‹ Les richesses minérales de l'AfriqueChapitre 17 sur 113 · EGYPTE · texte numérisé non relu

EGYPTE

Les mines d'or de l'Est de l'Egypte, qui furent fameuses dans l'antiquité et qui contribuèrent, pour une forte part, à alimenter d'or le monde ancien, ont été, pour la première fois, étudiées en détail et décrites avec cartes, plans, etc., dans un ouvrage de Linant de Bellefonds paru à Paris en 1868. Cet écrivain a rassemblé, à leur sujet, un certain nombre de textes curieux, ultérieurement complétés, d'après les découvertes nouvelles, par Tégyptologue Sayce, et dont je crois intéressant de rappeler d'abord les principaux : le sujet n'ayant encore fait l'objet d'aucune publication récente en français. De grandes difficultés pratiques, tenant notamment au climat, ont, jusqu'ici, empêché la remise en exploitation nioderne des gisements, qui alimentaient autrefois ces mines. Cependant, deux Sociétés anglaises se sont constituées pour mettre en valeur les richesses minières en Egypte, avec un privilège sur de vastes étendues de terrains : Tune, «TEgyptian Development Syndicate », s'est occupée surtout des mines de turquoises du Sina!, dont je reparlerai bientôt ; mais l'autre, « l'Egyptian Mines Exploration C^ », a porté une attention toute spéciale sur les gisements d'or en question, et je dirai bientôt brièvement en quoi ont consisté ses efforts, après avoir résumé d'abord ce que Ton sait surles exploitations antiques *.

La région minière d'Egypte est située, à l'Est du Nil, dans la chaîne, généralement assez basse (5 à 700 mètres d'altitude), mais atteignant par endroits 2 500 mètres, qui sépare sa vallée de la mer Rouge. Sa longueur totale est d'environ 1 200 kilomètres, sa largeur variable de 45 à 150. Elle commence à peu près à la hauteur de l'extrémité Sud du Sinaï et se continue jusque vers Souakim, où l'on entre dans la

* Voir: 1868 Linant de Bellefonds. L'Etbaye, pays habité par les Arabes Bicharieh; géographie, ethnologie, raines d'or, avec atlas. Paris. — 188i. Lock. Gold, Us oc' currence and extraction, p. 4 à 10. — 1901. Alpord. Institution of mining and metallurgy. — 1902. Liebenam. Goldbergbau in jEgypten (Zeits. fur prakt Geo!., janv. 1902, p. 9 à 15. — Comme publications récentes sur la géologie de l'Egypte, voir : 1883. ZiTTEL. Géologie and Paleont.der Libyschen WUste (Paleontographica XXX). — 1900. Compte rendu du congrès géologique de Paris (p. 839 à 932). : Notes de Hcgh J. L. Headnbll sur la vallée du Nil ; de T. Barron et W. F. Hume sur le désert oriental de l'Egypte, de W. F. Hume sur le Sinaï. — 1900 Max Blanckenhorn. iVeMC* zur Geol. und Paleont. Egypten (Zeits. f. prakt. Géol. 1900, 392 à 396). — Ibid. 1901, p. 40 et 159. — Publications du Geological Swvey d*Egypte^ depuis 1896.

Fig. 29. — Carte des gîtes miniers de l'Egypte, avec détail des mines de Turquoises

du Sinal.

Échelle au 1 : 6 660 000^

région abyssinienne, qui, elle-même, comprend des richesses minières, réputées autrefois comme d'une grande valeur (Fazogl, Nedjo, etc.). C'est là que se trouvent, outre les mines d*or, les fameuses mines d'émeraudes duDj. Sebara (ouSabarak), quelques gisements de plomb argentifère à Saffaga, dont je dirai bientôt un mot, les célèbres carrières de syénite de la région d'Assuan, d^importantes carrières de pierre de taille, d'albâtre, de marbre blanc, etc.

