COTE D'IVOIRE FRANÇAISE
Il est particulièrement délicat d'exprimer une opinion, même purement technique, sur un district important et donnant lieu à des spéculations considérables, quand on ne Ta pas vu et que, de tous les résultats connus, de tous les rapports publiés, il résulte simplerpent ce fait que la richesse du district, son exploitabilité môme, sans être invraisemblables, i^estent à démontrer] car on se trouve en présence d'un billet de loterie, qui peut sortir à la rigueur, mais qui n'est encore qu'un chiffon de papier chamarré d'illusions et, s'il sort au tirage après qu'on en a fait remarquer la valeur tout hypothétique, on doit s'attendre à être maltraité, comme le furent les premiers ingénieurs qui avaient exprimé un léger scepticisme au sujet de l'avenir du Witwatersrand, au moment de sa découverte. D'un autre côté, partir, ainsi que le font certains prospectus financiers, de cette simple remarque qu'il existe à Takwa un conglomérat aurifère, analogue d'aspect à celui du Rand, pour en conclure — sur quelques essais sommaires, dont on a eu, dans l'histoire des mines, trop d'occasions d'apprécier la valeur — que ce conglomérat vaudra celui du Rand ou le surpassera, c'est abuser, dans une mesure un peu trop forte, de la crédulité du public; passer de là, comme on l'a fait, à un calcul de règle de trois, dans lequel on apprécie la valeur des terrains de la Côte d'Or en comparant leur superficie à celle des meilleures propriétés du Rand, c'est (qu'on me permette la comparaison) raisonner à peu près comme un marchand de toiles peintes, qui prétendrait vendre en tas toutes les toiles d'un Salon annuel sur le même taux par mètre carré que les Vélasquez ou les Rembrandt.
Industriellement, le district de Takwa est encore dans l'enfance. Les travaux, exécutés depuis 1899 dans des conditions très difficiles à tous égards, sont juste suffisants pour ne pas dissiper encore les espérances conçues au début. C'est un état d'incertitude, dont on ne sera plus très long à sortir; mais, jusqu'au jour où l'expérience aura prononcé, il faut bien se rappeler que le Witwatersrand constitue un cas exceptionnel, un cas resté encore unique, bien qu'on ait déjà retrouvé, en divers autres points du monde, au Transvaal même, au Natal, au Colorado, etc.,
* On dit également Tarkwa, Taquah ou Tacquah. De môme, Coumassie s'écrit aussi Kumassi, Kumasi, etc.
des conglomérats analogues ou semblables, aurifères sans doute mais inexploitables.
Cette observation faite, voici les principales données actuellement recueillies sur cette région, qui est tout au moins d'un très grand intérêt théorique.
Tout d'abord, l'histoire du pays n'est peut-être pas inutile à rappeler sommairement pour faire comprendre dans quelles circonstances l'attention vient d'être appelée bruyamment sur lui.
L'existence de l'or dans la Côte d'Or est, comme le nom seul du pays suffit à l'indiquer, connue depuis plusieurs siècles. Tandis que, plus à l'Ouest, la partie devenue française du littoral exportait de rivoirc et, plus à l'Est, les côtes allemande et française (Togoland et Dahomey), des esclaves, on a exporté des possessions anglaises (d'abord portugaises, puis hollandaises) pendant quatre siècles, des quantités d'or certainement considérables, que des évaluations fantaisistes, aussi impossibles à contredire qu'à vérifier, n'hésitent pas à compter par milliards ; les centaines de petits puits, creusés par les indigènes, que l'on retrouve sur la longueur des divers gisements, sont à eux seuls un indice bien certain de l'intensité qu'a présentée jadis cette exploitation et, bien que l'épuisement superficiel des gîtes, jusqu'au niveau où l'on pouvait lutter contre les eaux, ait arrêté peu à peu les travaux des noirs, il sortait encore environ 12 millions et demi d'or par an de la Côte d'Or au début de ce siècle, puis 5 millions vers 1830, enfin 2 à 3 millions de 1885 à 1900.
J'extrais d'une notice historique de G. Lock, sur la Côte d'Or*, quelques renseignements rétrospectifs.
Des 1382, prétend-on, des marins dieppois auraient rapporté de l'or d'Elmina (El Mina, la mine).
En 1471, deux Portugais, Joâo de Santarem et Pedro Escobar, redécouvrirent cette côte, à laquelle ils donnèrent d'abord le nom significatif de « Oro de la mina ».
Diverses relations de la fin du xv* siècle sont enthousiastes sur ce nouvel Eldorado. Léo Africanus raconte que le roi de Ghana possédait, attaché à son trône, un lingot d'or pesant 14 kilogrammes ; d'autres affirment que le roi de Buncatu (Bondoukou) avait un trône entièrement en or, etc.
Sous Philippe II, les Espagnols remplacèrent les portugais à Elmina; puis, au milieu du xvi* siècle, vinrent les Français, les Hollandais, les Danois, les Anglais (en 1C64), enfin les Brandebourgeois (vers 1690).
