ABYSSINIE
L'Abyssinic paraît présenter des ressources en or, qui sont encore mal connues S notamment dans le massif Sud-Ouest, d'où découlent, à la fois, des affluents du Nil Bleu et du Nil Blanc.
D'après la mission deBonchamps ^ il existe, sur le versant Est de la chaîne des Béni Chonrouls (ou Ghongoul), à deux jours de marche du confluent du Dabous et de la Didessa, des quartz aurifères, sur lesquels une exploitation a été commencée par M. Comboul. D'autres gisements ont été reconnus plus au Nord et une Compagnie anglaise en a demandé la concession en 1899. Diverses rivières, découlant de cette chaîne, telles que la Nirouadda^ affluent duBaro, roulent, ditron, de l'or.
J'emprunte à un article récent de la Géographie * l'extrait suivant, relatif à ces gisements :
« L'or, qui arrive à Addis Ababa sous forme de poudre ou de petits cercles, provient des pays traversés par le Nil Bleu et son affluent de gauche, la Didessa : Béni Chongoul, Chankalla^ Doiibba, Ouallaga \ M. Gharles^Michel, sur sa carte de l'Ethiopie méridionale au 1/3 000 000®, inscrit, au confluent de la Didessa et du Dabous, à la hauteur «du 10^ parallèle Nord : Mines de quartz aurifère en exploitation. Depuis un temps immémorial, les indigènes de ces contrées recueillent de Tor. »
L'exportation annuelle de ces mines, dont le centre se trouve à Nedjo, est estimée à environ 600 kilogrammes.
Au Nord-Ouest, au contraire, à la limite de l'Abyssinie et du Soudan, la vallée du Nil Bleu, du côté du Fasokl ou Fazooglu, en amont de Sennaar, passe, depuis longtemps, pour fournir de l'or aux marchands de Souakim. Ce district payait autrefois un tribut en or à l'Egypte et Ton sait que Méhémet Ali entreprit, en 1820, la conquête du Soudan Oriental, en partie par désir de devenir le possesseur des mines d'or, qu'il supposait y exister.
A l'Ouest, une Compagnie s'est formée pour exploiter d'autres gisements d'or dans la colonie italienne de l'Erythrée.
' BiRCH. Gold mines of Ethiopia (Archœologia, vol. XXXIV, London, p. 357).
• Géogr., 1900, p. 25, avec carte.
'Géogr., sept. 1901, p. 197.
* Les mêmes gisements sont mentionnés ailleurs sous le nom de Wallega, Bems* chongul et Shinkalla.
Richesses minérales de l'Afrique. 8
tl4 LES RICHESSES MINÉRALES DE L'AFRIQUE
Enfin, de lautre côté du Nil, dans le Sud du Kordofan, vers Seizahàn onSheibun, à Takale ou Takla (12*^ N., 32*» E.), c'est-à-dire au Nord du Bahr el Gazai, il y aurail également, suivant Pinkerton, des alluvions aurifères, dont la présence en ce point est plus surprenante, au premier abord, que celle de Tor éthiopien.