LIGNITES D'ALGÉRIE
bon utilisables, en un point situé sur le Kandete» affluent du Ki\vira> entre ce fleuve et le Songwe, par 9<>32'2(y' Sud et 33* 44^ Est.
D'après une communication de Hauchecome à la Société géologique allemande en novembrel896, et le rapport de M. Bornhardt lui-même, il y aurait, en cet endroit, au milieu de grès stériles, une formation schisteuse de 20 mètres, contenant, dans les meilleures parties, une couche de charbon de 5 mètres et, au-dessus, une couche de 2,50 m. Les veines de houille vont en se rétrécissant vers l'Ouest et tombent à 2 mètres à la frontière anglaise. Le charbon, d'un type analogue à celui du Natal et du Transvaal, c'est-à-dire composé d'un mélange de houille maigre et de charbon de chaudière, est, en moyenne, très chargé de cendres. La houille maigre, pauvre en gaz, domine, mais contient, comme dans le district de Middelburg, quelques bancs de houille à gaz et à coke intercalés. Le pouvoir calorifique varie de 5 500 à 7 000 calories.
L'utilisation de ces gisements, problématique même dans l'avenir, paraît absolument impossible pourleprésent,fautede débouchés locaux : les seuls, bien entendu, auxquels on puisse penser. On a bien, il est vrai, parlé de la navigation à vapeur sur le lac Nyassa et il est certain que, dès 1896, il y avait dix bateaux à vapeur sur ce lac. Mais il paraît qu'ils ne consomment pas pour plus de 8 ou 10000 francs de bois par an.
En dehors de ces lignites du Karoo, on a encore mentionné, près de Lindi, sur la côte, quelques mauvais lignites tertiaires.
S*" Lignites crétacés ou tertiaires. — Algérie, Madagascar, etc. — L'Algérie^ manque totalement de combustibles minéraux : lacune qui se fait également sentir, comme nous l'avons remarqué en passant, dans la plus grande partie de l'Afrique et l'exploration du pays est maintenant assez avancée pour que cet arrêt doive être ici considéré comme très probablement définitif.
Je décrirai tout à l'heure le seul point où l'on ait rencontré quelques lignites à peu près utilisables dans le miocène : les environs de Marceau, sur le flanc nord du Djebel Zacar, dans le petit Atlas, à 24 kilomètres du port de Cherchel (80 kil. O. d'Alger) . Je vais commencer par signaler divers points, où ont été rencontrés des indices charbonneux sans valeur.
Ce sont, dans le département d'Oran : les grès néocomiens d'El-
* 1858. ViLLB. Sur un gxie de comb, entre Ténès et Orléansville (B. S. G. Fr. 1858. p. 527 et Ann. Mines, 5« série, t.X, p. 605). — 1860. Gaudin. Lignites (T Algérie (B. S. Vaud. Se. Nat. Lausanne, 1860, p. 255). — Lahachb. Sur quelques combustibles fossiles du dép. de Constantine (Rev. Se., t. VII, p. 634-635). — 1882. Pinard. Sur un gis. de houille découvert dans la vrov, d'Alger (G. R., 1882, p. 708). — Roy. Sur la possià. évent. de trouver de la houille dans la prov, d'Oran (C. R.. t. XLYI, p. 112). — 1896. Étude du Sahel cT Alger et de la région de Blida, par la Soeiétê géologique (B. S. G. F., 3», t. XXIV). — 1898. Dusaugry. Etude géol. et économ. du gisement de lignite de Marceau (Algérie) (Bul. Soc. Tnd. Min., 3% t. XII, 1898, p. 501).
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Bicha (30 kil. S. d'Aflou) ; les schistes infra-jurassiques du Djebel Lind" less (29 kil. O. d'Oran) et du versant nord de la montagne des Lions (16 kil. N. 52® E. d'Oran) ; les schistes bitumineux helvétiens de Lamoricière {Hkil. E. 10* N. de Tlemcen); puis, dans le départeraeni d'Alger, les grès néocomiens de Guementah (54 kil. 0. 9® N. de Laghouat) et les lignites sahéliens de Bled-Boufrour (12 kil. N. d'Or^ léansville) ; enfin, dans le département de Constantine, la concession de Smendou (29 kil. N. 19* E. de Constantine) sur des lignites intercalés dans les marnes gypseuses du miocène helvétien et les lignites, également helvétiens, de Rouached (20 kil. O. de Milali). . Revenons sur le gisement de Marceau,
Il existe, on le sait, au Sud-Ouest et un peu à Test d*Alger, un bassin tertiaire d'environ 100 kilomètres de long sur 25 de large, qui, vers le Sud, vient buter, à peu près à la hauteur de Rovigo, Blida, Mouzaîa, Marceau, contre le crétacé et, au Nord, est limité, soit parla mer, soit par les lambeaux gneissiques des environs d'Alger, soit par le crétacé du côté de Cherchel. C'est la plaine de la Mitidja, avec les collines du Sahel qui la bordent au nord.
Ce bassin présente, dans toute sa partie ouest, une remarquable ceinture de roches éruptives, notamment d'andésites augitiques d'âge indéterminé, dont il sera question plus loin à propos des gîtes métallifères. Il comprend, de haut en bas, des dépôts quaternaires, pliocènes, sahéliens (tortonien et pliocène inférieur), helvétiens.
Dans l'ouest du bassin, le Sahélien renferme du lignite. Sa coupe est la suivante, de haut en bas :
Zone 3. Grès puissants, avec argiles à lignites et calcaires marneux.
Zone 2. Marnes calcaires et argileuses.
Zone 1 . Grès et conglomérats, formant les hauteurs du Djebel Zabrir et calcaires.
A 200 mètres à Test du village de Marceau, on a reconnu trois couches, contenant, d'après M. Dusaugey, 2,80 m., 1,50 m. et 1 mètre de charbon. Leur puissance diminue vers l'Ouest et n'est bientôt plus que de 0,80 m. à 1 mètre.
Ce charbon, pour l'utilisation duquel on a tenté l'installation d'une verrerie, est très cendreux (12,60 p. 100 de cendres) et contient seulement 25,40 p. 100 de principes calorifiques solides, avec 30,80 p. 100 d'eau et 31,20 de gaz. On a estimé sa puissance calorifique totale à 4264 calories. 11 ne peut être employé sans mélange ; mais une ligne de chemin de fer à l'étude, qui doit passer à 5 kilomètres de la mine, permettra peut-être un jour d'en reprendre l'exploitation pour briquettes.
M. Dusaugey estimait, en 1898, le cube total à 350000 mètres cubes.
£n 1898, l'Algérie figure, sur la statistique officielle, pour 200 tonnes de lignite à 12 fr. ; en 1899, pour 150 tonnes.