En 1669, le voyageur Villault de Bellefond, décrivant la Guinée, déclare ne vouloir parler qu'en passant des richesses de ce pays, de
* Gold, its occurrence and extraction, p. 26.
peur de n'être pas cru, « tant ce qu'il lui a été donné de voir paraîtrait incroyable ». En 4705, Guillaume Bosman, agent de la Compagnie
CAini; DES GISEMENTS AOUrERES DE U TOTE DE L'OR
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Fig. 4.
générale des Indes Orientales, dans un rapport à ses directeurs, vante la richesse en or du pays, etc.
Il faut, d'ailleurs, ajouter que tous ces enthousiastes ne connaissaient des gisements aurifères que la poussière d'or apportée par les noirs à la côte. Mais cela suffit pour faire donner au pays le nom de Côte d'Or
Richesses minérales de TAfrique. 3
et, suivant Sœtbeer, c'est aussi du pays de Guinée que la monnaie d'or anglaise a pris son nom.
Plus près de notre temps, les voyageurs, peu compétents en exploitation de mines, qui abordèrent l'intérieur du pays, furent surtout frappés par quelques grosses pépites, qu'ils virent ou entendirent décrire, et de nombreuses légendes se sont créées à l'occasion de ces phénomènes, qui sont loin, dans bien des cas, de signaler, autant qu'on le croirait, la présence d'un grand gisement, véritablement industriel.
Cependant la guerre de Coumassie (Koumasi), en1873, permit aux soldats anglais de rapporter quelques échantillons de quartz aurifère, qui attirèrent l'attention en Europe. Puis, vers 1880 à 1887, il y eut un premier mouvement d'affaires assez sérieux de ce côté. L'ouvrage de Lock sur l'or, paru en 1882, parle déjà avec quelques détails (plus de 6 pages) du district de « Tacquah (Wassaw) * ».
Surtout à partir de 1887, quelques Compagnies se formèrent et l'on exploita des alluvions aurifères dans la région côtière, à Apollonia, à Kinkham Bambo, à l'Ouest d'Axim. Un Français, Bonnat, avait, dès 1878, reconnu, en remontant la rivière Ankobra, dans le royaume de Wassaw, le district, devenu fameux, de Takwa, et constitué, avec un autre Français, M. Vérillon, la première Société, qui, dans son infortune, fut suivie par quelques autres.
Jusqu'en 1898, il n'y eut, dans ce district de Takwa, que deux mines en exploitation, dont les travaux sont, il faut bien le remarquer, encore aujourd'hui, avec quelques sondages voisins, le seul fondement sérieux, sur lequel on échafaude les spéculations.
Ces deux mines sont l'Adja Bippo (C^* Wassau), qui, de 1882 à 1898, a broyé 50000 tonnes pour obtenir 4445000 francs d'or, soit 89 francs d'or par tonne (sans traitement chimique des résidus) et la mine Taquah, de la Compagnie Taquah and Abosso, qui, dans les mômes conditions, de 1892 à 1898, a broyé 28 000 tonnes pour obtenir 2 052 000 francs d'or, ou 73 francs par tonne. On ne doit pas oublier que ces broyages, faits en petit avec des pilons légers de 300 à 400 livres anglaises au lieu de 1 200, ont nécessairement dû porter sur des minerais particulièrement triés, donc notablement plus riches que ceux auxquels on aura sans doute affaire en moyenne, dans l'avenir.
Malgré ces chiffres encourageants, malgré les caractères du gisement de Takwa, formé d'un conglomérat analogue à celui du Rand, ce district, — situé dans un pays tellement insalubre qu'on l'a surnommé
* Voir .-Chaper. Côte (TOr (Assinie), (1885. Bul. Soc. géol.. t. XIV, p. 105). — G. Macdo- NALD. The Gold Coaat Past and Présent, chez Longman's, Londres. —Mai 1901. H. Dupont. Les gisements aurifèi^es de ta Côte d'Or d* Afrique, 64 p. avec carie. — Publications financières diverses : Èconomvde français, Revue Sud- Africaine, etc.
le tombeau du Blanc, au milieu de forêts vierges absolument impraticables, où tous les transports devaient se faire à dos d'homme et où un sentier, frayé à coups de hache, se referme en quelques jours comme par magie, — n'avait pris aucun développement jusqu'en 1899 il serait sans doute resté longtemps dans le même marasme, si le prolongement de la guerre du Transvaal n'avait forcé les spéculateurs en valeurs aurifères à chercher ailleurs un autre champ d'activité et si le ministre anglais Chamberlain, tenant peut-être un juste compte de ce besoin, (quoiqu'il déclarât ne pas désirer boomei* les valeurs Ouest-africaines), n'avait fait, en mars 1899, une déclaration sensationnelle sur la richesse de cette colonie devant la Chambre des Communes.
