C. — SUBSTANCES MINÉRALES DIVERSES EN AFRIQUE. — MARBRE, ONYX
CHAUX HYDRAULIQUE, GRANITE, SYÉNITE, ALBATRE, ASBESTE, CRISTAL DE ROCHE. GRAPHITE, ÉMERAUDE, TURQUOISE, ETC.
Je me propose de grouper, dans ce chapitre, un certain nombre de renseignements relatifs à des substances minérales utiles, dont je n'ai pas eu l'occasion de parler au cours de cet ouvrage*.
Harbres et onyx. — Les onyx d'Algérie* ont une certaine réputation et, quoique une seule carrière, celle de Tekbalet (Oran) ait présenté une réelle importance dans ces derniers temps, quelques autres ont pu, un moment, attirer l'attention. Ce sont des dépôts de travertins très récents, que l'on trouve intercalés dans des îlots quaternaires du département d'Oran. Leur masse est toujours limitée et il en résulte qu'après avoir donné parfois de beaux résultats industriels, tous les gisements semblent aujourd'hui épuisés.
A Tekbalet ou Aïn-Tekhalet (26 kil. N., 21« E. de Tlemcen), un très bel onyx translucide, de nuances diverses, était ainsi intercalé
* T. XII, p. 407.
' JoACHix JosB MoNTBiao. Angola and the river Congo» ' Reclus, t. XIII, 373.
* Voir, en outre, les chapitres relatifs : aux phosphates, page 206; aux sels, et nitrates, page 237; au pétrole, page 275.
* Roy. Sur les marbres onyx de la province d'Oran (C. R., t. XLVI, p. 28). — J. Tezier. Carr. romaines des environs de Bône (B. S. (i. F., t. IV, p. 160).
dans des tlots quaternaires, au milieu du miocène (helvéiien). Les travaux y datent de Tépoque romaine. Ils ont été repris de notre temps et l'on a pu en extraire de beaux blocs, atteignant 7 mètres de long. L'exploitation annuelle, en 1898, 1899 et 1900, a été d'environ 76 mètres cubes par an, à 8S8 francs le mètre cube.
On a également signalé des onyx jaune, gris et vermillons dans un flot quaternaire, reposant sur l'oxfordien à Aîn-Sebaa (17 kil. S. 32* O. de Nemours), d'autres à Sidi-Brahim (10 kil. S., 4® O. de Nemours) eiSidi'Hamza (20 kil. E.-S.-E., de Tlemcem). Dans le môme département, on a exploité des marbres liasiques rouges, rosés et bréchiformes, probablement teintés par des venues ferrugineuses, près de KlebeTy à Djebel Orousse (10,5 kil. 0. d'Arzeu). Ces carrières, dites de Kleber, figurent, sur la statistique de 1898, pour 304 mètres cubes à 493 francs ; en 1899, pour 85 mètres cubes à 25 francs seulement ; en 1900, pour néant. On mentionne d'autres marbres, également Fouges ou roses, plus à l'Ouest, à Djouanif^ près de l'embouchure de la Tafna ; ces derniers ont été attribués au métamorphisme des calcaires secondaires par une roche éruptive tertiaire.
Dans le département d'Alger, on a exploité un pou les marbres roses nummulitiques de Beni-Bou-Gherdane (20 kil. S.-Ë. de Dra-el- Mizan) et les marbres brèches, également nummulitiques, de Chenouah (12 kil. N., 50 0. de Marengo.)
Enfin, dans le département de Constantine, les marbres blancs et colorés de Filfila (16 kil. E., 5« N. de Philippeville) ont été l'objet d'une exploitation momentanée, ainsi que les marbres blancs et rouges veinés de Mahouna (6 kil. S.-O. de Guelma).
Dans le nord de la Tunisie, les carrières de marbre sont assez nombreuses : notamment au Djebel Oust, ^^ Djebel Aziz (30,5 kil. de Tunis) et à Chemtou (4 kil. d'Oued-Meliz), sur la Hgne Tunis à Alger, où l'on a essayé, sans succès, de reprendre en grand une exploitation romaine.
Au Maroc, on a signalé, près de Maroc (Marrakesch), au Kudiat Ardhus, des carrières de marbre datant de l'époque romaine ^
Dans le reste de l'Afrique, on peut citer les marbres et onyx d'Egypte. Environ à 135 kil. O.-S.-O. de Louqsor et à 75 kil. delà mer Rouge, près des ruines d'Abu Geraia (2 kil. au nord de Ouadymia), on a trouvé récemment d'importantes carrières de marbre blanc statuaire, d'où les anciens et les arabes doivent avoir tiré certaines qualités de marbre, qui, pendant longtemps, avaient intrigué les archéologues et auxquelles il était impossible de suppléer, pour les réparations, par aucun autre marbre connu, sans que le contraste fut choquant.
Ce marbre fait partie de bancs calcaires, situés au contact du granité
^ Th. Fischer. Die Bodenachàtse Maroccos (Zeits. prakt. Geol., 1900, p. 110).