‹ Les richesses minérales de l'AfriqueChapitre 6 sur 113 · SÉNÉGAL. SOUDAN ET GUINÉE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

SÉNÉGAL. SOUDAN ET GUINÉE FRANÇAISE

Dans les possessions du Sénégal, du Soudan, de la Guinée, on a signalé, en divers points, des zones aurifères *; il est malheureusement nécessaire de dire que plusieurs des tentatives faites à cet égard ont acquis un triste renom, par suite des personnages qui y ont été mêlés, ou des escroqueries auxquelles elles ont donné lieu. Certains noms de mines, que je citerai plus loin, sont de ceux que Ton voit reparaître périodiquement, entourés d'une réclame savante, où l'on met en jeu le chauvinisme national pour faire souscrire de pauvres dupes à des émissions fantaisistes et, bien que la présence de l'or soit incontestable en plusieurs points de cette région, il en est résulté, pour ceux qui ont un peu suivi l'histoire de ces affaires, un discrédit général, peu favorable à la mise en exploitation des quelques gisements (encore à reconnaître), qui pourraient se trouver présenter une réelle valeur industrielle.

Une première zone, dont il a été trop souvent question, est celle du Bambouk et du Falémé, que Ion rencontre en remontant le Sénégal, sur un affluent de gauche de ce fleuve, dont le débouché est un peu en aval de Kayes.

M855. DcuAs. Un échantillon d'un gisement cVor découvert en Algérie [C. il., t. XL, p. 1138]. — 1902. Laukext. L*or dans les colonies françaises. Historique, gisements, procédés d*extraction, commerce.

■ Je reviendrai tout à l'heure spécialement sur la Côte d'ivoire, qui se rattache à un autre groupe de gisements : ceux de la Côte d'Or anglaise, dits Ouest-africains.

Dès 1880, il y eut, de ce côté, un premier essor de spéculation*

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Vers 1894, on en a vu un second, à la suite de voyages d'exploration

* 1860. Berg. Mines d"or du Kenieba (Rev. algér. cl colon.). — 1880. Carte géologique du bassin de la Falémé, dressée sous la direction ^de MM. Marc Merle-

retentissants, organisés par des Compagnies financières. Puis, tout récemment, après le temps moral nécessaire pour laisser oublier les blessures des précédentes expériences, le nom de Falémé a été de nouveau prononcé au Palais de Justice.

Il semblerait donc qu'il n'y eût qu*à passer sous silence cette région malheureuse, si je ne dressais ici un inventaire minéralogique des régions africaines.

Or, on a extrait réellement de l'or dans le Bambouk, en divers points, parmi lesquels je relève les noms de Sokoto, Mouralia, Dialafarindi, Kenieba, Kassama, Yatera. Un rapport du capitaine Mazillier, daté du 12 avril 1894, mentionne, comme exploités à ce moment par les indigènes : Duirata près Yatera, sur le flanc Est du Bambouk, à trois jours deBafoulabé, fouillé par les gens du Diébédougou; Binda,près Linguékoto, fouillé par les gens du Koukadougou.

En remontant le cours du Baflng, on a signalé de Tor vers Timbo.

Vers le Sud, en passant dans le bassin du Haut Niger et de son affluent le Tankisso, on retrouve une autre région aurifère, citée par divers voyageurs*, mais qui, elle aussi, a eu le triste privilège d'occuper l'attention de la Justice : c'est la région du Bouré et du cercle de Siguiri, sur le Haut Niger (en amont de Bammako, où doit aboutir le prolongement du cliemin de fer de Kayes àBafoulabé).

Vraisemblablement, les alluvions aurifbres reconnues dans ces diverses vallées, qui descendent, soit au Nord, soit à TEst, du Fouta Djalon, doivent provenir de gisements primitifs contenus dans celte montagne et le nom de celle-ci est déjà devenu, pour quelques enthousiastes, le synonyme d'un Eldorado. Il faut toutefois remarquer que les gisements primitifs de cette zone semblent participer du type, qui est ordinaire dans toute l'Afrique : celui des imprégnations, ou môme des inclusions extrêmement disséminées dans des roches cristallophylliennes et, spécialement, dans des schistes amphiboliques. Il arrive souvent que de semblables roches, très pauvres et sans valeur par elles-mêmes, mais répandues sur de vastes étendues, donnent, parleur destruction et leur préparation mécanique dans les cours d'eau, des alluvions, ayant pu offrir des quantités d*or notables. Ces alluvions elles-mêmes étant, pour la plupart, épuisées ici, on ne doit donc compter qu'avec beaucoup de réserves sur la possibilité de trouver, un jour ou l'autre, quelque veine quartzeuse aurifère, quelque filon-couche plus

Neveu et Robert par M. J. Fieux et rapport'du D' B.wol. gouverneur de la Guinée (1885). — 1887. Elisée Reclus, t. XII, p. 174. 177, 236, 263. avec carte p. 238. — 1804. Gap. Mazillier. Exploration militaire du Bambouk. — 1896. Gh. Picard. Rapport sur les mines d'or du Bambouk (Soudan Français) . — 1896. M. Barrât. Les 7nines d'or du bassin du Sénégal (Revue coloniale, II, 1896, p. 477-502).

* Voir notamment mission Woelffel (Géographie, 1901, p. 349).

OU moins inlerstratifié, susceptible de fournir une exploitation dans le genre de celles des districts excentriques du Transvaal (Lydenburg, Barberton, etc.) ou de la l\liodésia.

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