Les résultats défavorables d'expertises, opérées à ce moment, pour de très grosses maisons financières, par des ingénieurs impartiaux, * n'arrêtèrent qu'un moment le boom, habilement lancé et, dans ce coin de la Bourse, qu'on a appelé assez justement le marché de la jungle^ (à cause des jungles où se trouvent les mines), la spéculation prit aussitôt son essor avec une intensité, dont on aura une idée par ce fait que, dans le seul mois de décembre 1900, il se constitua, d'après le Financial News 57 Compagnies Ouest-africaines, au capital autorisé de 160 millions. En trois ans, c'est au moins 2 ou 300 Sociétés, qui ont bourgeonné sur ce coin de terre et, rien qu'en additionnant les 70 ou 75 principales, dont la cote figure chaque jour dans les journaux spéciaux, on trouve déjà un capital nominal de 3 milliards et demi.
Si l'on ajoute que, pour certaines Sociétés, on a réussi à faire monter les cours de 1 livre à 15 ou 20 et, pour d'autres, à 5 ou 10 (37 pour la Gold Coast Agency ; 35 pour l'Akinassi Syndicate, en février 1901), on se rendra compte de l'ampleur du mouvement, qui fut naturellement suivi du krach inévitable, lorsque, vers le mois de novembre 1901, on vit la possibilité de « refaire des affaires » sur le marché du Transvaal. Les mauvais résultats de broyages arrivant, comme toujours, au moment opportun, les cours dégringolèrent de moitié en quelques jours. Ce sont choses auxquelles on est, d'ailleurs, suffisamment habitué avec les mines d'or pour n'en concevoir aucun étonnement et ceux-là mêmes, qui ont perdu à ce jeu, ne s'en émeuvent pas trop, mais rentrent volontiers dans ces valeurs à cascades, avec l'espoir de « réaliser » plus à propos la prochaine fois.
Pendant ce temps, on travaille activement aux mines ; on travaille au chemin de fer, qui a dépassé déjà Takvva et atteindra Coumassie, la capitale des Ashantis, vers la fin de 1902 ; sur les gros capitaux desti-
* Ces ingénieurs, parmi lesquels je crois pouvoir nommer M. Weili, envoyé parla maison Rothschild, avaient eu naturellement connaissance des résultats obtenus dan3 les broyages de la Taquah et de la Wassau, broyages qui restent toujours à peu près le seul fondement solide de la spéculation actuelle.
nés aux mines, il en est une partie, qui ne s*est pas tout à fait égarée sur le trajet de Londres à Coumassie et le résultat de cet énorme effort, dans un pays où la présence de Tor est indiscutable, sera, sans doute, de faire découvrir quelques beaux gisements encore ignorés, les seuls dont on se souviendra plus tard, en oubliant vite la ruine de toutes les entreprises jumelles.
Les gisements de la Côte d'Or comprennent trois types principaux : 1° filons ; 2** conglomérats et grés analogues à ceux du Witwatcrsrand; 3**alluvions récentes. Bien que l'attention ait été surtout attirée sur les conglomérats, dont la ressemblance plus ou moins exacte avec les formations de Johannesburg est de nature à enflammer les imaginations. Je commencerai par les filons, qui, logiquement, doivent être considérés comme le type le plus ancien.
Ces filons se trouvent loin de la côte, près de Coumassie, dans le pays des Ashantis, en une région malsaine, d'accès très difficile S habitée par une population, dont la dernière révolte en 1901 a mis en lumière le caractère belliqueux. Aussi leur commencement de développement date-t-il seulement de l'époque où l'on a décidément entrepris le prolongement, vers Coumassie, de la voie ferrée qui relie déjà Sekondi à Takwa, c'est-à-dire de la fin de 1899.
Le pays étant couvert d'une végétation inextricable, qu'il faut d'abord enlever avec grand'peine avant de songera voir le sous-sol, on ne doit pas s'étonner si la connaissance des gisements est encore singulièrement incomplète.
Parmi les groupes s'occupant de cette région, le principal est VAshanti Goldflelds Corp., qui a foré, depuis 1899, 2 ou 3000 mètres de galeries dans les mines de Sansu, Obuassi, Côte d'Or, Ayeinm, rivière Jun et a déjà installé, sur ces divers travaux, 200 à 280 pilons légers. Il s'agit là de veines de quartz aurifère, probablement pyriteuses en profondeur et plus ou moins irrégulières comme tous les filons du même genre, sur lesquelles les indigènes avaient fait des milliers de puits, qui, amenant l'introduction des eaux superficielles aux affleurements, forcent à ne commencer l'exploitation qu'à une certaine profondeur. Dans ces conditions, le résultat du broyage de quelques milliers de tonnes, recueillies on ne sait comment dans les travaux préparatoires *,
* A rassemblée du 20 déc. 190i, de l'Ashanti Goldfields, le président (d'ailleurs très optimiste) a qualifié la difficulté des transports de « fonnidable ». Quant k la s&lubrité, sur laquelle on cherche actuellement à se faire des illusions, elle se trouve qualifiée par le fait, mentionné dans le même discours, que trois conducteurs se sont succédés en peu de temps à la tête des travaux du chemin de fer, dont le premier est parti malade et le second est mort, Le port de Sekondi est lui-même d'un accès très difficile.