Cette région, aujourd'hui déserte et désolée, est des plus mal connues et des plus incomplètement explorées, quoique, tout à côté, des milliers de touristes remontent, chaque année, la vallée du Nil. Il en résulte des incertitudes et des confusions très probables dans les identifications, proposjées avec assurance par les prospecteurs modernes, relativement aux mines connues par des textes anciens. Dans l'antiquité, ce désert était traversé par des routes de caravanes reliant le Nil à la mer Rouge, routes qui se sont perpétuées à peu de chose près : Tune de Keneh (ou de l'antique Coptos) à Kosseir (Quoçeîr, l'antique Saou), le long de laquelle nous aurons l'occasion de décrire des gisements de phosphates ; une seconde, de Coptos à Thèbes, Redesieh et à la Tête de Nekhabit (Tap-Nekhabit), la Bérénice des Grecs (en passant près du Djebel Sebara et de ses émeraudes); une troisième, de l'île Eléphantine ou Nekhabit, c'est-à-dire de la première cataracte près d'Assuan, et aboutissant au même port de Bérénice *.

Les mines antiques devaient former deux groupes principaux, tous deux voisins de la côte, l'un au Nord de Kosseir, Tautre voisin de Bérénice. Dans les anciennes descriptions, ces dernières mines sont parfois décrites comme celles du désert de Bischarin (ou Bisharee sur les cartes anglaises) (Bedja), ou encore comme mines de l'Etbaye (fig. 29).

L'exploitation de l'or en Egypte remonte certainement aux temps les plus primitifs. Une tombe préhistorique, découverte par M. Quibell à El-Kab, à l'extrémité de la route de la mer Rouge au Nil, renfermait déjà un petit lingot d'or de 30 grammes. Quelques-unes des plus anciennes tombes de Dashur (12« dynastie, c'est-à-dire 2500 ans av. J.-C.), contiennent de nombreux ornements d'or, et un haut fonctionnaire de ce temps raconte, dans l'inscription de son monument funéraire, qu'il a dirigé le transport de l'or depuis les mines situées entre Keneh et Kosseir jusqu'à Coptos (près Keneh).

D'ailleurs, sur les exploitations d'or antiques et leur importance, d'une façon générale, les textes ne manquent pas. Ainsi, des lettres, découvertes il y a quelques années à Tel-el-Amama, nous montrent l'Asie tirant son or de l'Egypte dans le siècle qui précéda l'Exode. Les mis-

• Voir, & ce sujet : Maspsero. Histoire ancienne des peuples d* Orient, \, p. 495, avec carte de la route entre Keneh et Kosseir.

sives, que le Pharaon reçoit de ses employés en Asie, lui demandent de l'or, <c qui est, en Ègypie, aussi abondant que le sable du désert ». C'est en Egypte que le roi de Babylone envoie chercher Tor nécessaire à la construction des temples. Le roi d'Assyrie, écrivant au Pharaon, lui rappelle que son père et même le roi de la lointaine Cappadoce ont reçu jadis 20 talents d'or de la bonté du souverain égyptien, que luimême en a obtenu autant.

Deux siècles plus tard, au moment où Tempire égyptien s'effondra, envahi par les Barbares du Nord, l'extraction d'or était encore considérable. Le grand papyrus de Harris contient une indication sur les offrandes et cadeaux de Ramsès 111 (20* dynastie) aux temples égyptiens, et le total en est extraordinaire. Plus tard, sous les Ptolémées, on dut encore tirer beaucoup d'or de ces mines. Car le revenu annuel qu'en obtenait Ptolémée II montait à 14 800 talents, ou près de 100 millions de francs et, suivant Strabon, sous Ptolémée Aulète, alors que l'Egypte était complètement en décadence, ce revenu s'élevait encore à 12 100 talents, soit 75 à 80 millions.

En raison de ces chiffres, la région minière d'Egypte est l'un des nombreux points du globe, où les archéologues ont promené cette fabuleuse Ophir, d'où les flottes du roi Salomon ramenèrent, en un seul voyage, 450 talents d'or ; elle partage cet honneur avec l'Inde, l'Afrique du Sud (Zimbabyé), etc. ; mais les vraisemblances semblent plus grandes en sa faveur qu'en toute autre, et il est bien normal de penser que l'or, si abondant dans les tombes grecques de l'époque mycénienne, c'est-à- dire d'une époque où les relations avec l'Egypte étaient certainement fréquentes, venait, en grande partie, de l'Egypte*.

