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En dehors de ces régions productrices, nous verrons, en parcourant la carte d'Afrique, que la présence de Tor a été signalée dans divers autres points.
Comme types de gisements aurifères, sans empiéter sur la description détaillée qui va être faite, on peut remarquer, dès à présent, que l'or africain se présente rarement en filons proprement dits, comme ceux de Californie par exemple. Si nous laissons de côté les placers, — qui sont de simples produits de remaniement, des alluvions récentes analogues à celles que l'on rencontre un peu partout, — ces gisements d'or rentrent dans les quatre ou cinq types principaux suivants, que j'énumère dans leur ordre de formation probable : 1** pegmatites, ou quartz de pegmatites aurifères, formant, soit des filons indépendants, soit des imprégnations de silice aurifère dans des terrains anciens, qu'elles ont métamorphisés, transformés en gneiss et en quartzites ; 2*^ conglomérats aurifères, du Witwatersrand, (au Transvaal) et de Takwa, (dans la Côte d'Or anglaise) ; 3*^ filons-couches et imprégnations plus ou moins ramifiées dans des schistes métamorphiques et schistes amphiboliques ; 4® fissures diverses dans les calcaires, incrustées de pyrites aurifères et autres filons complexes d'âge hercynien ; 5*, pour mémoire, filons tertiaires de quartz aurifère.
4 •Le premier type, que l'on doit considérer, en général, comme le plus ancien, est aussi le plus mal représenté et souvent le plus problématique. 11 s'agît, tantôt de pegmatites, tantôt et plus souvent de quartz aurifères dérivant de pegmatites, c'est-à-dire de filons d'or analogues aux filons habituels d'étain et pouvant ne pas renfermer de pyrites. On rattacherait à ce groupe les inclusions aurifères des gneiss et quartzites à magnétite de Madagascar, décrites par M. Lacroix et les filons d'Um-Rus, sur le bord de la mer Rouge enEgypte,qui sont signalés assez incomplètement comme des veines de quartz aurifère dans des pegmatites, traversant elles-mêmes les granités et gneiss. Peut-être également certaines associations de traces aurifères avec de l'étain, du bismuth, ou du molybdène, citées plus bas, ren trentr elles dans le même genre de formations.
2® Le type très particulier des conglomérats aurifères, dont il sera longuement question plus loin, paraît bien être une formation sédimentaire ancienne, au moins dévonienne, peut-être silurienne, où il reste seulement à se demander si l'or s*est précipité mécaniquement ou chimiquement (les deux modes paraissant avoir existé côte à côte) et s'il a été emprunté à des filons antérieurs, ou directement apporté par des eaux filoniennes dans le bassin de sédimentation. De toutes façons, ces deux premiers types (V et 2**) seraient à considérer, par assimilation avec l'Europe, comme d'âge calédonien. Une partie du troisième groupe est peut-être dans le môme cas.
3*" Les fdons-couches et ramifications au milieu des schistes métamorphiques présentent un faciès extrêmement répandu dans toute l'Afrique, comme il l'est également dans nombre de massifs anciens, en Scandinavie, au Canada, en Grande-Bretagne, dans les zones primitives des Alpes, dans l'Est de l'Amérique du Sud, en Guyane, au Brésil, etc., etc. A ce groupe se rapportent encore diverses amphibolites aurifères, parfois qualifiées de diorites, des grès aurifères, etc., et l'on pourrait également lui rattacher des micaschistes aurifères, comme ceux de Madagascar, et des gneiss aurifères, comme ceux de lEstafricain allemand, où Tor paraît avoir été introduit avec les autres éléments du métamorphisme. Dans ces diverses formations, l'or est associé, d'habitude, avec de la pyrite de fer, comme dans les gisements précédents; il peut également être accompagné de quelques autres métaux. C'est à ce type que se rattachent les plus nombreux, sinon les plus fructueusement exploités, des gîtes africains.
4® Les fissures minéralisées dans les calcaires constituent un type localisé dans la zone dite de la dolomie du TransvaaI. On trouve, dans des fissures semblables, soit en filons-couches, soit en diaclases métallisées, un certain nombre d'autres métaux, plomb, zinc, cuivre, argent, cobalt, manganèse, etc.. et Tensemble paraît avoir bien des chances pour se rattacher à la série plutonienne, dite du Boschveld, qui vient s'intercaler entre le groupe primaire et le karoo. Ces deux derniers groupes (3** et 4^) pourraient donc correspondre, en majeure partie à une môme venue aurifère hercynienne, ainsi que des filons complexes, plus directement rattachés à la môme formation éruptive.
5° Enfin, je mentionne pour mémoire la possibilité que certains gisements très mal connus de l'Est de l'Afrique, soit dans la région des Grands Lacs, soit surtout en Abyssinie, dans le Soudan Égyptien et l'Est de l'Egypte appartiennent à une venue tertiaire.
Comme associations, l'or se trouve, de préférence, avec du quartz et de la pyrite de fer, parfois aussi avec du quartz seul, qui paraît alors pouvoir dériver de formations pegmatoïdes. Nous rencontrerons, d'autre part, un certain nombre de chalcopyrites aurifères (Malmani,
Middelburg, au Transvaal; Maslionaland, Kansanshi en Rhodésia; Namaqualand, etc..) et un niveau cuivreux aurifère au sommet de la formation dolomitique du district de Lydenburg (Transvaal). Le môme pays présente, à la base de cette dolomie, un filon-couche de pyrite aurifère avec quartz, associée à du manganèse (Pilgrimsrest, Malmani). Ailleurs, nous décrirons des cobaltines et smaltines argentifères (Middelburg, etc.), parfois accompagnées de chalcopyrile et d'autres sulfures métalliques. Des filons complexes aurifères avec galène, blende, chaicopyrite, existent au Transvaal (Murchison, Letaba), en Rhodésia, etc. D'autre part, les stibines aurifères sont très développées dans le Murchison Range (Gravelotte, Freestate) et, en Rhodésia, à la mine Inez (Mashonaland). Il est intéressant également de mentionner les rapprochements de Tor avec des métaux du groupe de l'étain, tels que le bismuth à Glynn (Lydenburg), le mispickel en Rhodésia (Malabele), le molybdène au Mozambique (Masinga), ou, ainsi qu'on vient de le voir, avec des pegmatites (source ordinaire de l'étain), comme dans le district de Mazoé (Rhodésia), à Um Rus en Egypte, etc. Enfin, l'or se montre avec de la crocoïse et de la galène, en Rhodésia, dans le Manica (Penhalanga) et peut-être dans le district de Middelburg, comme à Bérézovsk, dans l'Oural. Il est à peine besoin d'ajouter que l'or brut renferme, presque partout, de l'argent.