' Il est bon, pour se faire une idée de la confiance à avoir dans les résultats (bons ou mauvais) obtenus ou annoncés par les directeurs de mines anglais, délire sim-
n'a que peu de signification et je donne seulement, pour fixer les idées, les chiffres annoncés à VAshanti Sansu pour les rendements de novembre 1901 : 495 onces pour 850 tonnes ; décembre : 390 onces pour 550 tonnes; semestre de janvier à juin 1902 : 4110 onces pour 3776 tonnes, ou 21 dvvt, 8 (33»%8) par tonne. Les rendements des affleurements sont annoncés comme variant de 1/2 once à 3/4 d'once à la tonne. Les trois mines d'Obuassi, Côte d'Or et Ayeinm ont donné 23 460 onces d'or, (729 kilos), à raison de 48 grammes par tonne (14800 tonnes broyées) *.
Les mines de conglomérat de Takwa, situées à 64 kilomètres de la côte (port de Sekondi) et à environ 200 mètres d'altitude, paraissent d'un intérêt plus immédiat que les mines de quartz. Il est difficile, d'après des renseignements très sommaires et d'origine souvent suspecte, d'apprécier exactement ce que sont ces conglomérats et d'être même tout à fait assuré qu'il s'agit de conglomérats primaires comme ceux du Transvaal et non de simples alluvions récentes recimentées, comme il en existe en Californie, à Madagascar, etc., etc. Naturellement, les promoteurs des affaires n'hésitent pas pour la première hypothèse, qui semble, en effet, je dois le dire, la plus plausible. On a là des bancs formés de galets de quartz stérile plus ou moins volumineux, reliés par un ciment ferrugineux, où la pyrite n'apparaît pas, comme cela arrive toujours jusqu'à une certaine profondeur, par suite de l'oxydation météorique, mais où elle a dû exister et apporter l'or, qui s'est isolé dans son altération et peut-être concentré, suivant une loi très ordinaire.
Ces bancs de conglomérats, alternant avec des grès, présentent, dans l'ensemble une direction N. 40** E. avec prolongement Nord, reconnue en gros sur une vingtaine de kilomètres de long. Us sont loin de présenter la régularité de ceux du Main Reef, au VVitwatersrand, et se rapprocheraient plutôt de ceux qu'on a rencontrés au Transvaal dans quelques reefs secondaires, comme le Battery reef, le Kimberley reef, le reef de Rip, etc.
La moyenne des essais faits par la mission Rothschild en 1899 n'avait donné, si je ne me trompe, que 3 ou 4 dwtpar tonnes (5 à 6 gr.)'; les
ptement la correspondance du directeur de l'Ashanti Sansu, publiée en décembre 1901 par l'Ashanti Goldfields. Dans ces lettres, écrites au moment où un mauvais broyage annoncé affolait la spéculation, le directeur en question prie de placer pour lui, une forte somme en actions de'sa mine, quand elles auront baissé au-dessous de... et les administrateurs publient candidement cette lettre, où eux et leur public ordinaire veulent voir seulement la preuve que ce directeur a confiance dans son entreprise.
* L'once {oz) de 20 pennyweights (dwt) vaut 31«f,103. Le pennyweight (dwt) vaut l«',5ô et se divise en 24 grains (grs) de 0«',064. Le mot reef est employé improprement pour banc ou couche aurifère.
deux seules mines, où Ton est descendu à 80 mètres de profondeur* avec une exploitation qui date déjà d'une dizaine d'années, TAdja Bippo et la Taquah, distantes de 9 à 10 kilomètres, ont donné environ 22 dwt (34 gr.). Un fait assez particulier est la présence de lits de fer titane très abondants, en stratification fluviatile, à la mine Adjah Bippo et dans le sondage A, voisin, dont il va être question ; la couche aurifère, d'environ un mètre, repose sur un banc quartzeux d'à peu près 0°,60 j dans le sondage B, le reef rencontré n'avait que 0"*,20; dans le sondage G, 0",45. Au fond de la mine Adjah Bippo, on estime l'épaisseur utile à 0,52. La jungle épaisse et malsaine, qui couvre tout le pays, n'a permis, ni de se former une notion d'âge précise, ni d'apercevoir les terrains ou les roches, avec lesquels la venue aurifère pourrait être en relation.
Ce sont ces conglomérats, sur lesquels, à la suite de l'exploration Bonnat en 1878, on a commencé, en 1882, les travaux de l'Adja Bippo (G''« Wassau) et, en 1892, ceux de la Taquah. L'ingénieur Stanley Clay, venant du Transvaal et envoyé par les Consolidated Goldfields of S. A., les ayant visités en 1899 et ayant fourni un rapport favorable, cette Société constitua une filiale, la Gold Goast Agency, qui a fait, en 1901, au voisinage des mines exploitées, trois sondages A, B, G : le premier et le troisième obliques à 46°, le second vertical .