Quand on passe aux identifications de détail, on rencontre plus d'incertitudes, malgré la précision de quelques documents.

Nous avons déjà vu que les mines les plus anciennes, celles de la 12® dynastie, devaient être du côté delaroutedeKeneh à Kosseir, c'est* ^ à-dire probablement dans la région où l'on a retrouvé les filons (ÏUm Ru8, dont il sera question plus loin.

Sous la 19* dynastie, de nouvelles mines furent ouvertes beaucoup

• Un passage d'Hérodote (Thalie III, 17) a été également cité & l'appui de cette thèse. Dans ce texte assez vague, il est seulement dit, au milieu d'énoncialions très fantaisistes, que, du côté de l'Ethiopie, les Indiens Macrobes attachaient leurs captifs avec des chaînes d'or.

Il ne faut pas oublier que. pour les anciens Égyptiens eux-mêmes, l'or était une substance rare, qu'on allait, à travers mille dangers, chercher au loin, vers le Sud, du côté de la Nubie, c'est-à-dire de l'Abyssinie, dans ce Pouanlt, qui caractérisait tous les pays du Sud et qui était, avant tout, la terre de l'encens : témoin ce conte, cité par Maspero (Hist. anc, I, 496). où un aventurier, parti pour chercher de l'or en Nubie, vient faire naufrage sur la mer mystérieuse qui borne le monde au midi.

plus au Sud du désert. Nous entendons alors parler pour la première fois des mines de Ouady-Abbas, près Rédisiya (Redesieh) et d'Akita. Un précieux papyrus de Turin contient le plans des exploitations d'Akita (marquées en rouge, dit la légende connexe), avec les demeures des laveurs d'or, les digues des réservoirs destinés à l'alimentation d'eau, les chemins abandonnés qui conduisaient à la mer, l'emplacement de la pierre commémoralive de Seti 1*% etc. Ces mines d'Akita paraissent, suivant ce papyrus, avoir été ouvertes par Seti I®% qui les relia au Nil par une route aboutissant à peu près au point où se trouve aujourd'hui Dakka (Dakkeh), entre la première et la seconde cataracte, et c'est par cette route que Ton amenait les captifs condamnés au dur travail des mines. D'après une inscription, il voulait creuser des sources dans le désert pour trouver de l'eau, mais y renonça après être descendu à 70 mètres (120 cubit). Plus tard, son fils Ramsès II, ayant approfondi la fouille de 4 mètres, rencontra une source abondante.

Une forteresse égyptienne, construite près de Dakkeh, à Kouban, commandait l'accès de VOuady (Wady) Olaki, qui menait droit à ces mines d'or de ÏElbaye^, situées dans les nombreux Ouady, ou lits de rivière desséchés, qui sillonnent ce massif montagneux : l'Ouady Shaouanîb, l'Ouady Oumm-Teyour, le Djebel Iswoud, le Djebel Oumm- Kabrite. L'exploitation, commencée depuis un temps immémorial par les Ouaouaiou, portait, d'après les descriptions antiques, non sur des alluvions, mais sur des filons quartzeux à or libre.

Les mines A Ouady Olaki (ou Alagi)-^ furent exploitées sous les Ptolémées, et un auteur grec, Agatharcides de Cnide, qui écrivait environ 170 à 180 ans avant J.-C. ', nous apprend comment on y broyait le quartz pour en extraire l'or. Il les place près du mont Altahi, non loin de l'ancienne Bérénice Panchrysos, c'est-à-dire par 22®N. Elles furent, suivant lui, interrompues par l'invasion des Ethiopiens vers le vm® siècle avant J.-C, et l'extension de leurs galeries était si grande qu'elles devaient aboutir à la mer. Suivant d'autres écrivains, les mêmes mines se trouvaient à environ dix-sept ou dix-huit jours de marche Sud-Est de Derow, un village un peu en aval de Kom Ombo. Ces mines de V Ouady ou du Djebel Olaki ont été longtemps exploitées par les Arabes et ont été abandonnées, parait-il, parce qu'elles ne couvraient plus les frais ; mais, dans l'ensemble, toutes les mines

* Voir Chabas, Les inscHptions des mines d'or. — Maspero. Histoire ancienne, l. I, p. 480.

