PÉTROLES ALGÉRIEN
Milah), oii des fissures bitumineuses recoupent le suessonien ; Fedi* mzala, dans la même région, où l'on a exploré, en la prenant pour un lignite, une veine de bitume compact dans le calcaire sénonien ; puis ChebkordeS'Sellaoua (43 kil. S.-S.-O. deGuelma), où le bitume remplit des fissures au milieu de couches calcaires et schisteuses cénomaxAennQS'f Djebel el-Mouxda {^\i\\> O. de Sédrata), où Ton est dans le suessonien ; enfin Djebel Guelb (56 kil. N., 26« O. de Tebessa), avec des indices de pétrole liquide dans des fissures du calcaire cénomanien.
Je reviens maintenant sur la région, industriellement étudiée, du Dahra et de Relizane.
Les explorations du Dahra^ sont les plus avancées et auraient peut-être déjà donné lieu à une concession, sans des difficultés d'ordre administratif, tenant à la condition imposée aux explorateurs, en grande partie anglais, de constituer une Société française.
Elles ont porté sur un point principal : AlfirZefi (49 kil. E., 12® N. de Mostaganem, 3 kil. N. du Chéliff) et, accessoirement, sur Béni-Zenihis^ dans le lit de VOt^d Tharria^ à 54 kil. Ë. \\^ N. de Mostaganem et 5kil.N. duChéliff.
A AïvrZeft, un puits de 416 mètres a été foré, au pied d'un tlot de gypse, dans des marnes pliocènes. On a rencontré, paratt-il, assez de pétrole pour avoir pu en pomper, pendant trois mois, près de 5 mètres cubes par jour. A Béni^Zenthis^ il y avait des traces de bitume dans une argile, au contact d'un îlot gypseux, en terrain sahélien ; on a foré deux sondages sans grand succès.
La région au sud-ouest de Relizane, sur la rive gauche du ChelifF, a été explorée par cinq Sociétés et l'on a fait plusieurs sondages, peut-être arrêtés trop tôt, sans avoir obtenu de résultats bien encourageants. Cependant, tous ces sondages entrecoupé quelques suintements pétrolifères, à l'exception d'un seul, qu'on avait eu le tort de placer directement sur le crétacé et qui est descendu jusqu'à 420 mètres sans rien trouver. Dans les autres, on est, en général, parti des marnes burdigaliennes (miocène inférieur, cartennien de Pomel), qui constituent un niveau imperméable, en pensant que, dans les grès poreux du même étage situés au-dessous, on devrait rencontrer une nappe pétrolifère ; cette hypothèse théorique a été déçue, les grès se sont montrés stériles et les suintements pétrolifères ont été, au contraire, localisés dans les marnes.
Le principal centre de cette région est Tliouanel, ou Chabel-Msilah (Messila), à 20 kil. S.-O. de Relizane. En 1900, la Société Lyonnaise a annoncé avoir retiré du puits n<^ 13 de Messila, à 98 mètres de profondeur (système Burdigalien), du pétrole noir, de densité 0,830 à 1 5* C . , donnant ; huile légère et perte, 5,50 ; huile à brûler, 50 ; huile lourde lubréfiante 12,50; résidu, 24.
La tectonique de cette région, si intéressante qu'elle paraisse, précisément en raison de ces venues pétrolières, est assez difficile à débrouiller; caries marnes n'y présentent aucune trace de stratification. MM.Brive et Fabre sont les derniers qui Taient étudiée, en 1899. D'après M. Brive, une faille importante s'étend depuis le confluent de la Milna et de rOued Tliouanet jusqu'à Kalâa, avec une direction N.-E.-S.-O., mettant en contact toutes les couches miocènes (burdigalien, helvétien, tortonien) avec le sénonien et, sans doute, accompagnée par l'arrivée au jour de quelques lambeaux triasiques. C'est, suivant ce géologue^ par cette faille que seraient montés les hydrocarbures, toujours localisés à son voisinage. Ceux-ci se sont répandus dans les diverses strates crétacées ou tertiaires, où on les a successivement rencontrés. C'est ainsi que les premières recherches ont été 'faites à travers les couches helvétiennes ; d'autres ont trouvé des bitumes dans les marnes burdigaliennes ; enfin les gisements les plus importants se sont présentés dans le sénonien, au voisinage d'une masse gypseuse assez étendue.
Pour M. Fabre, qui a étudié la région postérieurement, il y a là, non une faille, mais un dôme anticlinal crétacé, d'âge anté-burdigalien, au centre duquel apparaît le trias en couches plastiques et la présence de ce dôme anticlinal triasique, qui ne peut manquer d'avoir été accom«* pagné par des fractures, aurait amené au jour le pétrole*
Tunisie. — En Tunisie, on a annoncé, mais non vérifié, l'existence de suintements pétrolifëres à Grombalia.
Egypte. — En Egypte, (fig. 29, p. 445) une Société s'est formée, en 1899, pour exploiter une concession pétrolifère, accordée à SirElwin Palmer et Thomas Skelton Harrison, de Suez, au Nord, jusqu'au voisi* nage d'Esney [io"* lat.), au Sud et du Nil à la frontière turque. Deux puits ont été forés à des profondeurs de 800 et 660 mètres. Dans le plus profond, trois veines de gaz ont été traversées et les derniers cent mètres sont restés dans du sable noir pétrolifère.
Dans la montagne au sud du golfe de Suez^ il existe, paraît-il, du pétrole accompagné de soufre *.
Enfin, dans un récif corallien de la ma* Bouge^ Fraas décrit du pétrole (sans doute de formation organique immédiate), que des bédouins allaient (en 1868) chercher pour l'amener à Suez '.
Côte ouest d'Afrique. — Sur la côte ouest d'Afrique, il parait exister divers gisements pétrolifères.
On en signale près de la côte de Guinée, le long de la rivière Tana, qui forme la frontière entre la Côte d'Or anglaise et la Côte d'ïvoire
* Zeits. f. prakl, Geol., 1900, p. 61.
• Zeits. f.prakl. GeoL, 1898, p. 335.
MAItBRES ET ONYX DWLGERIE S79
française. On a dit, en 1901, qu'une Compagnie s'était formée pour exploiter ce pétrole et l'utiliser dans les travaux du district aurifère de Takwa, qui en est éloigné d'environ 113 kilomètres.
D'après Reclus S une source abondante de bitume coule sur la rive de VAlbi, golfe occidental de la grande lagune d'Assini.
Dans le Congo français, on aurait, d'après une communication faîte à M. Lacroix, trouvé du pétrole, dont j'ignore le gisement.
Il en existe aussi jsur la côte d'Angola (Congo portugais]. On mentienne du bitume à Mussera, du pétrole à Dandé.
Près de MusseraS des grès bitumineux laissent suinter de l'asphalte, qui s'amasse en petites mares, au dire des indigènes. Dans la vallée du Dandé, on a môme fait un essai d'exploitation infructueux sur des gites de pétrole*.
Sur le Tanganyika, il paraîtrait qu'en 1862, il serait appara des fragments de bitume, comme il en flotte parfois sur la mer Morte.
Ënfîn, à Madagascar, comme nous le verrons, on a signalé, dans l'ouest de l'île {Menabé^ etc.,) diverses sources de bitume.