Ces sondages ont recoupé la couche vers 200 mètres de profondeur et montré qu'elle se continuait, avec une pente de 50 à 80**, en restant aurifère '. On a alors commencé, près du point A, un puits vertical, qui doit rencontrer la couche vers 600 mètres de profondeur et dont le résultat est impatiemment attendu, puisqu'il doit donner la première notion réellement sérieuse sur l'exploitabilité en grand du gîte.
En dehors de ce groupe, qui occupe surtout la partie Est des gisements, il s'en est, comme je l'ai dit déjà, constitué un très grand nombre d'autres. Je citerai seulement, par ordre alphabétique : les trusts de la British Gold Goast Company, de la Fanti Corporation et de la Fanti Consol. (mines Abbontiakoon, Effuenta, Fanti), Gold Goast Agency, Gold Goast deep level, Gold Goast Investment, Gold Goast Pioneer, Taquah and Abosso, (autrefois propriétaire de l'Abosso, réduite aujourd'hui à la Taquah^) et, de l'Est à l'Ouest, les mines
' Les indigènes n'ont guère dépassé 30 mètres.
* Ayant rencontré, un peu au Nord des affleurements de conglomérat, une pente inverse, on en a immédiatement conclu à Texistence^d'un synclinal aurifère continu dans tout l'intervalle.
• Suivant l'habitude des groupes financiers qui s'occupent de mines d'or, ce ne sont que reconsUtutions. groupements, divisions, formation de filiales, ventes partielles, opérations compliquées, etc., au milieu desquelles il devient bientôt difficile de se reconnaître, mais où il reste toujours quelque bénéfice immédiat pour les promoteurs.
suivantes, dont on trouvera remplacement sur une petite carte (fig. 4, p. 33) : Gold Goast Amalg. ; terrains de la Wassau, explorés (avec option) par la Gold Goast Agency ; mines AdjaBippo, déjà exploitées; Abosso, Fanti, Abbontiakon, (où l'on a obtenu environ 28»' par tonne dans les premiers essais), Taquah (ou Takwa), Effuenta, etc.
Aux sondages déjà mentionnés sont venus s'ajouter : sur TAbbontiakoon^ les sondages i et 4, ayant recoupé : l'un, à 100 mètres de profondeur, le reef épais dé 1,80 m. ; le second, à 113 mètres, le reef épais de 0,60 : dans les deux cas, avec des teneurs faibles; puis les trois sondages de l'Effuenta, ayant abouti : le premier à 300 mètres de la surface, le second à 63, le troisième à 159. Les résultats du premier sondage ont été seuls publiés, ils étaient environ de 8 dwt (12»',4).
Quant aux alluvions récentes, qui forment, dans les conditions ordinaires, de petites poches superficielles, pour la plus grande partie déjà épuisées par les indigènes, il n y a pas lieu de nous y arrêter.
Côte d'Ivoire. — Les résultats fructueux, obtenus dans les spéculations relatives aux gisements d'or de la Gôte d'Or anglaise, ont naturellement donné l'idée d'inciter des actionnaires français, avec les arguments patriotiques que l'on devine, à rechercher le prolongement de la zone aurifère sur la Gôte d'Ivoire française et à mettre en valeur les gisements d'alluvions, signalés vers 1887 par Binger. D*où, à la fin de 1901, Téclosion de Sociétés, relatives à ce qu'on a apppelé une nouvelle Galifornie.
Le colonel Binger, dans son voyage du Niger au golfe de Guinée*, signalait, en effet, avec enthousiasme, Tabondance de l'or dans le bassin du Gomoë :
« L'or y est très abondant, disait-il ; il y a des gisements aurifères exploités par les indigènes dans tout le bassin du Gomoë et de la Volta. Sans vouloir préciser, je pense qu'il n'existe pas, dans le monde entier, de pays où Ton rencontre autant de poudre d'or et de pépites entre les mains d'indigènes *. »
Gette zone aurifère, d'après Pelatan», partirait de la frontière anglaise, traverserait Ylndénié^ la rivière Comoé et gagnerait les savanes du Baoulé *, sur le Haut-Gavally.
Voici quelques centres d'extraction signalés par Binger, où il a vu
' Tome II. p. 346.
■ Cette production indigène aurait été, d'après les statistiques officielles (très erronées, comme tous les documents du même genre), de 918000 francs en 1896, 480 000 francs en 1899.
' Rev, univ, des Mines.
* 11 s'est constitué une Société « Baoulé Gons. Mines ».
les indigènes extraire de l'or : Boundoukou (entre le pays des Ashantis^ et le^Gomoé) Sapia^ Zaranou, Pirikrou, Benziy Zanzanso, Adoukas*'' sikrou^ la rivière Mezan, Beboum, Azirikou *.