' Ces mines sont désignées, suivant les auteurs, par les noms d'Alagi, Olaki, OUagi (Ollagee en anglais), qui représentent évidemment un même mot arabe. Les exploitations, avec le temps, paraissent s'être reportées vers le Sud-Est.

* MiLLER-DiDOT. Geographi greci minores A. I, p. 123-129. Cf. D[odore de Sicile, IU. li-li.

égyptiennes furent surtout délaissées le jour où le gouvernement égyptien n'eut plus la force d'entretenir les routes, les sources, les retenues d'eau dans la montagne, indispensables dans ce pays desséché.

Sur Texploitation même des mines antiques d'Etbaye, nous possédons^ outre le texte, déjà mentionné plus haut, d'Agatharcides, un intéressant passage de Diodore de Sicile, qui montre l'emploi du sluice et de la coupellation :

« A l'extrémité de l'Egypte, entre les confins de l'Arabie et de l'Ethiopie, se trouve un endroit riche en mines d'or. C'est un minerai noir, marqué de veines blanches et de taches resplendissantes. Ceux qui dirigent les travaux de ces mines emploient un très grand nombre d'ouvriers, qui tous sont, ou des criminels condamnés', ou des prisonniers de guerre et même des hommes poursuivis pour de fausses accusations et incarcérés paranimosité ; les rois d'Egypte forcent tous ces malheureux, et quelquefois même tous leurs parents, à travailler dans les mines d'or. La roche qui renferme l'or étant très compacte, on la rend cassante à l'aide d'un grand feu ; puis on la brise avec des outils de fer, qui servent à tailler les pierres. Celui qui reconnaît la veine d'or se place à la tête des ouvriers et leur désigne l'endroit à fouiller. Les plus robustes des malheureux condamnés sont occupés à briser le silex avec des coins de fer ; les galeries, qu'ils pratiquent de cette façon, ne sont pas droites, mais vont dans la direction du filon métallique ; les travailleurs portent des flambeaux attachés au front. Des enfants pénètrent par les galeries souterraines, ramassent péniblement les fragments détachés et les portent au dehors, à l'entrée de la g^alerie. D'autres ouvriers, âgés de plus de trente ans, prennent une certaine mesure de ces fragments et les broient dans des mortiers de pierre avec des pilons de fer, de manière à les réduire à la grosseur d'une lentille. Le minerai ainsi pilé est pris par des femmes et des vieillards, qui le mettent dans une rangée de meules et, se plaçant deux ou trois à chaque manivelle, ils réduisent par la mouture chaque mesure de minerai pilé en une poudre aussi fine que la farine. Tous ces malheureux sont entièrement nus. Enfin les mineurs ramassent le minerai ainsi moulu ; ils l'étendent d'abord sur des planches larges et un peu inclinées ; puis ils y font arriver un courant d'eau, qui entraîne les matières terreuses, tandis que l'or, plus pesant, reste. Us répètent plusieurs fois cette opération, frottent la matière légèrement entre les mains, et, en l'essuyant mollement avec des éponges fines, ils achèvent d'enlever les impuretés, jusqu'à ce que la poudre d'or devienne nette et brillante. D'autres ouvriers reçoivent un poids déterminé de cette poudre et la jettent dans des vases- de terre; ils y ajoutent du plomb en proportion du minerai, avec quelques grains de sel, un peu

d'étain et du son d'orge. Après quoi, ils recouvrent les vases d'un couvercle, qu'ils lutent exactement, et les exposent à un feu de fourneau pendant cinq jours et six nuits sans discontinuer. Us les retirent ensuite du feu et les laissent refroidir ; en les découvrant, ils n'y trouvent autre chose que l'or devenu très pur et ayant un peu perdu de son poids ; toutes les autres matières ont disparu. »

