‹ Les richesses minérales de l'AfriqueChapitre 15 sur 113 · COLONIE PORTUGAISE DU MOZAMBIQUE · texte numérisé non relu

COLONIE PORTUGAISE DU MOZAMBIQUE

La colonie portugaise du Mozambique, dans toute sa partie Ouest, prolonge directement le Manicaland rhodésien et j'ai déjà dit un mot du district où se trouvait l'ancien fort portugais de Massikessé, remplacé par les huttes de Nova Massi Kessé, sur la route de Chimoio et d'Andrada, oii la Compagnie du Mozambique a placé le siège de l'administration des mines.

M. Peffau a retrouvé là des veinesE.-O., intercalées dans les schistes, parfois légèrement obliques à leur direction, parfois aussi au contact du granité : veines, dont aucune n'a pu donner lieu à des travaux sérieux. Une coupe ci-jointe (fig. 28) représente cet ensemble.

Découlant de ce massif aurifère, la vallée du Revue est couverte d'anciens travaux, qui, nulle part, ne descendent jusqu'au bed rock et les recherches récentes se sont bornées à des essais plus ou moins superficiels, qui ont continué à montrer la présence d'un peu d'or dans ces couches, sans en démontrer Texploitabilité.

D*après M. Kûss, qui a été l'un des premiers à explorer cette région en 1881, l'or est dans des alluvions anciennes, formées de sables et cailloux, qui contiennent en moyenne 0,480 gr. d'or au mètre cube, avec un maximum de 1,05 gr. et un minimum de 0,017 gr. L'argile sableuse, qui constitue, au-dessus, les alluvions modernes, est absolument stérile.

* Pages 127 ft 131.

M. Kûss, dans le même voyage*, a également visité la région de Machinga, un peu au Nord de Muschéna (Nord de Tête) et, là aussi, les conclusions de son étude ont été négatives.

Le soubassement de la région, qui va du Pungwé au Zambëze et s^étend de là vers le Nord, est fonné de gneiss, micaschistes, granités, granulites, porphyrites, diorites, avec lentilles de terrain houiller, comme dans le Plateau Central français : le tout recouvert par des grès rougeâtres de l'étage du Karoo.

Au nord, vers Masinga (Machinga), il existe, dans les granulites, des veines de quartz légèrement aurifère et ces mêmes granulites renferment ailleurs de la molybdénite ou du corindon. C'est-à-dire que les conditions de gisement sont analogues à celles que nous venons de

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Fig. 28. — Coupe théorie N.-S., perpendiculaire à la vallée du Revue (d'après M. Peffau).

trouver en Rhodésia, et que nous observerons bientôt dans l'Est de l'Egypte. Sur la rive droite du Zambèze, le cours du Mazoé présente de nombreuses marmites de géants. M. Kûss, ayant fait vider quelques-unes de ces marmites, n'y a rencontré que de faibles traces d'or, avec du grenat, du fer oligiste et de la magnétite.

8» EST-APRICAIN ALLEMAND

Dans VAfnque Orientale allemande, les recherches faites pour trouver de l'or ont donné, jusqu'ici, peu de résultats.

On a signalé seulement, au Sud du lac Victoria, à Usindya, quelques veines quartzeuses aurifères au milieu de schistes primitifs, et à Bodei, Ouest de Tanga, des traces d'or dans les gneiss : c'est-à-dire, dans les deux cas, le type, que nous sommes habitués à retrouver un peu partout en Afrique, d'inclusions aurifères, plus ou moins exactement inierstratifiées dans des terrains cristallophylliens métamorphiques.

* (Bull. Soc. géol., 3« série, t. XII, p. 303 à 317 et pi. X.) Constitution géologique d'une partie de La Zambézie.

Dans toute la région conDprisc entre les lacs Nyassa et Victoria, mais surtout à l'Est de ce dernier, il existe un important système de terrains métamorphiques, avec grès et schistes quartzeux ferrugineux très bruns, qui renferment, en divers points^ des veines de quartz pyriteux aurifère, notamment au Sud et à l'Est du lac Victoria, au Nord du lac Nyassa.

En 1900, on a annoncé la découverte d'un peu d'or sur les bords du lac Nyassa.

Il est intéressant de remarquer que toute cette région des grands lacs, avec ses dislocations violentes et récentes du globe, ses zones d'effondrement, ses manifestations éruptives, ne semble pas présenter la richesse métallifère, à laquelle on aurait pu s'attendre. Ce n'est pas là, d'après les premières explorations, qu'on trouvera, en Afrique, le pendant de ces zones métallisées tertiaires, en relation directe avec les éruptions rocheuses tertiaires, si caractéristiques et si abondantes dans l'Ouest des États-Unis et le Mexique. Tout aju plus peut-on conserver encore quelque vague espoir de rencontrer une zone métallifère récente de ce genre du côté de l'Abyssinie, ce centre volcanique si capital, ou, toujours le long du même axe volcanique, en remontant à travers la mer Rouge, vers l'Arabie et vers l'Arménie ; même dans les régions de l'Afrique orientale affectées par des éruptions tertiaires, les rares gisements signalés appartiennent encore, comme dans le reste de l'Afrique, aux formations primitives. C'est, en effet, comme je l'ai déjà indiqué dans l'introduction S qu'il n'y a pas, entre les métaux et le volcanisme actif, la relation directe que pourraient faire attendre certaines théories sommaires. Conformément à la notion de profondeur, sur laquelle j'insisterai particulièrement au cours de cet ouvrage, les métaux ont eu besoin^ pour se maintenir en dissolution (et, par suite, pour venir cristalliser), d'une pression, qui, sauf pour les plus solubles ou les plus volatils d'entre eux, n'a pu être réalisée qu'à une distance assez grande de la superficie. Quand nous observons un filon incrusté de quartz aurifère ou de galène, c'est que nous avons sous les yeux une zone du globe, qui, au moment où ce lilon s'est formé, était, à une certaine profondeur, recouverte par une épaisseur plus ou moins grande de terrains, ultérieurement enlevés par l'érosion ; de môme que l'existence à la superficie d'un dôme granitique suppose le décapage préalable de toute l'épaisseur de terrains sédimentaires, sans l'accumulation desquels ce granité n'aurait pu se former. Il faut donc, pour que nous rencontrions, comme en Amérique, des métaux avec des roches tertiaires, qu'il se soit produit une érosion suffisante, dans laquelle, précisément, n'ont pu manquer de

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disparaître cet appareil extérieur du volcanisme, ces cônes, ces cratères, ces coulées, qui appellent aussitôt notre attention et, en nous faisant penser à de puissantes manifestations internes, donnent l'espoir, généralement déçu, de rencontrer quelque importante cristallisation métallique.

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