On peut ajouter la région du Sanwi^ près des rivières Bia et Songan, où Ton a signalé, en 1901, un banc de conglomérat N. E.-S. O, parallèle à celui de Takwa.
Plus au Nord, des documents un peu vagues, parmi lesquels les voyages de Mungo-Park et de Burton, signalent la région au Nord et au Sud de Kong, comme ayant exporté de 1 or en Europe pendant des siècles*.
D'après un article récent du Mining Journal, les principales régions aurifères seraient : le haut Comoèy ou Coumvoè\ entre Alépc et Malamalosso; puis Allié, dans le district de Grand Bassam; Kokombo, où il existe des mines indigènes, etc.
Les exportations d*or n'ont fait que diminuer depuis quelques années :
211k«,902 296k«,224 lo9ksJ00 101k«,0l7 33k«,408 8^,078
4» CAMEROUN. CONGO. ANGOLA. AFRIQUE OGGIDEiNTALE ALLEMANDE
En continuant à suivre la côte Ouest d'Afrique, nous trouvons, au delà de la Côte d'Or et du delta du Niger, les possessions allemandes du Cameroun.
Cameroun. — Dans cette colonie, on n'a pas, jusqu'ici, rencontré d'or. On s'est contenté'' de remarquer, dans l'Adamoua, (c'est-à-dire la partie septentrionale du Cameroun, dans la direction du lac Tchad) l'existence de schistes, phyllites, amphibolites, avec diabases, etc., analogues à ceux qui renferment de l'or dans diverses régions africaines (?)
Congo. — Ni dans le Congo français, ni dans le Congo belge, je ne sache pas non plus que l'on ait signalé, nulle part, jusqu'ici, de l'or, sauf dans les monts de Cristal et sur le cours du Como, où M. Brousseau a retrouvé quelques indications aurifères (1896).
* En 1902. M. de la Jonquière Bessières a rapporté, paralt-il, d'Aloso sur. le Gomoé, un peu au nord d'Âlépé, c'est-à-dire à proximité de la mer, des échantillons de quartz ferrugineux aurifères.
• ZeiU, fur prakiiscfie Géologie, 1899, p. 374 : cf. 1902, p. 202. D' Passarge. (Deutsche Colonial Zeitung, 1889, p. 21.)
D'après cet explorateur S on pourrait faire des bâtées d'or très faibles au village de Matchi.
Mais, en passant du bassin du Congo, dans le versant de TOcéan Indien, pour descendre vers le Zambèze, on entre dans une autre région, qui, elle au contraire, contient, en divers points, des gisements aurifères, ou du moins des traces dor appréciables, dont j'aurai à reparler ultérieurement, dans le pays des Barotse, la Rhodésia, etc.
Le plus septentrional et le plus récemment reconnu de ces gisements est celui de Kamanshi, dans le Garanganja, presque dans la même région que le Katanga; mais ces gisements se multiplient, comme nous le verrons, quand on a passé le Zambèze, dans le Mashonaland, leMatabeleland, c'est-à-dire dans ce que l'on appelle la Rhodésia, ou dans la portion contiguë du Mozambique.
Angola. — Dans la colonie portugaise de l'Angola, on a signalé, depuis longtemps, de l'or. Le pays est relartivement salubre ; mais les pluies forcent à interrompre tout travail, au moins du 16 février au 15 mai et du 1*' octobre au 1*' décembre.
En 1885, une Société française s'était constituée pour exploiter les alluvions aurifères du Rio Lombigo *, dans le district de Golungo Alto, à l'est de Loanda. La rivière actuelle coule sur des schistes anciens, paraissant contenir des veines de pyrite aurifère. Sur les dix premiers kilomètres de son parcours, elle traverse un marécage; mais vers Gongolae, on a des graviers aurifères, recouverts par environ 8 mètres de terrain stérile et contenant surtout de l'or sur les cinq centimètres de la base. Il existe également un peu d'or sur un affluent de gauche du Lombigo, le R. Calumbo (Mina Massanga Monza).
J'ignore ce qu'est devenue cette entreprise, qui aura probablement sombré comme tant d'autres.
Vers Huilla, à la hauteur de Mossamedes, on mentionne également de l'or et du fer.
Enfin, en 1899 ' ,on a retrouvé de l'or, plus au Sud, près de la frontière allemande, dans les sables de lOkachilanda, un affluent de gauche du Kunéné, qui coule à travers des granités avec filons de quartz.
* Brousseau. Notes sur la géologie du Gabon et des Monts de Cristal (Géographie. 1904 ; p. 524 à 5â6); cf. G. Brousseau. Géologie du Dahomey (Géographie 15 janvier 1902, p. 7).
• Ce Rio Lombigo est un affluent de droite du Rio Bengo, qui lui-même se jette k la Barra de Bengo, un peu au Nord de Loanda (entre le R. Quanza au Sud et le R. Dande au Nord).