Comme complément à cette description, un certain nombre de découvertes ont déjà été faites dans les explorations de quelques-unes de ces mines antiques : notamment, dans ces derniers temps, par Aliord. Généralement, ces mines sont signalées par les ruines de maisons, parfois groupées seulement par deux ou trois le long d'un ouady, ailleurs, au contraire, réunies de manière à avoir pu loger un millier d'hommes. Parfois, comme à Fatira, on a trouvé de longues murailles en pierre parallèles, entre lesquelles on a supposé que devaient se mouvoir les prisonniers, et des tours de guet. Les galeries sont toujours des descenderies suivant la pente du filon ; nulle part, on n'a essayé de forer un travers-bancs, quoique le terrain s'y prêtât. Des restes de meules ont été également découverts.

Une question, qui présentait une importance capitale autrefois comme aujourd'hui, était celle de l'approvisionnement en eau ; on avait fait, à cet égard, de grands efforts pour recueillir les moindres pluies par des citernes cimentées, réservoirs, etc., et pour aller chercher les moindres filets d'eau souterrains par des puits, que le sable a comblés.

Voici, d'après les dernières explorations, ce que l'on sait sur la géologie de ces gisements aurifères, dont quelques-uns, ceux de la côte au Nord deKosseir, ont été remis en exploitation.

Le massif montagneux est essentiellement formé d'un granité amphibolique à orthose rouge, qui lui communique sa teinte générale. On trouve, en outre, un granité gris à grain fin, du gneiss et des micaschistes. Ce noyau primitif est recoupé par des filons et intrusions de granulite blanche très feldspathique, de porphyre quartzifère, d'orthophyre, etc., et l'ensemble est recouvert par les grès nubiens, rouges ou bruns, avec lits d'hématites, qui forment généralement des couches horizontales. A la base et au contact des roches cristallines, un conglomérat, surtout développé dans le Nord, a été exploité activement par les Romains (Hammamat, route de Keneh à Kosseir) comme pierre d'ornement. Les grès nubiens sont recouverts par du crétacé (vallée du Nil, près Edfu et Redesieh), avec lentilles charbonneuses et niveaux phosphatés, puis par du calcaire nummulitique, etc.

Les filons de quartz aurifères semblent faire partie des granulites ou pegmatites, qui traversent les granités et gneiss. L'or serait donc là dans les conditions où on le trouve, en divers points du Plateau Central, dans l'Oural, en Comwall, en Telcmark, soit seul, soit associé avec

GISEMENTS DOR AFRICAINS. — EGYPTE <2l

Tétain, le bismuth et des métaux du même groupe, (parmi lesquels il faut compter le cuivre), avec de la pyrite, du mispickel, ou même de la stibine. C'est, autant qu on en peut juger, un typo de gisement hercynien relativement profond.

Les travaux de V « Egyptian mines Exploration » ont été concentrés en 1901 sur Um Rus^ à environ 360 kilomètres au Sud de Suez, et à 6 kilomètres du port d*Imbarak sur la mer Rouge. Les filons, très nombreux, ont été presque tous exploités autrefois, au moins jusqu'à 50 mètres de profondeur, et Ton s'est efforcé surtout de passer au-dessous de ces anciens travaux, qui ont, par endroits, plus de 250 mètres en direction et dans lesquels il n'y a plus qu*à glaner. Dans le Ouady Imbarak, au Sud des mines, on voit encore les ruines nombreuses des maisons de ces anciens ouvriers.

Les filons d*Um Rus sont formés de quartz blanc ou grisâtre, souvent pyriteux, d'une épaisseur de 0,40 m. à 1 mètre; on n'y a trouvé aucun autre minerai que la pyrite et l'or.

Les difficultés de l'exploitation tiennent au défaut de combustible, au climat qui est très aride et très chaud, quoique non malsain et au manque d'eau, auquel on supplée approximativement par des citernes ou des barrages. On trouve, comme ouvriers, des fellahs, moyennant 1 fr. 50 à 2 francs par jour. Les mines un peu éloignées de la mer auraient, en outre, des frais de transport considérables ; la charge d'un chameau (150 à 200 kilog.) coûte environ fr. 65 de transport par kilomètre.

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