessez vos simagrées hypocrites..….j’ai assez
de larmes pour pleurer seul la mort de
mon fils et j'ai assez de cœur pour le venger.
Puis, comme tout à fait affolé, il se penche sur le corps inanimé de Gabriel, l'enveloppe de chaudes étreintes, lui sonpire des mots caressants, le 1omme, l'appelle : Gabriel !... mon Gabriel !
Hélas ! celui-ci ne lui répond point.
— Michaudin !... Michaudin !... cria-t-il, comme dans un appel désespéré au secours, et, au milieu d’un sanglot affreux, déchirant, il se précipita comme un enfant dans les bras ouverts de son ami.
Le lendemain, il ne fut bruit que d’un pénible accident de chasse arrivé à Gabriel, et les véritables détails de l'affaire ne se firent jour que vaguement, confusément, quelques années plus tard, alors que l'herbe était déjà poussée sur sa fosse,
dans le petit cimetière de Chambly.
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