Cotte compagnie des mines d*or de Lombigo s'était formée pour exploiter une concession accordée à Salom Bensaude et explorée sous la direction de John Taylor and Sons. Il existe, à son sujet, un rapport de M. Salles Ferreira.
» Géogr., 1000. p. 309.
Afrique occidentale allemande^ — On a annoncé récemment avoir trouvé une zone minéralisée, contenant or, argent, cuivre et plomb à 650 kilomètres Est de Walfisbay.
L'Anglo-gef^man West AfricaC^ s'occupe de l'explorer. Nous verrons plus loin, au chapitre du cuivre, ce qu'il faut retenir de la plupart des informations relatives à cette région.
D'après M. GQrich, l'or serait assez fréquent, mais seulement en quantités inexploitables, dans le Nord du protectorat (pays d'Herero), soit dans les gisements de cuivre (Ussab, Pot-Mine, Mont Khuos), soit en filons quartzeux avec du bismuth (Ussis). Non seulement, les alluvions aurifères, mais même, plus généralement, les grandes masses d'alluvions quelconques semblent faire défaut : ce qui laisse peu d'espoir de trouver des placers considérables.
5» MINES D'OR DU TRANSVAAL. — WITWATERSRAND ET DISTRICTS DE KLERKSDORP ET IIEIDELBERG. — DISTRICTS DE BARBERTON OU DE KAAI», DE LYDENBURG, DU MURGHISON RANGE.
Les mines d'or du Transvaal, et spécialement celles du Witwatersrand, sont évidemment le morceau essentiel de la richesse minérale africaine et, si mes descriptions devaient être uniquement proportionnelles à la valeur des gisements, je serais conduit à leur consacrer la presque totalité de ce volume. J'en parlerai, au contraire, assez brièvement, en me bornant aux généralités, et je suppose que le lecteur ne s'en montrera pas trop surpris ; car ces gisements constituent un sujet spécial, qui a été compendieusement traité ailleurs ; moi-même, je lui ai consacré tout un ouvrage * et, quoique plus de six ans déjà se soient
• 1889. D' G. GûRicH. Die wissenschaftliche Bestimmung der Goldfundstellen in Deutsch. Sudwest Afrika (ZeiUchr. d. D. geol. Ges., 1889, p. 569). — 1896. Stromer VON Rbiciienbax:h. Die Géologie der deuUchen Schulzgebiele in Afnka, avec bibliogr., p. 155.
• Les mines d*ordu Transvaal, 1 vol. in-8« de 540 p., chez Baudry, 1896.
Les mines d'or du Transvaal ont donné lieu, dans ces derniers temps, à de telles quantités de publications qu'il ne saurait être question ici de les mentionner toutes. Je renvoie aux deux bibliographies insérées, dans mon ouvrage sur les mines et dans celui de M. MolengraalT sur la géologie de la République Sud -Africaine {Bull. Soc, Géol. 1901). D'autres articles seront mentionnés au cours de la description qui va suivre. Voici, en outre, quelques indicaUons de publicaUons récentes : Draper. Notes on the geology of South Eastern ^/"/"tcrt. (quart. Journ. geol. Soc, 1894, p. 548 à 559, pi. XXII). — Sawyer. Remarks on the Banket formation at Johannesburg (Feder. Inst. of mining Eng., 1894, p. 360 à 367). — Transactions of the geological society of South Africa, depuis 1896 inclus. — Krause. Uber den Einfluss der Eruptivgesteine auf die ErzfUhrung der Witwatersrand Conglomerate und der im dolomitischen Kalkgebirge von Lydenburg auftretenden Quartzflôtze, nebst einer kurzen Schilderung der Gruben Bezirke von Pdgritnsrest und de Kaap (Zeits. fur prakt. Geol.. 1897. 12 à 25). — A. Wendehorn. Slôrungen der Schichten zwischen Pretoria und Vereeniging im Transvaal und die daraus resultirenden SchlUsse liber
écoulés depuis ma visite au Witwatersrand, la période de troubles, qui a commencé presque aussitôt après et qui, pendant les trois dernières années, a pris la forme d'une guerre acharnée, en paralysant Tessor logique et prévu de l'industrie aurifère, a empêché mon travail de vieillir aussi vite qu'il aurait dû. La seule constatation un peu nouvelle, qui ait été faite, celle de Texploitabilité fructueuse de cette première rangée de deep levels qu'on appelle les Rand Mines et probablement même de la seconde rangée située plus au Sud, n'a fait que confirmer mes prévisions et, quant aux hypotlièses, qui m'avaient conduit à supposer des découvertes futures dans les régions encore vierges de TEst du Rand, les présomptions semblent plutôt s'accentuer en leur faveur que leur donner un démenti.
La connaissance géologique du Transvaal a réalisé, pendant cette période, grâce surtout à M. MolcngraafT, des progrès notables. De ces vues théoriques, il peut résulter quelques^conséquences pratiques intéressantes; aussi, crois-je utile de résumer sommairement l'état actuel de la question, sans entrer pourtant dans des détails qui seraient hors de propos.
Géologie du Transvaal. — Généralités. — La constitution géologique de l'Afrique du Sud est, j'ai déjà eu l'occasion de le dire dans l'introduction *, très simple et peut s'exposer en très peu de mots.
Il suffît d'imaginer un ensemble de terrains cristallophylliens et de terrains primaires métamorphiques, généralement dépourvus de fossiles et, par conséquent, d'âge indéterminé, mais renfermant néanmoins, en quelques points, comme terme supérieur, du carbonifère incontes- •table. Ce système primitif a subi, pendant la période primaire, et, probablement encore, à» l'époque carbonifère, des plissements, à la suite desquels toute la masse du continent africain est restée émergée, comme l'étaient également, à l'Est et à l'Ouest, les deux massifs homologues, plissés en même temps, de l'Inde et du Brésil. Puis a commencé une période d'érosion continentale, de dénudation, pendant laquelle des dépôts lacustres ont, sur toute l'étendue de l'Afrique, couvert de vastes superficies : période ayant duré du permien à l'infralias. Ce genre de dépôts lacustres, importants par les couches de combus-
den Verbleib det^ ooldhalligen Conglomerate (Zeits. fOr prakt. Geol., 1897. 303 à 311).— Léon Demarbt. Etude teck, sur les mines d'or du Witwalers (Ânn. d. M. de Belg. 4897, t. II). — Ahrens. Die Goldindustrie der S, A, Rep (Sammlung chemischer Vortrâge, Stuttgart, 1897), — Becker. The Wilwalersrand banket (Washington). (Résumé dans Zeits. fUrpr. Geol. 1898, 212). — Albrbcht Wirth. Geschichte Sadafrikas (Bonn. Cari Georgi, 1897, 156). — A. Bordeaux. Le Murchison Range et ses champs aurifères (Ann. des mines. 1898, 9*, l. XIV, p. 95j. — A. Bordeaux. Les Mines de l'Afrique du Sud \i vol. chez Dunod).
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tible qu'ils renferment, présentent, aînsi que nous Tavons vu dès le début de cet ouvrage, ce caractère remarquable d*ètre restés horizontaux, comme un manteau démantelé par l'érosion, au-dessus des terrains primaires, qu'ils recouvrent en discordance absolue. Ce sont, d'abord, à la base, des poudingues, puis des grès, schistes et lignites, constituant ce qu'on appelle les couches du Karoo. Enfin, à partir de l'époque crétacée, des dislocations et des effondrements se sont produits le long des côtes africaines, mais n'ont eu leur contre-coup dans l'intérieur du pays qu'au Nord du Zambèze, c'est-à-dire au delà de la région qui nous occupe en ce moment.
J'ai déjà fait remarquer à quel point celte histoire rappelait celle de notre chaîne hercynienne d'Europe et, notamment, celle du Plateau Central français, oii Ton retrouve, de même, un massif primaire plissé et émergé après le carbonifère, puis des dépôts permo-triasiques à peu près horizontaux mais plus localisés qu'en Afrique, enfin des accidents de dislocation tertiaires à allures d'effondrements linéaires, qui, eux au contraire, ont eu, en Auvergne, une extension, à laquelle rien ne correspond en Afrique du Sud.
Dans cet ensemble, sont venues s'intercaler trois séries éruptives principales, toujours à peu près analogues à celles d'Europe : d'abord, une série primaire, sur laquelle je vais revenir à cause de sa relation probable avec les gisements d'or ; puis une série éruptive contemporaine des divers termes du Karoo, principalement marquée par des porphyrites, diabases ophitiques, mélaphyres et péridotites diamantifères ; enfin une série de roches tertiaires, localisée au Nord du Zambèze, et continuée par les volcanë de la région des lacs ou de l'Abyssinîe.
Un fait essentiel, dont j'ai précédemment signalé la généralité en Afrique, mais dont le rôle est marqué dans le Sud du continent, est l'érosion énorme que cet immense plateau paraît avoir subie, depuis une émersion, qui remonte, nous venons de le voir, au carbonifère. Cette érosion avait déjà eu le temps de préparer le nivellement du sol, quand les conglomérats, par lesquels le Karoo débute comme tous les remplissages lacustres, en ont comblé les dernières dépressions. Depuis cette époque, aucun plissement plus récent n'étant venu (ainsi que dans les Alpes, par exemple), faire surgir de nouvelles couches profondes, les saillies n'ont pu que continuer à s'effacer progressivement, ,et il en résulte que les régions de l'écorce, accessibles à nos observations et à nos travaux de mines, en Afrique Australe, celles où nous observons des gites métallifères, ont des chances pour s'être trouvées jadis à une profondeur de plusieurs centaines, peut-être de plusieurs milliers do mètres au-dessous de la superficie. Nous aurons à nous en souvenir quand nous essayerons d'interpréter la genèse de ces gisements.
Si nous revenons maintenant sur la coupe plus détaillée de la série